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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Encore un Appel
{Le Soviet}, n°11, Novembre 1920
Article mis en ligne le 7 novembre 2013
dernière modification le 28 octobre 2013

par ArchivesAutonomies
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Journellement, la République Socialiste Fédérative des Soviets de Russie fait appel au prolétariat du monde entier pour qu’il vienne à son secours : toutes les forces capitalistes sont coalisées contre Elle, et les attaques auxquelles Elle est soumise ne pourraient avoir lieu si les ouvriers et les paysans de France se refusaient à y participer ou à les tolérer.
N’est-ce pas assez d’avoir laissé écraser la Révolution Hongroise ? Nous aurions pu, si nous nous y étions décidés, éviter sa chute ; mais nous fûmes par trop lâches et hélas ! nous le sommes encore puisque, passivement, nous tolérons la Terreur blanche qui, en Hongrie, traque, poursuit et martyrise, encore aujourd’hui, les communistes et tous ceux qui ne pensent pas comme la camarilla des traîneurs de sabre à la Horthy.
Allons-nous en faire autant à l’égard de la Russie soviétiste ? Quelle fange y a-t-il donc dans nos coeurs pour que nous ne puissions pas voir le danger, pour que nous ne sachions pas que si la Révolution russe est abattue, c’en est fait, pour longtemps, du mouvement révolutionnaire du monde entier ? Le flambeau de la liberté est à l’Est : le laisserons-nous éteindre et piétiner ?
Nous sommes pourtant, nous, en République. Ah ! si les ouvriers et les paysans de 1789 avaient pu prévoir ce qu’on a fait de leur République ! Ils la voulaient noble, pure, fraternelle aujourd’hui, elle se laisse "flairer" par des groins à la Daudet et, sur sa robe, s’étalent les vomissements d’un clan de rénégats auxquels se joindront, d’ici peu, encore d’autres Judas du socialisme. Nous ne l’ignorons pas tout cela ; nous disons : c’est çà notre République ? Et sachant que les camarades russes veulent, eux, édifier une vraie République, nous sommes incapables de leur venir en aide.
Nous ne sommes pas obligés pourtant de fabriquer des munitions et des armes pour la Pologne et l’aventurier Wrangel, pas plus que de les transporter sur les fronts ennemis. Si la bourgeoisie et le capitalisme veulent faire la guerre, qu’ils la fassent tout seuls, et nous verrons bien. Qu’ils donnent leur argent si cela leur plaît, qu’ils deviennent ouvriers d’usines de guerre s’il leur en chaut ; quant à nous, puisque nous sommes incapables d’action révolutionnaire, ayons au moins le courage de ne pas travailler contre nous- mêmes !
Plus un sou, plus un obus pour les adversaires de la Russie ; gardons tout cela pour le jour où nous serons enfin décidés à être des hommes libres !

Monsieur MISERE.

P.S. :

Texte publié dans le Recueil de textes du Parti Communiste de France (1919) par la revue Invariance. Pour tout renseignement concernant ces textes, leur origine, leur contenu, nous vous invitons à prendre contact avec Jacques Camatte.




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