Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Introduction
{Archinoir}, n°2, s.d., p. 3-5.
Article mis en ligne le 31 octobre 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Depuis environ un an notre pratique nous a entraîné :

  • 1 - à laisser de côté un nouveau pan d’élaboration idéaliste, (qu’il en reste encore ou non, nous nous en fichons, nous ne faisons pas du "matérialisme à tout prix”, nous voulons rejeter ce qui nous entrave).
  • 2 - à nous séparer d’individus n’arrivant pas à investir dans leur action leurs perturbations névrotiques (nous ne sommes pas une organisation charitable devant tolérer des victimes du système... d’autant plus si celui-ci les tolère fort bien).
  • 3 - à essayer de briser la projection formelle de nos désirs, héritée de la philosophie, etc... ;
  • 4 - et surtout à essayer d’avoir enfin un pouvoir sur nos actions.

1 - Élaboration idéaliste -
a) c’est-à-dire que nous nous reconnaissions, à priori, dans tout ce qui clamait à l’autonomie d’organisation de la classe ouvrière, du groupe Révolution internationale à la limite, en passant par Noir et Rouge, ICO, Cahiers du Communisme de Conseils, etc... , et sans nous référer à l’autonomie de nos actions ("Nous sommes d’accord pour faire un travail politique avec tout individu ou groupe reconnaissant l’autonomie d’organisation de la classe ouvrière..." Introduction à Archinoir n° 1).
b) c’est-à-dire aussi que nous avons essayé d’apprécier les relations de cohérence et de transparence et de leur rapport au sein d’une minorité révolutionnaire, alors que ceci n’est pas un problème : soit il y a constat de transparence à l’instant où nous discutons ou agissons, soit il n’y a pas cohérence et la rupture est immédiate, la discussion contradictoire (qui peut dégénérer cependant en terrorisme verbal même s’il révèle les schizophrènes) et l’action passionnée faisant se révéler les flics et les tièdes.
c) c’est-à-dire encore que certains d’entre nous entretenaient (et entretiennent encore d’ailleurs), de manière absolue, leur présent, (évidemment pas toujours subversif ou ludique ou révélateur de présences), par la seule sublimation de concepts hérités de la poésie (d’où la force matérielle de l’idéologie) ainsi l’"amour" qui permet dé rechercher éternellement la Femme et d’attendre. Ceci est vrai aussi pour les "suiveurs de cure psychanalytique ou psycho-thérapeutique"... et en général pour tous ceux qui systématisent telle ou telle spécialisation issue du passé poétique, philosophique scientifique !

2 - Ruptures -
Nous ne faisons pas un problème cosmique d’une séparation - (comme disent les situs, ce n’est pas les ruptures qui font progresser) d’avec un individu. Simplement, nous ne pouvons plus, dans notre situation politique actuelle, traîner derrière nous des gens qui auraient dû se confronter, une fois pour toutes (et pour ne plus jamais la remettre en question), à la pratique politico-subversive. Seule cette dernière, et la théorisation qui en découle, permet, non pas d’éliminer les névroses mais de les saisir unitairement dans le comportement quotidien et évite d’en faire un "cas" pouvant créer des attitudes de tolérance et d’intolérance de la part des copains. Alors que tolérance = intolérance. Deux choses à supprimer.
Ceci peut être généralisé dès qu’il y a obsession, cristallisation morbide sur un emmerdement, un seul côté de la vie = famille, argent, sexe, nourriture, la légalité, la violence, la faiblesse, ce qui fait apparaître le rôle de l’individu brimé. D’où l’urgence de définir ce qu’est une ACTION RÉELLE, qui puisse éviter à la fois l’idéologie de la rupture et toute rupture de l’idéologie, deux germes "fascisants" (?!) (Ne pas oublier que ce n’est pas non plus la rupture qui va résoudre réellement les problèmes posés par ces cas. La rupture ne résoud pas les causes de la rupture, pour personne. En médecine, l’ablation est le stade le plus primitif, sauf que ça dépasse le stade de "guérison par la magie", mais pourtant, lorsqu’il s’agit de ruptures, exclusions, il y a encore un côté magique. Les situs excluent, nous nous rompons. C’est un peu se leurrer sur une différence à peu près inexistante. Simplement, il est impossible que ne se posent les problèmes cons d’une société con sans y répondre d’une façon con.)

3 - Systématisation formelle -
La dernière construction philosophique et sa recherche de la Totalité (L’Internationale situationniste) peut aussi empêcher une pratique autonome. Je ne sais que faire d’un système cohérent et glacé, qui ne peut être qu’incohérent par rapport à mes désirs ; mais c’est là pourtant que se trouve la cohérence du situationnisme, à savoir sa désagrégation dans mes situations vécues, qu’elles soient subversives ou non d’ailleurs, ma vie se composant d’une "succession de temps forts et de temps faibles", mais ma vie ne sortant, pas de sa trajectoire, de son mouvement qui lui est unique. Ma théorie-pratique, ma pratique-théorique et mes désirs sont quelques-uns, des éléments de la destruction du situationnisme, ou de l’anarchisme ou du marxisme et plus ! (N’oublions évidemment pas que le problème n’est pas résolu empiriquement, mais que théoriquement, il s’agit de l’exprimer pour phis de conscience, etc...)

4 - Le pouvoir sur nos actions, l’action de nos pouvoirs -
Nous seuls pouvons nous conférer ce pouvoir. Toute action est nôtre. Finissons-en avec l’empirisme au jour le jour qui est le masque et l’expression des vieilleries idéologiques lénino-conseillistes, scientistes et économistes ; qui nous pose comme "âmes de bonne volonté", comme "chair à luttes de classes" ; qui place l’ouvriérisme comme seule solution actuelle parce qu’actuellement "la classe ouvrière n’est pas révolutionnaire !" ; et qui nous empêche de nous poser comme GROUPE SOCIAL AUTONOME. ("Nous avons une dizaine de camarades étudiants, artistes, enseignants et travailleurs" commence l’introduction du n° 1). Nous posons le problème : Y a-t-il un projet révolutionnaire prolétarien ou encore l’objectif prolétarien est-il unique et global ou encore comment se réunissent les deux objectifs ouvriers et autres groupes sociaux désirant changer la vie. Il nous faut donc définir notre ÊTRE SOCIAL

  • a) masqué par l’idéologie en retard et par la situation décomposée, qui pourtant l’expriment aussi.
  • b) avec ses désirs sacrifiés.
  • c) avec l’auto-répression faisant fuir le terrain réel de l’illégalité, (ici le problème réel est posé).

    Nous pensons que (d’une façon formelle et idéaliste, certes) que l’activité réelle du mouvement révolutionnaire passe par la formation de petits groupes AUTONOMES.

  • 1 - Ayant des bases minima théoriques, permettant à un certain nombre de gens d’avoir une pratique commune et déjà interprétable, posant les problèmes essentiels actuels de : a) la science et son rôle dans la lutte de classe, scientisme, etc... ; b) la violence actuellement ; c) rapports ouvriers-groupes
  • 2 - pouvant préciser leurs rapports entre eux (critique du comportement) (et projection par négatif des rapports de survie, des rapports de vie possible comme possibles)
  • 3 - pouvant définir leurs secteurs d’intervention à partir des désirs (sociaux) des copains du groupe, à partir de leur vie quotidienne.



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