Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Sur les Comités d’Action (spécialement à Grenoble), le Désir et l’Amour
{Archinoir}, n°2, s.d., p. 11-18.
Article mis en ligne le 2 novembre 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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I- Les comités d’action, (plus particulièrement à Grenoble)

En mai dernier, sont apparus comités d’action et comités de base, etc... S’ils purent correspondre, à un moment donné, à une auto-détermination de certains travailleurs manuels ou intellectuels (encore que l’auto-émancipation se concrétise plus par la formation d’assemblées générales que par des noyaux d’individus radicaux), de toutes manières ils furent ensuite entretenus artificiellement pour pallier à la décompression de la lutte de classes.
Les bureaucrates-chacals se jetèrent avidement sur ces moribondes structures illusoirement démocratiques. Les anarchistes en proclamant qu’elles sont les prémices des conseils ouvriers ou de l’auto-organisation des luttes, les trotskystes en parachutant dans des entreprises des militants formés chez lesquels aucun travailleur ne se reconnaît (que ce soient les Comités d’Alliance ouvrière de l’A.J.S. ou les prêtres-ouvriers de Lutte Ouvrière) et les maoïstes n’ont jamais été suffisamment démagogues pour cacher leurs véritables desseins : utiliser les C.A. pour construire l’armée d’élite qui ira délivrer le prolétariat ; d’autre part les comités de base, apparus lors du soutien au peuple vietnamien n’ont jamais rassemblé que des spécialistes en art de construire des comités de base.
Il est bien évident que la pratique d’un comité d’action ne dépasse pas l’action d’un comité qui s’érigerait en détenteur d’une dite radicalité, donc comité qui aurait le devoir implicite d’agir pour le milieu qui lui en aurait donné l’investiture, tout comme s’il avait été désigné magiquement pour remplir cette fonction radicalisatrice.
Ceci que les vieilles idéologies avant-guardistes léninistes, trotskystes, ultra-gauchistes, anarchistes... voir situationnistes, (cette dernière risquant fort d’être aussi un frein en traînant derrière elle son fatras de "ISME", car il est certain que les idéologies ne seront pas détruites par enchantement dans la situation S si elles ne sont pas en voie de l’être déjà maintenant).
La lutte du prolétariat en Italie du Nord est suffisante pour enlever aux militants tout espoir de se caser à la base : à Fiat ou à Pirelli, c’est déjà presque l’assemblée générale des ouvriers en lutte qui décide des moyens d’organisation.
Les comités d’action, où la crème gauchiste avait l’habitude de se retrouver régulièrement, ont eu le privilège d’immobiliser les énergies émancipatrices et de figer les possibles qui avaient été entretenu lors des pratiques insurrectionnelles (il est vrai qu’à Grenoble tous les bons apôtres du Révèrent historien Brouët ont toujours pris leurs précautions pour éviter tout débordement ; mais que l’A.J.S. se rassure, l’ordre sera maintenu, les C.A. prennent la relève !) ; ils ont annihilé toutes aspirations libératrices pour les rendre acceptables par les étudiants "sérieux" donc par le pouvoir ; ils ont permis à des militants de longue date de s’affirmer par des interventions magouillardes et aux techniques raffinées et de se réaliser ainsi dans des rôles de leader. En ce qui concerne les pompeux comités de liaison étudiants - travailleurs, il suffira de dire que même les vieux prolos rompus au jargon politicard n’y mettaient pas les pieds plus d’une fois. De toute manière chaque groupuscule avait peur d’exhiber SON ouvrier craignant de se le faire piquer par un concurrent, car il faut préciser qu’en dehors des alliances tactiques, chacun continuait son petit militantisme dans son coin.
Que ces comités d’action représentent effectivement une réalité, qu’ils ne soient pas uniquement formels ou mystificateurs, c’est-à-dire qu’ils coïncident malgré tout à une lutte réelle (lutte bureaucratique, certes, mais non moins réelle), cela m’importe peu. Ce qui m’intéresse est de savoir que, dans une pratique politique, je me suis fait châtré dans mon désir de vivre, désir de ne pas m’emmerder, de ne pas trop supporter de rapports pédagogico-hiérarchiques ; c’est de constater les insatisfactions ressenties lorsque j’étais informé de pratiques radicales ayant lieu ailleurs (certains actes ponctuels dans des lycées comme à Agen, Mâcon, en fac de Vincennes... et les pratiques révolutionnaires d’Italie, du Japon, d’Amérique du Sud, de Tchécoslovaquie... et récemment d’Irlande du Ncrd).
Seule la pratique du "groupe socio" approcha une véritable lutte révolutionnaire. Les prof, expulsés, des groupes d’enquête-intervention furent formés : dans des hôpitaux psychiatriques, à l’usine Caterpillar, sur un quartier d’immigrés. Le groupe "psychiatrie" se heurta à tous les modernistes du coin : psychologue du B.A.P.U., prof de socio "révolutionnaire", psychiatre "gauchiste" de l’hôpital de Bassens, qui craignaient tous que l’on perturbe leurs malades, ainsi qu’aux futurs sociologues du groupe qui ne voulaient pas ternir leur avenir. La lutte radicale aurait-elle été la destruction de ces établissements ? Ou bien est-il possible de saisir dès maintenant, quel usage détourné nous pouvons en faire ? Et si détournement il doit y avoir, n’est-ce qu’aux "enfermés" de participer au jeu, d’utiliser par exemple les séances de psychothérapie de groupe comme terrain d’essai ou une meilleur jouissance ? Et si je veux me mêler à cette fête, que je sors "aliéné" ou non (!) ?

II- A quels intérêts correspondent les C. A. ?

Les C,A. avaient pour "vocation" la dégroupuscularisation calquant en cela l’unité qu’ils croyaient avoir tactique, et qui avait été unité réelle, un moment seulement d’ailleurs, au sein du "22 mars". Ce phénomène du frontisme est typique du milieu étudiant. Le jeune homme qui a "pris conscience" des "problèmes" se sent une "âme" de révolutionnaire ; il lui faut alors trouver justification de cet "état d’âme". Il ira recevoir son baptême de révolutionnaire dans l’alchimie d’un parti quelconque ou se vautrer dans les gargouillis théoriques des C.A, d’où il espère qu’une action - bénédiction sortira.
La classe ouvrière et tous les groupes exploités n’ont ni alliance à faire, ni à justifier leurs possibles révolutionnaires. Selon les aléas de la lutte des classes, les contradictions plus ou moins aiguës du système et aussi selon le désir qu’ils ont de vivre, ils agissent ou réagissent en fonction des besoins immédiats ou non, qu’ils ont à satisfaire immédiatement. Le SEUL BESOIN qu’a le bureaucrate volontariste ou non, est d’utiliser les connaissances acquises pour s’en faire un outil de réalisation individuelle dans le processus révolutionnaire (cela derrière toute la mascarade clamant à l’émancipation de la classe ouvrière), c’est-à-dire qu’il n’utilisera pas ces connaissance comme arme subversive, ni comme possibilités d’une critique plus globale, l’aidant à interpréter le monde et lui-même en tant qu’être social, ni surtout comme un instrument pouvant l’aider à jouir - et c’est là que se situe le véritable projet de réalisation de soi - en lui permettant de SE cerner comme être particulier avec ses désirs, ses forces plus ou moins connues ; au contraire le bureaucrate utilise les connaissances comme pouvoir idéologique. En effet ceci lui permettra, le jour où les siens prendront en main la révolution (pense-t-il), de ne pas regretter le temps qu’il aura perdu à militer ; c’est un placement d’énergie qui devra lui rapporter des intérêts un jour ou l’autre ; lui aussi accumule son petit capital f : culturel ; il assure son avenir "d’étudiant - qui - a - hypothéqué - des - connaissances - et - qui - ne - veut - pas - perdre - le - bénéfice - d’autant - d’années - d’études". Et puis, après tout, si la révolution ne vient pas, il pourra toujours se caser à quelque part. Ce n’est même pas un pari ! Je pense gagner à tous les coups !!
Pour trouver un terrain d’entente les C. A. avaient besoin d’action à tout prix, d’où :

  • a) l’activisme bureaucratique (mini-manifs. organisées par les pontes du C.A, sur des thèmes politicards).
  • b) les meetings d’éducations politique (les mystificatrices guerres de libération nationale, Palestine, Viet-Nam).
  • c) le militantisme de propagande, de noyautage.

    Pour trouver absolument des actions dites politiques, seul le centralisme pouvait remédier au magnifique : "On ne va pas attendre que la classe ouvrière fasse la révolution !"
    Il faut souligner que jamais, au sein des C.A.ne furent abordées des discussions sur les groupes marginaux ayant une certaine autonomie = "trimards”, drogués, frange esthético-artistico-bohême, bandes de jeunes, groupes vivant collectivement, les dits malades mentaux, etc...)
    Ce n’est qu’au second trimestre que le mensonge a éclaté : apparition au grand jour du centralisme qui s’était masqué jusque là et qui n’avait plus rien à se mettre sous la dent, affirmation des tendances politiques, récréation des groupuscules qui avaient besoin d’un minimum de clarté théorique, quelle qu’elle soit... la situation s’est éclaircie, mais les cloisonnements politiques renforcés. Il ne faut pas se leurrer ! Rien n’a changé qualitativement ! car dans la tension - ligue - force du mouvement révolutionnaire le renversement qualitatif n’a lieu que pendant les moments révolutionnaires. Il y a seulement plus de militants mobilisables, déstalinisés et critiquant la bureaucratie.

    III- Le désir de vivre.

    Lorsqu’il fallut faire face à la situation non mystifiée de la lutte de classes, la partie la plus radicale des militants ne put s’accrocher à une quelconque pratique politique, vue sa position marginale par rapport à la vie productive et son manque d’éléments théoriques lui permettant ce se situer socialement : ce furent les fuites en avant dans la drogue, l’alcool, l’esthétique, l’aventure, la démerde individuelle, le militantisme, les coûtas durs, le terrorisme, réactions qui, bien que défendables politiquement, n’en prouvent pas moins la marge d’éventuelle intégration que le système réserve à la fange des intellectuels révoltés.
    Si d’un côté l’organisation prolétarienne autonome paraît surgir peu à peu des noyaux d’ouvriers radicaux déclenchent de plus en plus des grèves ou sabotages en dehors de toutes consignes de parti ou syndicales... des liaisons de basa commencent à se faire.... (C.F. aussi les luttes en Angleterre, en Italie), d‘un autre côté les intellectuels, les techniciens, les cadres et les artistes révolutionnaires ne se sont pas encore cernés (théoriquement et pratiquement) en tant que couche prolétarisée (si elle l’est !). L’impasse est celle-ci :

  • soit le militantisme décadent et emmerdant.
  • soit le modernisme, c’est-à-dire se caser dans le système grâce aux acquis culturels.
  • soit la pureté soit disant radicale et globale qui entraîne vers tous les pièges tendus par la bourgeoisie : drogue, alcool, etc. . .

    IV- L’amour et le désir.

    Dans une telle situation sociale, il est possible de faire certaines constatations en ce qui concerne le désir et l’amour.
    A - Dans les moments révolutionnaires, lorsque la classe ouvrière se constitue en sujet agissant (auto-organisation des luttes), lorsque les pratiques quotidienne et politique tendent vers l’unité, et que les insurgés prennent collectivement toutes les tâches sociales en main, c’est-à-dire aussi lorsque les séparations sociales sont brisées par l’oeuvre collective, alors le désir peut s’identifier plus ou moins à la recherche de l’amour (recherche de l’amour = tentative de dépasser les limites imposées à la communication amoureuse, ou bien aussi exigence d’une exclusivité fondamentale en tant que besoin vital).

  • 1- L’amour peut alors se manifester exclusivement pour un seul être, les amants étant sans cesse propulsés par la dynamique des luttes leur donnant toujours de nouvelles situations à vivre, les amants étant partout chez eux au milieu de la destruction collective et de la construction de leur monde.
  • 2- L’amour peut aussi se manifester par la reconnaissance de nombreux être successifs ou parallèles, selon les tâches à accomplir, les lieux où l’on se trouve, où l’on passe la nuit, le désir de chacun se mêlant à celui de tous. (Il reste pourtant à discerner la force que l’on appelle désir des autres forces impulsives dont il est trop facile de se débarrasser en en faisant une force sexuelle faute d’en connaître d’autres données : magnétisme, attractions radio actives, magie, etc. . . en les examinant d’un point de vue uniquement physique).

    I- "Plus je me détache de l’objet de mon désir et plus je donne de force ob- - jective à mon désir, plus je suis un désir insouciant de son objet".

    II -"Plus je me détache de mon désir en tant qu’objet, et plus je donne de force objective à l’objet de mon désir, plus mon désir tire sa justification de l’être aimé". (R. Vaneigem).

    B - L’union de ces contraires réalisée dans le jeu révolutionnaire se redisloque, lorsque les forces productives et créatrices retombent aux mains de la classe bourgeoise, lorsque celle-ci reprend son pouvoir sur nos vies. De même que l’émancipation de la classe ouvrière est limitée par les pratiques parlementaristes et syndicalistes, de même que le désir de vivre a pu être canalisé par les C.A., de la même manière le désir est canalisé par la stabilisation quotidienne, par la fixation des rapports amoureux, dont la justification ou le réchauffement sont puisés dans les souvenirs ou les exaltations passées.
    L’amour ne peut qu’être propulsé unitairement par le désir ; or celui-ci est séquestré par la glaciation quotidienne ou par la pratique militante (pratique en C.A. par exemple). Vivre sur un acquis amoureux (quoique concrétisé par des réseaux psychiques réconfortants) en laissant le désir suffoquer et cela par crainte de l’insécurité d’une rupture, c’est justifier la pratique réformiste de toutes les bureaucraties qui récupèrent quantitativement le temps vécu qualitativement. C’est ce qui est exprimé dans la seconde proposition de Vaneigem : plus je me détache de mon désir en tant qu’objets... etc.

    C- Face à l’attitude de fixation aux dépens du désir, la deuxième attitude, exprimée par la première proposition de Vaneigem (plus je me détache de l’objet de mon désir... etc), est celle de la dispersion du désir aux dépens de l’être, donc de mon "essence" (!) , donc à mes dépens. Elle se manifeste par le changement fréquent de partenaire, par le jeu amoureux à plusieurs. En opposition à la récupération bureaucratique de la force-désir, il y a le désir anarchique, dont l’élan fébrile se heurte chaque fois au vécu figé des êtres auxquels il tente de s’accrocher ; d’autre part il ne peut être que fébrile et battant de l’aile tant qu’il n’aura pas brisé, inélé [?] au mouvement de masse, les formes statiques qui l’emprisonnent. C’est pourquoi les pseudolibérations érotico-sexuelles prônées dans les pays industrialisés (Suède, États-Unis et récemment en France) ne réservent que des insatisfactions orgastiques de plus en plus morbides, le désir ne pouvant pas se réaliser dans des formes imposées par un quelconque pouvoir.
    Le désir est alors force errante non appropriée par moi, séparée de mon essence (!). (Il reste évidemment à discuter de cette dichotomie que je fais entre le désir amoureux comme force plus ou moins bien connue et mon essence en tant que particularités fondamentales et culturelles plus ou moins dégagées du chaos psychique !!!!!!...)
    Lors de la fête révolutionnaire le désir délirant n’est pas séparé de ou des objets de désir (vu la créativité et les possibles collectifs) ; mais laisser le désir papillonner alors que chacun a repris ses spécialisations économiques, c’est tolérer des rapports sexuels avec des bourgeois ou des staliniens... Or comment se retrouver, comment saisir son essence chez un quelconque individu appartenant à "ce que nous faisons mourir", puisque nous sommes fondamentalement en contradiction avec eux, au niveau même des impulsions vitales. C’est à discuter. C’est tomber dans la tolérance sexuelle anarchique, car le désir séparé du pouvoir sur toute la vie n’a pas spontanément une attitude de classe (ce qui est en contradiction avec ce que je viens de dire, mais c’est justement cela qu’il faut cerner). Et, d’une manière plus générale, est-il possible de dire ce qu’a écrit Breton dans le poème "Plutôt la vie" : "Et pourtant, quand nous faisions le jeu de ce que nous faisons mourir, plutôt la vie ! ".
    Il n’est pas question de dresser une nouvelle éthique sexuelle ou de quoi que ce soit, il s’agit de discerner quelles était nos forces vitales et d’analyser comment elles peuvent être détournées par le pouvoir.

    D- Quelques phrases esquissant un essai de dépassement des deux propositions de Vaneigem en ce qui concerne l’objet du désir et le désir de l’objet, et sans qu’il soit pour autant nécessaire d’attendre les "grandes situations". Il y a trois voies de rencontre :

  • 1) Les réseaux connus : amis, groupes révolutionnaires, cercles artistico-révolutionnaires, cercles artistico-culturels, bistrots fréquentés, etc...
    Chaque réseau a une tendance à protéger "ses femelles", c’est-à-dire qu’il craint l’intrusion d’un nouveau mâle dans le champ de ses rencontres. Ceci se constate dans les groupes politiques, même autonomes, dans les C. A. Le nouveau venu en est plus ou moins exclu.
    De toutes manières les relations sexuelles inter-réseaux empêchent les êtres de se livrer aux rencontres hasardeuses.
  • 2) Les hasards révélateurs.
    Rue, métro, magasins, lieux de vie quels qu’ils soient.
    Mais les "révélations" au premier regard sont rares vue la non disponibilité de chacun : manque de temps, crainte d’une rupture par sécurité matérielle ou psychique, les regards ne se rencontrent que de plus en plus difficilement, ils errent à la hauteur des volutes de fumée ou regardent le mégot écrasé ; ils ne peuvent pas se poser sans "faire mal", car leur épaisseur trouble est douloureuse à franchir.
    Et s’il y a rencontre-fulguration : je dois descendre à la prochaine station, ce qui me sert surtout à justifier ma faiblesse, car je n’ai pas la force d’affronter tout le fatras spectaculaire, le lourd discours codifié, le rite amoureux de l”’Homo Industrius"... quand ce n"est pas l’imbécilité ou l’agressivité bourgeoise ou militante... le temps de franchir ces blocs d’absence et l’illumination de la présence féminine s’est transformée en des crispations qui enlèvent toute envie de baiser.
    Ce sont ces descriptions qui font se replier de façon curé les êtres sur les groupes affinitaires ou politiques où ils pensent trouver quelqu’un plus facilement.
  • 3) Les démarches volontaristes.
    C’est-à-dire aborder à tout prix une femme ; dernière ressource à la solitude ; elles ne peuvent qu’enfoncer encore plus dans le désespoir. Déjà Breton avait constaté la vanité de ce genre de processus et comment il était voué à l’échec très rapidement. ,
    Mais, malgré tout, cerner comment la lumière amoureuse peut naître du fond du désespoir.

CONTRE-NOTES D’UN CAMARADE À CE TEXTE

1.- La fin de ce texte quitte complètement les C.A., (on peut ne pas voir beaucoup de rapports entre tout cela) mais elle n’est intéressante que si elle les quitte.
2.-Le désir apparaît comme un mot trop grand, tellement grand, qu’il arrive à passer partout. Le désir et l’ouvrier. Le désir moteur de l’amour ? L’amour moteur du désir ? En tout le faux dilemme du désir naturel, et du désir aliéné, est à repousser, car difficilement soluble et inexplicatif, du moins tel qu’on le pose actuellement.
3.- Ne pas oublier que le désir et son mode de réalisation font deux, à la limite, sans faire de l’idéalisme. D’une part, le problème de la diversité, la dynamique, etc... des désirs... ; d’autre part, le problème de la "sexualité", sa diversification dans sa réalisation, et sa prégnance sur les êtres et leurs agissements.
4.- Dans le moment révolutionnaire (et inversement, contre-révolutionnaire), ce n’est pas la suppression de la névrose, on ne sait comment, laissant le désir pur et nu on ne sait pas non plus comment, mais la réalisation névrotique se dépassant elle-même.
5.- Évidemment le paragraphe IV-D) ne dépasse rien du tout. On ne vas pas s’amuser à l’heure actuelle, à "dépasser" les moments révolutionnaires, autant faire de l’autogestion expérimentale ! Plus exactement, le problème est mal posé ; en fait, c’est d’autre chose dont il s’agit : des moments de failles, or comme le dit justement le texte, il n’y a guère de failles dans ces moments.
Aussi, on n’a pas à collectionner les dépassements quotidiens comme des couvercles de camembert.




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