Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Rôle de la théorie
{Archinoir}, n°2, s.d., p. 32-35.
Article mis en ligne le 3 novembre 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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I- AUTO-GESTION ET ORGANISATION.

  • 1) Impossibilité pour les essais d’auto-gestion plus ou moins conscients de se développer.
  • 2) Ils ont été :
    • a - soit écrasés dans le sang (régime dictatoriaux),
    • b - soit sapés par les organisations "révolutionnaires".
  • 3)On a expliqué de façon idéologique c^s échecs ou l’impossibilité-de l’auto-gestion en entreposant comme préalable la nécessité de l’organisation,c’est-à-dire par l’organisation systématique en tant que système, donc idéologie, donc par une idéologie.

    II - ORGANISATION ET THÉORIE.
    Les organisations "révolutionnaires" qui prétendent défendre les intérêts des travailleurs.

  • 1 - vendent leur théorie et leurs pouvoirs illusèirs comme des marchandises non banales et bien étiquetées.
  • 2 - formulent toutes des théories révolutionnaires importées de bien loin dans l’espace ou dans le temps (Cf. I 3).

    III - THÉORIE ET PRATIQUE.

  • 1- toute théorie doit découler de la pratique
  • 2- la théorie ne peut en aucun cas être séparée de la pratique sinon elle devient idéologie.

    OR, LES ÉVÈNEMENTS DE MAI-JUIN 68 NOUS ONT TRÈS BIEN MONTRÉ QUE LA THÉORIE À EMPLOYER AUJOURD’HUI EST EN MÊME TEMPS SA PROPRE NÉGATION.

  • 3- la théorie est sa propre négation dans la pratique (Cf. le paragraphe 6 qui suit)
  • 4- la théorie est aussi sa propre négation dans la théorie (pratique théorique)
  • 5- est théorie, toute discussion contradictoire ; à n’importe quel moment, situation subversive ou non. Toute affirmation de MOI dans la non-identification à ce que dit l’autre.

    Et aussi tout ce que je dis est théorie de l’instant.

  • 6- la théorie n’est pas une explication globale ou ne vient pas d’une action généralisée déterminée par un individu ou groupe ou même plusieurs à l’échelon du pays, mais d’une suite d’actions plus ou moins déterminées l’"instant”, le "moment", (condition géographique, développement économique, niveau social du lieu, enracinement des idées et schémas bourgoies, etc...) par des groupes différents et de différentes sortes.
  • 7- mais habitués à avoir des théories bien organisées, certains cherchent donc une nouvelle théorie (même à posteriori, après le moment de mai-juin), tombant ainsi dans un enchevêtrement d’idéologies diverses et par là, dans la négation de toute action.
    Il ne s’agit pas pour nous non plus de faire une théorie de la non- théorie mais de mettre au clair les vicissitudes du mouvement de la théorie.
  • 8- La théorie-pratique qui est la dialectique entre la méthode de pensée et l’action à accomplir forme un tout homogène et indubitablement la seule méthode d’action qui ne peut être constamment récupérée par le pouvoir puisqu’elle est en même temps
    • 1- une réalité historique matérielle à un moment donné mais aussi
    • 2- sans point d’attache AVEC L’HISTOIRE EN TANT QU’IDÉOLOGIE IMPLANTÉE DANS L’HISTOIRE.
  • 9- la force du Mouvement a été d’être :
    • a- asses spontanée
    • b- sans organisation théorique extérieure à lui-même.
  • 10- la seule organisation découlait d’actions précises à l’intérieur du mouvement, et constituant le mouvement lui-même.

    IV - MANIFESTATIONS DE LA LUTTE DE CLASSES.

  • 1- suivant l’évolution sociale, les manifestations, les formes de la lutte de classes changent.
  • 2- les forces révolutionnaires emploient d’autres armes à chaque période historique pour combattre le pouvoir.  :
  • 3- il n’y a pas que les armes qui changent mais aussi les manifestations et la stratégie par rapport au but fixé par le mouvement révolutionnaire dans le moment révolutionnaire.
    Ainsi les occupations d’usine sont apparues à un certain moment donné et d’autres formes de luttes ont disparues. .
  • 4- la lutte de classes n’a dans le même temps historique les mêmes manifestations dans les pays sous industrialises que dans les pays industrialisés (différence d’évolution sociale) (V, 1, 3).
  • 5- Pays sous-industrialisés (Amérique latine, etc...)
    • a- les masses ne bougent pas ni même une partie des masses dans les masses.
    • b- mais des minorités de futurs bureaucrates agissant de façon putchiste en vue de prendre le pouvoir au nom des ouvriers et paysans,
    • c- ce processus n’est cependant pas non plus un absolu global ; des luttes ouvrières, paysannes et étudiantes, viennent s’opposer à ce schéma (et allant même très loin quantitativement et qualitativement).
  • 6- Il n’y a pas une forme définie ni définitive, un modèle de la lutte de classes mais à chaque "moment", des formes différentes évoluant avec les nécessités des luttes.

    V - LE DEPASSEMENT.

  • 1- les idées révolutionnaires ne sont pas produites (voulues) par le système capitaliste, c’est-à-dire aliénées au départ.
  • 2- le désir, naturel-social, se formule comme idées et pratique révolutionnaires en entrant en contradiction avec l’aliénation et en cherchant à la dépasser.
  • 3- producteur d’aliénation, le système capitaliste provoque le désir, la pratique, la théorie du dépassement de cette aliénation.
  • 4- NOUS SOMMES À UN MOMENT DE RUPTURE OU LES IDÉES SE DÉTRUISENT ELLE-MÊMES ET OU SEULE L’ACTION DÉTERMINE RÉELLEMENT. (Les idées sont certes un élément déterminant, l’action seule détermine de façon unitaire. Parallèlement l’état de concentration capitaliste, et la socialisation qu’elle engendre sont aussi dans les éléments déterminants).
  • 5- Toutes les actions sont sous-entendues par d’anciennes théories sans cesse changées et lorsque nous menons une action, c’est en somme toute une synthèse particulière de toute l’histoire révolutionnaire (exemples historiques, erreurs passées, idéologies critiquées notre propre tactique antérieure, etc...) qui s’adapte à une situation donnée, et interprétée, analysée en préalable.

    VII - Et si dans les grands mouvements historiques de la lutte de classes, on s’est toujours servi idéologiquement de la théorie c’est que la dynamique du mouvement et les bases historiques ne le permettaient pas. Or mai-juin nous a dévoilé que le nouveau combat qui prend corps aujourd’hui a commencé à perdre tous ses "symboles" (y compris les Internationales Anarchistes et Situationnistes par exemple).
    VIII - IL N’Y A PAS DE NOUVELLE THÉORIE RÉVOLUTIONNAIRE UNITAIRE-GLOBALE QUI NAIT, MAIS AU CONTRAIRE, C’EST LA FIN DE TOUTE THÉORIE RÉVOLUTIONNAIRE PRÉTENDANT A L’UNITÉ ET A LA RATIONALITÉ TOTALE !




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