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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Improvisations et détournements théoriques sur la lutte de classes et le désir
{Archinoir}, n°3, s.d., p. 13-16.
Article mis en ligne le 29 novembre 2013
dernière modification le 28 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Actuellement, ce n’est pas la disparition de la lutte de classes, mais en plus, l’apparition de certaines castes en lutte immédiate.
Ce n’est pas l’apparition d’un petit aménagement de la survie, mais la lutte de classes n’est plus un concept à dormir sans rêver, et ceci, dès maintenant, et ici.
K. MARX : “L’idéologie allemande” :
"Les éléments matériels d’un bouleversement total sont d’une part, les forces productives existantes, et d’autre part, la formation d’une masse révolutionnaire qui fait la révolution, non seulement contre certaines conditions parti- -culières de la société passée, mais contre la ’production de la vie’ antérieure elle-même, contre ’l’ensemble de l’activité’ qui en est le fondement."
La pensée-reflet-du-monde ! car depuis la matérialisation de l’idéologie et du spectacle marchand, la pensée re-déforme le monde, c’est à dire que les sens objective effectivement la réalité du monde, mais une réalité filtrée par le pouvoir ; c’est à dire plutôt, je n’entends, ne vois, sens, pressens, dis, que ce que le pouvoir veut bien que je dise, je sente, etc... Mais comme le dit le texte sur "Le langage et A. Artaud" dans le n°2 d’Archinoir, c’est moi qui entends, vois, etc...
C’est l’idéologie qui exprime et qui voile en même temps la réalité, c’est connu, mais je rajoute quelque chose, ce voile à la fois m’emmerde et me fait plaisir... or dans la mesure ou il me fait plaisir, je l’utilise à bloc... jusqu’à ce qu’effectivement il y ait un blocage entre moi et le monde, ce blocage pouvant entraver (logiquement) un déblocage, une rupture, un acte subversif, une émeute, une période révolutionnaire par la généralisation de ses ruptures, leur accentuation qualitative, leur progression historique dans et par la lutte de classes, grâce à une tactique et une stratégie révolutionnaire ré-utilisant les situations historiques fonction des rapports de production et des rapports de force.
A la limite, je me moque de la falsification imposée par l’idéologie, a moi de la dé­tourner, de jouer avec elle... Ce que je ne pourrai faire qu’à partir d’une pulsion très essentielle pour moi donc violente et devant être maîtrisée : la "passion (on n’a pas d’autre vocabulaire, si vous en trouvez , envoyez-le-nous par colis postal) la pulsion (?) instinctive (?) de la conservation de l’être que je m’approprie, celle qui me fait
faire le geste de la dernière chance, du dernier instant, le réflexe à la vie
.


"Je t’aime" est suffisant s’il est hurlé de façon telle que la déflagration (voix-sensations-réactions des autres) ébranle le système rigide imposé à mon être par le pouvoir. C’est de telles déflagrations passionnées, momentanées ou non, c’est de ces tourbillons multiples, de ces appels d’air libre issus de mon"être" -transe, que le désir et l’amour, que la création de situations de vie passionnée, que la création de situations politiques de faille, que les moments subversifs, puis inéluctablement (?) révolutionnaires (à préciser), peuvent attendre leur unique chance de réapparition unitaire à la surface de mon être et de la lutte passionnée de classes.


ASSEZ DE PÉRÉGRINATIONS DANS LE DÉDALE DU PASSÉ ET DES SOUVENIRS ! Cette femme en face de moi,cette femme qui fait naître certaines pulsions incontrôlées par moi qui engendrent tel désir sexuel donc je ne connais pas le contenu,cette femme qui allie en moitié désir morbide de la curiosité sexuelle a celai beaucoup moins opaque de la potentialité de communication et de jouissance qu’elle recèle en elle, cette femme ne m’intéresse plus, si le hasard (c’est le dynamisme propre à l’individu qui crée le hasard s’exprimant d’une manière telle que la parole) ou la provocation passionnée ne résolvent pas immédiatement le problème, car ce que nous regardons, puis touchons, puis caressons et baisons dans l’espace-temps de la situation vécue, sinon, par tactique ou non je refuse de considérer encore cette femme sous l’angle du désir sexuel pour ne pas voir celui-ci s’engluer et s’embroussailler dans mon esprit ce qui me ferait souffrir... or j’essaie de bousiller en moi ce qui peut me faire souffrir ou du moins piétiner.
A l’instant où je m’aperçois que le mouvement de mon désir et de ma vie ne m’emporte pas inéluctablement vers son corps (et réciproquement pour elle) que les deux trajec­toires ne vont pas se rencontrer en formant un angle très obtus, que les désirs ne vont pas tourbillonner dans l’aire de vie donnée, j’essaie de casser en moi ce désir qui viendrait s’accumuler dans ma tête comme le fric dans les banques. Plus de désirs de morts ! ou mise en réserve, de côté... !
Je ne prends en charge qu’un désir réalisable dans la situation ; or, les rapports actuels (décembre 69) sont trop peu transparents pour une réalisation immédiate, et je suis trop tacticien pour, par exemple, ne pas baiser dans l’arrière salle d’un bistrot ou d’une bibliothèque. Je n’ai que faire d’un désir coagulé, opaque encombrant. Je le veux léger dans le temps et l’espace d’une réalisation proche, ou du moins jouir de l’attente fluide créée par un désir sûr d’être réalisé à court terme.
Le cas ou l’angle formé par la trajectoire des deux être est très aigu est celui ou le désir cherche à se reconnaitre le plus infailliblement possible, vues les contradictions matérielles vécues, laissant intervenir une maturation de situations (pendant lesquelles un mécanisme qui lui est propre pèse les pour et les contre) qui autorisent, après un certain nombre de HASARDS (cette série de hasards, qui est peut-être, d’ailleurs, le processus de résolution des empêchements de communication données par l’aliénation) à la situation-rencontre-désir-réalisé.
Il est troublant de remarquer que durant la période plus ou moins longue pendant laquelle le désir cherche à se retrouver en un être ; avec une exigence dont les secrets sont encore peu connus, les petites étincelles ou feux de paille sont immédiatement écartées, comme par prémonition, par un réflexe fondamental (c’est le cas de l’angle aigu ou gestation) ; alors que, dès qu’il a trouvé une complémentarité, et c’est alors que s’engouffre la passion (= pulsion instinctive de la conservation de mon être, réflexe à la vie, ais-je dit plus haut), il est plus vulnérable aux manipulations des désirs accumulés (c.f. plus loin sur la valeur d’échange du désir)
La passion est à la fois force-réaction que j’arrache au pouvoir, et force­-action qui me permet d’arracher au puzzle du pouvoir tout ce que le peux, à chaque instant ; elle tourbillonne dans la zone vitale et essentielle qu’aucun pouvoir ne s’appropriera jamais et qui est à étendre à tout le champs spatio-temporel (amour-communication avec certains êtres-jeu-subversion-action politique). Cette pulsion passionnelle est la maitresse de cette privilégiée, mais je suis le maitre de cette passion.
Quels sont ces désirs que j’ai définis comme accumulés, manipulés, dont je ne revendique pas l’authenticité ? Y a-t’il mes désirs, et ceux, détournés et puis appropriés par le pouvoir pour lui permettre, une meilleure régulation (ou même mieux, au cours de son auto-régulation) ? Oui, certes ! Mais je pourrais très bien utiliser ces désirs-voilés (c.f. ce qui est dit plus haut sur l’utilisation des falsifications idéologiques), donc me les approprier dans la mesure ou ils m’apporteront plus de jouissance ! Mais c’est justement parce qu’aucune idéologie ne peut refléter mes désirs, donc ne peut par là même que les masquer, que je dis "certains désirs sont miens et appropriables par moi, et les autres non". Et cela parce que JE (=moi passionné) veux m’approprier certains, et que "JE" ne veux pas m’en approprier d’autres (qui sont hors de ma sphère-passionnée, quelles que soient les déterminations qui la conditionnent) Les désirs que je peux encore refuser sont les désirs-marchandises, ceux qui en sont réduits à être un moyen spéculatif de passer des contrats d’entente sexuelle tacite, d’échange selon un code de séduction, sous-jacent, des contrats incontractables.
COMME LE PRODUIT, DE VALEUR D’USAGE LE DÉSIR EST DEVENU VALEUR D’ÉCHANGE (LA VALEUR ÉTANT LE RAPPORT D’ÉCHANGE ENTRE TEL ET TEL ÊTRE)




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