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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Évidences sur la subjectivité, le désir, et le prolétariat
{Archinoir}, n°3, s.d., p. 22-24.
Article mis en ligne le 29 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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I) Évidence sur la subjectivité et la mort

1- Toute l’évidence du temps actuel tient à ce que le battement historique de l’espace est mort. (La radiographie secrète de l’espoir, quoi.)
Pour comprendre que le temps ”passe”, il faut passer, c.a.d..trépasser. Le vomi, là-dedans, c’est la conscience (car c’est la conscience du temps qui passe, la conscience du passé, la conscience de la durée qui dure lentement en s’usant). La répression c’est alors la porte ouverte vers la "survie" (!).
La marge entre espoir et désespoir devient la liberté. Mais la liberté meurt de n’être qu’une marge.
2- On pourrait épiloguer toujours vainement sur la dialectique de l’individu et de la mort. On n’arriverait pas à comprendre cette relation ; c.a.d. que la relation dialectique est uniquement saisissable par la conscience ; or c’est ici que la conscience pourrit, sur ce point nodal, justement.
3- Je veux dire que l’individu et la mort, ce n’est pas du tout la mort de l’individu. Mais l’individu de la mort, ça n’existe que parce que la conscience s’est vomie elle-même. Elle s’est chié totalement dans la mort.
4- La conscience donc, c’est actuellement la dissolution, le temps qui passe, le temps de la mort. Car l’histoire morte du temps est venue, comme un espa­ce, nous environner. Il faut reprendre la conscience en main. Qui ? ce qui est le dépassement de la mort...
5- Attention, actuellement, la conscience, c’est un tombeau. Mais l’histoire, c’est le salut. (poil au cul)
6- Je ne peux rien attendre de moi, de ma conscience et de ma subjectivité, mais uniquement de ce qui fonde ma subjectivité, la réalisation de mes désirs, c.à.d. la lutte contre le pouvoir.
7- La conscience sent mauvais
La subjectivité n’existe plus, pas, pas encore
Elle RE-viendra
Elle se créera par et dans la lutte de classes
Le désir du mouvement devient MON désir (désir de réaliser LES désirs qui sont en moi, afin qu’ils deviennent MES désirs). Et c’est la PRATIQUE RÉVOLUTIONNAIRE qui créera des subjectivités.
8- La subjectivité n’est pas essentiellement radicale
Je ne lutte pas pour réaliser ma subjectivité mais pour avoir enfin ma subjectivité.
Je ne lutte pas pour réaliser mes désirs, mais pour enfin avoir mes désirs

II) ÉVIDENCE INTERNE

1)- La mort pisse aigre doux dans le regard. Le vent va nous achever. Nous sommes enfoncés dans le soleil rouge de l’horreur jusqu’aux reins. Nous portons en nous les musiques officielles du souterrain. (Lyon 19/2/70)
2)- Une seule issue : PARLER CONTRE LES PAROLES. Revenons maintenant sur la théorie comme écriture, à la limite. Entre le "je", le"tu", et le désir qui les fait se rencontrer, s’établit un jeu à trois que le"je t’aime” à la fois indique et fige.
ET QUE, DANS CES CONDITIONS, PARLER DE ”MES DÉSIR" EST RIEN MOINS QU’UNE ÉVIDENCE.
Notre vie doit rendre compte de cette question que nos désirs nous posent (Le "Semeur", n°3, "Poéthique, Denis Meuret "Pour vivre poétiquement")
3)- Nous glissons mal et vite. Nous mangeons nos cerveaux
4)- La théorie, comme limite à l’écriture de limite. Le sang des "choses", c’est le détournement des "choses" en sang. (En sang car nous les faisons languir)
5)- La vie des gens s’arrête continuellement dans le jeu morbide ce qui n’est pas la vie*
La mort, par contre, a toujours le regard froid des oiseaux* j
MAIS LA MORT EST CONTINUELLEMENT LA PROVOCATION VITALE.
6)- J. (21ans) aime entrer dans un sexe.
7)- Le désir nous piège continuellement, car il arrive a s’identifier, à ce qui le piège (c’est à dire la société spectaculaire marchande).
ON SAIT BIEN COMMENT LE DÉSIR CRÉE LA RÉPRESSION CAR LA SÉPARATION GÉNÉRALISANTE IDENITIFIÉ.
8)- Peut-être le saut au dessus de la limite, c’est l’absence actuelle (1970) de "désirs" ou, plus exactement l’indifférence absolue envers les désirs incohérents ou contradictoi­res ou unitaires (du pouvoir ?)
9)- Effectivement,c’est peut être comme ça,et dans cette situation que se situe la naissance des désirs qui tuent le pouvoir, de ceux sur lesquels fonder la destruction du vieux monde, (et donc, en même temps une pratique politique radicale.) Ces désirs qui seront vraiment les nôtres ne naitront qu’en reprenant aussi à leur compte, afin de les trans­former, les vieux désirs préhistoriques cad nos désirs actuels.
LES DÉSIRS SERONT RÉVOLUTIONNAIRES SI NOUS FAISONS LA RÉVOLUTION.
LE SEUL DÉSIR SUR LEQUEL FONDER NOTRE PRATIQUE POLITIQUE ACTUELLE EST LE DÉSIR DE FAIRE LA RÉVOLUTION.
10)- Exerçons sur notre vie les exigences de notre vie. Nous devons prendre nos désirs dans la réalité car nous devons posséder le désir de la réalité.(Nous devons car nous sommes en danger) (En effet., au risque de nous répéter, la réalité c’est que nos désirs actuels sont ceux du pouvoir, et qu’ils ne dépasseront que transmués par les désirs issus de la pratique révolutionnaire radicale) (Et que cette pratiqué ne peut se fonder que sur une analyse politique)
11)- La guérilla de la conscience et des désirs peut être une fêté.
Lourde chienlit sale de la peur les talons dans la moëlle épinière.

III) ÉVIDENCE SUR LE PROLÉTARIAT COMME OBJET

Le prolétariat, en réalisant son passé, ne réalisera pas que son futur. Le présent pourra alors exister ; mais croire que le prolétariat révolutionnaire, c’est à dire..., est issu de la lutte des désirs contre le vieux monde, et croire que le vieux monde n’est pas créateur des désirs, c’est de la couille. Le temps vécu ne s’éloigne pas dans le spectacle ; c’est le temps qui piège ; et le vécu qui pue, le spectacle, c’ est un peu leurs rapports.
Car prendre ses désirs pour le réalité, c’ est croire que les désirs sont dans la réalité. Non, ils viennent. Ne vous pressez pas. Mais ne prenez pas votre temps, car vous prendriez le mien, et c’est là que je peux devenir méchant.
Provisoirement, l’identification entre l’image de la révolution, et la motivation de notre pratique, c’est inéluctablement le savoir, c’est tout. Ces notes sont brèves, mais l’histoire est douce ?

ATTENTION

Je me suis accroché à mes désirs, mes désirs se sont accrochées à moi, je ne suis plus arrivé a me distinguer d’eux
Je me suis fait eu
Je sais maintenant que ce n’est pas la réalité immédiate des désirs immédiats qui pourra faire crever la merde de ma vie. Simplement ma vie sera la merde de mes désirs et la merde de leur réalisation merdique.
J’arrête les frais.




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