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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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La grève du sexe (ou l’art de se faire baiser)
{Archinoir}, n°3, s.d., p. 33.
Article mis en ligne le 29 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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D’abord la petite histoire. J’avais envie de baiser avec une fille depuis longtemps. Au moment où ça peut se faire, paf, popaul qui se fout en grève. Merde alors.
Puisqu’historiquement refoulé, ce désir a entrainé un espoir et une distortion de sa réalisation qui a subi les projections mythologiques qu’on a tous dans la tête. La pulsion originelle s’est transformée en finalité formelle (fétichisation du coït). Si bien que le somment arrivé, la concrétisation n’a rien à voire avec l’image faite. Or, l’image faite est alors le moteur unique de cette concrétisation (ce n’est plus la pulsion originelle). Cette concrétisation ne peut alors correspondre à l’abstraction, conséquence : impossibilité d’érection.
Mais pourquoi cette image est elle devenue le moteur de la concrétisation ? Le fossé entre pulsion originelle et fétichisation de sa réalisation se creuse : avec l’impossibilité de réaliser le désir dans l’immédiat. Le laps de temps entre les deux laisse à l’idéologie la possibilité de s’infiltrer. Les mythologies amoureuse qu’on a dans la tête (cf cinéma, littérature, toute la culture) se plaquent sur une réalité inconnue, indominable. La frustration de ce désir entraine une activité de l’esprit qui tend à palier à ce manque par des idées, des représentations qui creusent la distance entre le désir réel et la possibilité de le satisfaire.
Ainsi le désir originel est-il détourné quantitativement et qualitativement de celle qui l’a suscité et de sa réalisation totale. Il est récupéré par l’idéologie qui le transforme en fille mythique et coït mythique dont l’obtention concrète est impossible (dimension extra-humaine) et qui fait reculer toujours plus l’appréhension totale et réelle du désir originel et de son accomplissement pendant que refoulement et angoisse s’accumulent.
Parallèlement à ces mécanismes, pour continuer ma petite histoire ; marine en moi l’idéologie du mâle, de la puissance et toutes ces merdes.
Mes "expériences " sexuelles ont souvent eut comme toile de fond cette preuve de virilité. Si bien que devant mon érection impossible, je fus pris de panique et plus on veut bander moins on bande et plus on s’énerve et se contriste..., le tout couronné d’une érection (enfin !) mécanique et d’une éjaculation pénible. Pas valable.
Cette virilité inaccessible est à la mesure des fétiches qu’elle veut pourfendre. Notre vie n’est que le pantin des idées qu’on nous fout dans le crâne.
Mais comme mon gland est inscrit au syndicat des prolétaires de la culotte et que je suis un patron progressiste je vais luis accorder les 6 coups par nuit qu’il a revendiqué par sa grève.




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