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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Édito
Camarades, n°2/3, Avril-Mai 1975, p. 1-9.
Article mis en ligne le 18 décembre 2013

par ArchivesAutonomies
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La plus longue grève de l’histoire de la Régie, depuis 47 ! Et rien n’est encore joué ! La classe ouvrière multinationale des chaînes de montage des grandes usines réapparait. A vrai dire, l’intermède aura été court. Depuis 68, Renault aura été secoué tous les deux ans : 71, 73, 75. Avec la différence cette fois-ci que la portée de l’affrontement est plus décisive, tant pour la classe ouvrière toute entière que pour le mouvement révolutionnaire dans son ensemble.
Pourtant ce numéro de Camarades (1re série, N°2-3), ne sera pas consacré directement aux luttes d’usine, mais aux problèmes que posent les luttes des chômeurs. Que vient alors faire la lutte des OS immigrés et français ? S’agit-il de leur adresser le traditionnel "coup de chapeau" à ceux qui luttent ? Non. Pour nous cette lutte marque un renversement de la conjoncture politique, conjoncture entièrement dominée par le problème d’un combat contre la crise. Et la donnée majeure de cette dernière aura été le passage à plus d’un million de chômeurs et plus de 600 000 chômeurs partiels. Depuis l’automne, passée la grève nationale du 19 novembre et son échec qui consacrait la division secteur public.secteur privé, les mouvements sociaux marquaient le pas, surtout après la défaite des postiers. Fourcade, ministre des finances, pouvait noter avec satisfaction que le rythme des augmentations de salaires baissait nettement. Ce n’est pas que la "rentre sociale" n’ait pas eu lieu : grève et surtout marches, occupations d’usines se sont succédé un peu partout de façon diffuse ; elle ont touché de petites usines menacées par la restructuration. Mais ces luttes se situaient essentiellement sur le terrain de la défense du poste de travail ; les revendications de salaires passaient au second plan.
Bref, tout se passait comme si la classe ouvrière faisait le gros dos en attendant que l’orage passe. Tout au moins le disait-on du côté des syndicalistes ou des groupes, toujours prêts à faire de la surenchère dans la lutte contre tout licenciement ou contre le chômage présenté comme le mal absolu.
L’erreur d’une telle stratégie, fondée prioritairement sur la défense de l’emploi, est qu’elle se trompe sur le sens de la crise, elle en fait une "crise économique", la "catastrophe finale", sans en révéler l’élément essentiellement politique. À notre sens, la crise a pour but de soulager, fusse momentanément, le système productif de la pression ouvrière qui est parvenue à compromettre le taux de profit. L’objectif capitaliste n’est donc pas d’opérer une réduction frontale et massive du niveau de vie de la classe ouvrière, mais de la remettre sur la défensive. Et l’on conçoit que la seule défense de l’emploi, assortie des programmes keynésiens de relance de la consommation interne pour donner du travail à tout le monde (ce qui est particulièrement grotesque à l’heure où les mécanismes keynésiens ne parviennent plus à fonctionner) ne constitue pas une réponse adéquate à la gigantesque contre-offensive déclenchée par les patrons.
C’est là un débat bien théorique dira-ton. Malheureusement, cette erreur d’évaluation de la crise s’est traduite en mots d’ordre, en campagnes nationales où les syndicats et les partis traditionnels ont mis toute leur énergie. Venant de leur part, rien d’étonnant à cel&. Mais ce qui est plus grave, la plus grande partie du mouvement révolutionnaire organisé a suivi. Tout cela a reçu des faits, du comportement de la masse des ouvriers notamment, la sanction méritée : une défaite nette lors de la grève nationale d’automne, et surtout l’échec retentissant de la "journée de défense de l’emploi" du 12 décembre, journée censée mobiliser les chômeurs. Dans la même direction, l’échec de la journée des syndicats sur l’immigration à la fin février, a montré toute l’ampleur du contentieux, un contentieux qui porte sur les objectifs. Enfin, sur le plan de la lutte contre la crise, le bilan est accablant : voilà plus d’un an que le mouvement ouvrier officiel est incapable d’avoir une prise quelconque sur la situation ; son programma inscrit la défense de l’emploi au premier plan, mais il n’a pas été capable d’enrayer la progression spectaculaire du chômage, ni d’empêcher la restructuration de "passer". Au moment où le gouvernement tirait les leçons de Lio, Rateau, et proposait l’accord du 14 octobre, c’est-à-dire la gestion capitaliste du salaire garanti, imités en cela par les camarades qui rêvaient de faire de Lip la "centrale" de la lutte générale contre le chômage, reconduisaient la pression prolétaire pour un revenu détaché de la productivité du travail, et du travail tout court, en lutte pour le droit au travail pour tous. Ce qui ne saurait aboutir qu’à favoriser la restructuration capitaliste, à la modernisation de l’appareil productif, à l’élévation générale de la qualification... et du contrôle sur l’école, la formation permanente.
Dans ce contexte, la lutte de Renault à la mi-février a signifié la relance d’une lutte offensive dans les usines. Elle a montré que la meilleur défense de l’emploi possible consistait à attaquer. On opposera à cet argument la situation exceptionnellement bonne de la Régie apr rapport aux autres constructeurs, qui écartait toute préoccupation de garantie de l’emploi. Il est vrai que le moment choisi par les caristes pour partir à l’attaque était particulièrement bien choisi. Mais depuis un an la situation générale de l’emploi pesait à la Régie comme ailleurs. Et les moindres victoires sur ce secteur de classe se répercutent dans les usines qui ne sont pas dans une situation "objective" aussi favorable ainsi les caristes de Peugeot et Citroën qui ont obtenu par la grève ou par simple menace de grève des avantages d’ordre similaire. Et derrière la Régie, c’est l’avenir même du plan d’austérité de Fourcade qui se trouve mis en question, on comprend pourquoi le conflit s’est très vite durci (licenciements d’ouvriers ayant participé au blocage de la chaine à Billancourt, lock-out préventif).
Dès le déclenchement du conflit Renault, il s’est trouvé des commentateurs pour s’étonner de ce que les ouvriers partis dans la lutte étaient ceux dont les salaires étaient parmi les plus élevés dans l’automobile ou dans la région. Mais il ne faut pas confondre la lutte politique de la classe ouvrière avec la répartition égalitaire de la misère qui voudrait bien aligner les secteurs de classe les plus forts sur les plus faibles. L’indication politique décisive sera venue ce printemps encore, d’une classe ouvrière qui a bougé de façon autonome, quelle que soient les difficultés rencontrées par cette autonomie pour se consolider. Les ouvriers de Renault ont surpris les groupes révolutionnaires, la gauche de la CFDT qui n’a rien pu proposer, en enfin la CGT et le PC, qui ont pourtant été les seuls à apercevoir immédiatement la portée de la lutte (le parti davantage que le syndicat d’ailleurs, ce dernier étant obligé de remplir son rôle directement répressif dans les luttes) ; on se souvient des commentaires de Marchais : "les travailleurs n’ont pas eu peu du chômage".
À partir du mois de février, les luttes salariales et celles pour l’amélioration des conditions de travail sont revenues au premier plan, estompant les priorités syndicales de défenses de l’emploi. La stratégie de la CGT, et donc à terme celle de la CFDT, est obligée de tenir compte de ce renversement (1).
Nous n’ignorons pas les limites de la situation que l’on pourrait résumer ainsi : autant cette autonomie se manifeste à chaque moment décisif, autant elle révèle une disponibilité inépuisable à la lutte, autant par ailleurs elle a du mal à se doter d’un minimum d’organisation, sur son programme à elle. Elle parvient à lancer la lutte mais pas à la gérer pour son propre compte. Alors, elle retourne au jeu compliqué qu’elle a toujours avec les "organisations de classe ouvrière", syndicats ou groupes parasyndicaux. L’isolement dans lequel les ouvriers du Mans, de Billancourt, de Flins mènent leur lutte est révélateur. Et puisqu’on a parlé des lycéens, où sont les cortèges d’élèves des CET ? Il y a deux ans, les élèves des CET de Sèvres étaient venus manifester sur leurs objectifs à eux devant Billancourt.
Le paradoxe est que depuis deux ans l’autonomie est devenue un fait majoritaire dans tous les domaines. Sociologiquement d’abord, mais aussi jusque dans la façon de faire de la politique. Pourtant ces éléments d’autonomie isolés sont guettés par une "institutionnalisation" croissante. Le cas de la révolte lycéenne est exemplaire : le potentiel explosif de blocage de l’école s’affaiblit pour réintégrer le cadre syndical d’une contractualisation du calme social. Des mots d’ordre qui étaient ceux du Technique en Lutte : "L’école c’est déjà l’usine ; Avec ou sans CAP, salaire garanti ; À bas les brimades racistes, le contrôle ; À bas les 40 H. de boulot par semaine !" dès 70, au "droit à la culture", à la qualification, à la liberté d’expression des organisations para-syndicales (L.C .R. ou Lutte Ouvrière) ou syndicales (UNCAL ; UNEF), que chemin de parcouru ! Voilà aussi sans doute, l’explication du caractère morose du "printemps lycéen".
Nous persistons à voir dans l’autonomie, qu’elle soit celle des ouvriers, des lycéens et collégiens, des femmes, des immigrés, des prisonniers, autre chose qu’un phénomène sociologique. Nous y voyons un fait politique, un projet pour lequel il faut mener une bataille sur tous les fronts. C’est là que se situe de plus en plus la ligne de démarcation dans le mouvement révolutionnaire.
Et le terrain du chômage, de la riposte politique à la crise, nous parait être l’un des meilleurs pour vérifier l’hypothèse politique, le pari de l’autonomie. Il y a l’autonomie des jeunes, des immigrés, des femmes, il y a l’autonomie des collectifs de lutte sur le terrain de la santé (GIS), de la folie (GIA), des prisons (CAP), et nous oublions. Il existe aussi l’autonomie des chômeurs des sans emplois. Elle recoupe aussi les expériences d’autonomie déjà vécues. Davantage : elle pourrait bien constituer un terrain d’unification des prolétaires, de la classe ouvrière, de TOUTE la classe ouvrière. Voilà pourquoi ce numéro de CAMARADES, consacré à l’autonomie des chômeurs tenait aussi à relever celle des ouvriers de chez Renault.

L’organisation de ce numéro

L’organisation de la lutte contre la crise met en jeu des problèmes de deux ordres : les uns liés à une intervention politique directe, les autres d’ordre théorique se trouvent immanquablement à l’origine des oppositions pratiques.
Nous avons dans le numéro 1 de CAMARADES, ouvert la discussion sur le problème de la crise, sur ceux de la composition de classe. Nous ne revenons pas sur certains points déjà traités dans ce numéro. Des camarades des syndicats des intérimaires CFDT essaient de cerner la nature exacte de la crise en posant le problème : Crise ou organisation capitaliste de la mobilité de l’emploi ? En particulier, quel sens a le concept d’une classe ouvrière, de sa mythique unité.
Qu’est-ce qui l’emporte : l’aspect crise ou l’aspect restructuration ? Si déjà une grande partie de la classe ouvrière est dans la mobilité, et si cela constitue une de ses formes de lutte particulière, ne faut-il pas distinguer mobilité ouvrière et contrôle par l’État de cette mobilité, c’est-à-dire tentative de l’utiliser dans la restructuration ? À l’heure où le taux de chômage augmente et devient structurel et non conjoncturel, les concepts classiques d’armée industrielle de réserve, de volant de chômage, sont-ils encore utiles ? Ou bien ne paralysent-ils pas les initiatives politiques en direction des chômeurs : peur de "diviser la classe ouvrière", préjugés à l’égard des sans-travail, etc... La modification du revenu ouvrier et en particulier la part croissante du salaire indirect géré directement par l’État, ne posent-elles pas en termes nouveaux le problème des luttes salariales sur le terrain social et du rôle de liaison que celle-ci joue entre les usines ? L’enjeu politique du revenu garanti est au centre de l’article de Ferrucio GAMBINO : Contrôler les prolétaires, les transformer en pauvres.
Derrière cet article, c’est la situation du ghetto qui mérite d’être éclaircie. Les facteurs de caste, de race, de nationalité sont au coeur des problèmes de la composition de classe. Mais plus particulièrement depuis la crise du capital entendu comme développement, que signifie la réémergence perpétuelle du sous-développement, de la pauvreté au sein du capitalisme avancé ? La lutte des 50000 saisonniers marocains du midi, clandestins fabriqués par la fermeture officielle des frontières le 4 juillet 74, met au premier plan la question de la lutte contre cette plus-value empochée par les secteurs capitalistes arriérés de l’agriculture, des forêts, des services, ou bien de l’un des visages du capital social, de l’État-Crise, qui a besoin de construire le ghetto pour contrôler l’ensemble de la classe ouvrière. On voit là qu’il n’y a pas seulement dans la crise une restructuration productive, mais la tentative de détruire l’homogénéité du travail salarié. Durant la lutte des sans-papiers, on a vu l’expérimentation de tactiques répressives dont l’assassinat de Laïd Moussa est l’un des débouchés. À un niveau plus général, ne convient-il pas de revoir entièrement les théories de l’impérialisme qui font preuve de la même incompréhension de l’immigration comme forme de lutte contre la ghettisation du Tiers-Monde. C’est toujours du problème de la mobilité de la force de travail, de ses effets précis sur les rapports de production, qu’il s’agit ici. On rapprochera l’attitude qui prévaut dans le mouvement ouvrier à l’égard des chômeurs, de la satisfaction qui a accueilli la fermeture des frontières, et du refus de se battre pour que les saisonniers ne soient pas enfermés dans le ghetto de l’infra-droit et du terrorisme de l’État.
Il est probable que le débat : crise ou restructuration ne peut être tranché d’une façon satisfaisante si l’on ne remonte pas à une analyse de l’État, d’un État qui planifie encore mais très sectoriellement. Cet État qui ne se détermine plus par rapport au taux de profit, à la loi de la valeur, devient l’expression du pouvoir politique, d ela répression, de la violence. Il a pour fonction d’assurer les conditions politiques de toute reprise économique, c’est-à-dire la défaite préalable de la classe ouvrière. Il faudrait analyser le discours libérale, démocratique et réactionnaire fasciste de Poniatowsky. Il faudrait analyser la signification de la polémique qui oppose le patronat à l’État, suivre les avatars de la "serisette", comprendre les raisons qui amènent Ferry et Ceyrac à réclamer la "relance urgente", et celles qui font pratiquer par le gouvernement une cure de stabilisation qui rassemble étrangement à celle de 66, qui valent à l’industrie automobile des mesures de soutien, alors qu’en Allemagne et aux États-Unis, la restructuration se fait sur le corps de la classe ouvrière des chaînes de montage de Ford, GM, Chrysler, Volkswagen. Ce sont là des directions esquissées au hasard de quelques encadrés. Il serait souhaitable d’arriver à débrousailler ces problèmes théoriques. Tout comme nous suggérions dans le numéro 1 de CAMARADES, de prendre la question par le biais de la crise monétaire, ou du gigantesque jeu spéculatif des multinationales qui programment le chômage partiel, les échanges avec les pays de l’Est à une échelle planétaire, ainsi que la nouvelle division internationale du travail.
Sur le plan de l’analyse plus directement politique, il y a tout une série de petits fais que nous pouvons lire à travers la grille de l’autonomie, et relier au problème de l’initiative de l’État sur le problème du salaire indirect : ainsi la loi du 14 octobre, le statut de la mère célibataire, le stage formation pour les jeunes sans emploi, l’augmentation de la solde du soldat. Du côté des partis de gauche, la reprise d’une initiative des partis socialiste, communiste et FSU sur le terrain du chômage que dans le cas du TC, cela renvoie à des tensions internes nettement perceptibles, cela est évident. Là aussi, on ne fera que renvoyer à quelques références utiles qui élargissent le problème. Il y a enfin le terrain de la bataille politique proprement dite.
La proposition politique d’organiser les chômeurs sur le programme de l’autonomie a provoqué des polémiques avec les syndicats, les groupes révolutionnaires. Un article essaye de récapituler les positions. Et l’on ne peut empêcher de rapprocher le refus de l’organisation des chômeurs de la part de la CFDT, du refus par celle-ci et la CGT d’appuyer la lutte des sans-papiers de Montpellier. Ce refus des syndicats l’avaient toujours manifesté pour la lutte des femmes, ou des immigrés qui savent qu’ils ne doivent compter que sur leurs propres forces depuis la grève générale du 14 septembre.
La polémique qui s’est instaurée pendant le colloque de Montpellier avec les groupes qui refusaient l’autonomie des sans-papiers, en leur refusant de se réunir eux pour déterminer eux-mêmes leurs objectifs de lutte, ou avec les tenants d’une conception formelle de l’autonomie pour qui l’unité des immigrés avec les ouvriers français veut dire : rentrez au syndicat, on verra après ! ressemble étrangement à celle que l’on doit mener à propos du chômage, de l’unité de la classe ouvrière, avec les mêmes militants d’ailleurs : ceux de PLC, de la LCR ou de Révolution !.
Est-ce à dire que le projet d’organiser les chômeurs de façon autonome ne pose pas des problèmes difficiles, ou qu’il suffise de ne pas se tromper trop sur les objectifs matériels des sans-emplois, des chômeurs pour arriver à organiser une force ? Non ! Un camarade du Collectif Chômage du XVe arrondissement essaye d’esquisser un premier bilan de quelques mois d’intervention dans les ANPE et les centres de pointage.
Ce terrain s’avère cependant praticable. Certains expériences de masse ont eu lieu ailleurs qu’en France. Elles devraient permettre d’approfondir la discussion et d’arriver à une intervention plus efficace. L’interview d’un membre des Claimant’s Unions, un article de synthèse sur les luttes des chômeurs, des sans-emplois, des "assistés", en Angleterre, et sur les luttes pour les autoréductions et les occupations de maisons en Italie, pose le problème de l’appropriation et de la violence. Il ne suffit pas que les chômeurs frappent à toutes les portes, multiplient les occupations, les délégations, pour gagner. Il arrive un moment où ils doivent s’organiser dans les quartiers pour prendre ce dont ils ont besoin. Pourquoi ? Parce que, partout où se produisent des actions d’appropriation de masse, comme par exemple dans le métro où la fraude pour ne pas payer atteint des proportions significatives, la police apparaît. Les rafles dans le métro ont frappé les immigrés, mais elles ont aussi dissuadé des milliers de prolétaires de ne pas payer. Qu’on se réfère aussi à l’arsenal répressif adopté en matière de chèques sans provisions, ou bien aux milliers de personnes condamnées pour des vols dans les supermarchés, comme un des militants du CAP a voulu le rappeler, ce qui lui a valu 16 mois de prison sans sursis. C’est dans ce contexte qu’il faut replacer les déclarations de Poniatowsky sur la lutte contre la délinquance, la formation de milices de "braves gens", laquelle servira de paravent à l’État qui réaffirmera le monopole de sa violence et fera passer une augmentation des effectifs des policiers ! Et sur le terrain de la violence prolétaire, d’une violence exercée en fonction des besoins ouvriers, l’autonomie aura à mener une bataille bien plus dure. Sinon, la lutte contre la crise et le terrorisme savamment dosé de l’État sera de plus en plus marginalisée, et réduite à jouer les "mouche du coche" de la restructuration. Ce numéro de CAMARADES, n’aborde pas ce thème. Il y arrive certainement. Comme nous y serions arrivés en partant du chômage partiel dans les usines et des moyens que réclament aujourd’hui la moindre victoire significative : comme par exemple ces ouvriers de l’atelier de mécanique de l’île Seguin qui ont bloqué la chaîne et dont 14 ont été licenciés pour "entrave à la liberté du travail", pour atteinte au droit au travail !
Ainsi la lutte des chômeurs, des sans-emplois, confrontée directement à l’État grand gestionnaire du salaire indirect, devra affronter ce que les stratèges américains ont appelé la "révolte urbaine".




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