Fragments d’Histoire de la gauche radicale
Slogan du site
Descriptif du site
La "serisette"
Camarades, n°2/3, Avril-Mai 1975, p. 28.
Article mis en ligne le 10 janvier 2014
dernière modification le 30 décembre 2013

par ArchivesAutonomies
logo imprimer

On connait cette "taxe conjoncturelle" frappant les entreprises industrielles. C’est l’une des pièces du plan anti-inflation de Fourcade. L’intéressant est que son auteur ainsi que Stoléru, tous deux chevilles du brain-trust de Giscard, expliquent l’inflation de façon intéressante. Pour eux, celle-ci est due surtout au rôle moteur des luttes salariales dans les très grandes entreprises. Ces dernières cèdent trop facilement sur les salaires ce qu’elles peuvent se permettre sans trop de dommages. Mais les PME et surtout les secteurs non industriel et non salarié sont obligés de suivre. Lisez : les luttes pour la parité avec ces grandes entreprises se diffusent, malgré les différences de branche, de "qualification", etc... Et là, capital social, l’ensemble des mécanismes sont touchés. Remise en cause des équilibres institutionnels (les revenus des paysans, des commerçants, des fonctionnaires prennent du retard). Conclusion : pour l’intérêt "général" du capitalisme français, il faut que dans les grandes usines les patrons résistent un peu mieux aux ouvriers. Seulement voila ceux-là savent que c’est risqué et difficile. De deux points de vue, la classe ouvrière des grandes usines en France se rattache aussi à la classe ouvrière multinationale. D’autre part, la dépendance de l’industrie française vis à vis de ce tissu d’archaïsme se paye cher au niveau de la course à une spécialisation dans la division mondiale du travail (faiblesse des multinationales françaises). La "serisette" prévue au départ pour un grand nombre d’entreprises industrielles a été ramenée à la suite de marchandages du Parlement, aux très grosses entreprises qui ont besoin de mobiliser de gros capitaux dans les investissements. D’où la grogne de Ceyrac à l’égard de cette disposition et de sa demande, dès l’automne d’un plan sectoriel.
Dernière remarque : un mode de "contrôle" des salaires similaire a été appliqué en Pologne et en Hongrie. La seule façon pour les entreprises de les tourner dans les pays de l’Est, à part un jeu d’écriture au niveau des objectifs du Plan, c’est de faire "de l’ouate", c’est à dire jouer au maximum sur la composition de classe. On cède aux ouvriers déjà en place, mais on embauche des hors statuts sans aucuns droits, ni avantages... Dans la répartition moyenne des salaires, cela ne se voit plus !!




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.53