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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Pour ouvrir une discussion sur l’État
{Camarades}, n°2, Été 1976, p. 3 et 5.
Article mis en ligne le 12 décembre 2013

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Sur l’analyse des niveaux institutionnels

1. - Arriver à caractériser l’État actuellement n’est pas facile.
La première difficulté tient au terrain lui-même. Les niveaux institutionnels n ;ont aucun sens par eux-mêmes et pour eux-mêmes. Leur évolution est strictement fonction du rapport de classe, de l’évolution incessante que lui im­prime les luttes. Ils ne reflètent pas simplement et sta­tiquement un niveau d’affrontement réel comme on le dit trop souvent. Car au niveau institutionnel, le capital pos­sède toujours l’avantage. Dès que l’analyse de l’État, des partis fonctionnent en vase clos, sans référence aux luttes, à leur dynamique interne et à la pression qu’elles exercent continuellement pour briser le cadre d’ensemble, elle se transforme en médiation sous l’hégémonie de l’État et finalement en sa faveur. La dialectique incessante qui unit les deux niveaux est perdue. L’on a, d’un côté une évolution "autonome” de l’État à laquelle devrait répondre un jeu politique du Mouvement Ouvrier, de l’autre des luttes à qui on refuse tout caractère stratégique. Sans la composition de classe-toute l’arithmétique compliquée du jeu institutionnel piétine complètement et tombe dans deux défauts symétriques et au fond complémentaires.
2. - Le mirage de la contre-information. Certains cama rades ont saisi des aspects qualitativement nouveaux de l’État : sa formidable puissance de centralisation, mélange de rationalité absolue, et de terreur arbitraire. La décou­verte des intrications internes du pouvoir, des corps sé­parés (polices parallèles), groupes de pressions semble per­mettre un discours relativement précis sur l’adversaire, et une collaboration du mouvement révolutionnaire avec la gauche officielle. Pourtant la contre-information dont il n’est pas question de nier l’utilité peut engendrer un mi­rage dangereux. Sans ancrage résolu dans l’action politique ouverte dans les luttes, sans la référence à un projet organisationnel, les seuls critères qui permettent de démê­ler provocations, manipulations, disparaissent [1].
Sans insertion militante collective, il ne peut y avoir de point de vue sur la composition de classe, ni non plus de point de vue vraiment autonome sur l’État et son "fascisme”.
3. - Le pseudo-marxisme. Le problème est de ne pas man­quer la spécificité, historiquement déterminée, des trans­formations qui s’opèrent aujourd’hui dans l’État. Ceux qui récusent les thèses orthodoxes du mouvement commu­niste (capitaliste monopoliste d’État) au nom du fait que cette théorie réformiste abandonne la tâche de détruire ! l’État en espérant s’en servir, lorsqu’ils se contentent de par­ler de "durcissement” ou de "raidissement” de l’État du fait de la "radicalisation” de la situation, manque cet as­pect fondamental. La bourgeoisie manierait alternative­ment la carotte, puis le bâton. L’État serait donc alter­nativement mou ou dur, et pourrait relâcher sa pression dès que le rapport de force lui est plus favorable. Mais à part l’extraordinaire pauvreté d’un schéma qui laisse toujours la porte ouverte à la... défense de la démocratie, ce genre d’analyse à laquelle se raccrochent les militants conscients des dangers de "romans policiers” (cf. ci-dessous) finit également par expliquer les luttes d’un côté, l’État de l’autre sans jamais réussir à les relier. D’où la coexistence d’un discours "révolutionnaire” sur les luttes et d’un dis­cours le plus platement réformiste sur l’État, et les niveaux institutionnels. La pauvreté du débat sur l’organisation ré­volutionnaire tient avant tout à la faiblesse d’une analyse strictement conjugée de la composition de classe ET de l’État.
4. - Les points traités ici de façon volontairement tran­chante ; essaient de surmonter ces deux écueils. Le premier n’est pas développé intégralement. Nous verrons : I - Le terrain sur lequel s’opère la transformation de l’État. II. - Les conséquences qu’a sur le niveau institutionnel et sur le mouvement révolutionnaire le pouvoir d’anticipa­tion de l’État. III. - La forme nouvelle de l’État et de son articulation productive ; les multinationales : la social- démocratie et le terrorisme. La seule forme opposable. IV. - L’ouverture d’un débat sur l’organisation ici et main­tenant.

I. - Le cadre de la transformation de l’État - État/Production/société civile -

La réforme actuelle des instances juridiques, politiques de l’Etat est très profonde. La refonte totale des codes (pénal, civil) des rapports juridiques de propriété (réforme foncière, plus-value), des mécanismes de représentation (réformes électorales, constitutionnelles, réforme de l’en­treprise) montre que tout ce qui avait été codifié par l’Etat Napoléonien achève de disparaître. Toute la sphère qui ne semblait pas directement soumise à la production, mais qui l’était devenue depuis l’État keynésien, le devient formelle­ment. Cette liquidation de la société civile comme sphère formellement autonome détruit ce qui avait constitué la plus solide assise du réformisme communiste (théorie du capitalisme monopoliste d’État, et de son indépendance possible). La crise qui touche l’État keynésien planifica­teur a été déterminée entièrement par l’impact des luttes ouvrières [2]. L’État devient actuellement le gestionnaire direct de la crise ; il ne cherche plus à fonder sa légitimité dans un consensus formé autour du développement, mais dans l’affirmation de sa puissance de contrôle. Il s’installe pour résister de façon permanente à la baisse du taux de profit, qui n’est plus une tendance mais une réalité que la dernière crise n’a pas réussi à contrecarrer. La forme du pouvoir capitaliste devient alors un saut dans la socialisa­tion du rapport de production. D’où la perte d’intérêt d’une représentation de la transition au communisme sous la forme du socialisme (crise des modèles socialistes exis­tants). Le caractère inéliminable de la contradiction qui en socialisant le rapport de production socialise la classe ouvrière, implique une accentuation du contrôle qui prend une dimension totalitaire [3].
Criminalisation de la lutte de classe, et affirmation terro­riste du monopole absolu de la violence vont de pair avec une intervention active dans la société. Intervention dé­centralisée et démultipliée, (modèle informatique). Les réformes institutionnelles sont strictement des réponses aux luttes. (Ce point est développé dans l’article ci-joint). Elles se bornent à ne pas sanctionner des pratiques déjà existantes à l’état séparé, et séparés à l’Etat, mais visent à provoquer par leur accumulation, et leur centralisation un effet d’anticipation permanente sur le rapport de classes. C’est ce qui est, enjeu avec les grandes manœuvres de l’im­périalisme américain des multinationales, et à un moindre degré dans la volonté de tous les États de l’Europe de re­prendre l’initiative en jouant tous les niveaux institution­nels contre les ouvriers.

II - Un cadre européen assez homogène, la spécificité française.

Les réponses juridiques et pénales, à commencer par la coordination des luttes anti-terroristes et antigrèves de­puis les jeux Olympiques de Munich, jusqu’au projet Lecanuet d’extradition ou de jugement automatique des "terroristes” épousent strictement la transformation des instances de programmation économiques qui s’étaient mises en place aux États-Unis après la grande crise. La planification cède le pas devant une programmation qui tente d’être aussi ductile que le rapport de classe.On assiste à un renforcement delà centralisation de la décision (pratique des conseils restreints, présidentialisme accentué) et du contrôle (plan Safari, etc...) et une décentralisation ou délégation de l’exécution et de la gestion. Ce couple binaire est différemment . accentué selon les pays. En France et en Espagne le premier aspect tend à l’emporter vu la rigidité traditionnelle du rapport de classe. Les ré­formes régionales (autonomie des régions) ne passent pas et encore moins une décentralisation de la gestion, (recon­naissance des syndicats en Espagne, réforme de l’entreprise en France). C’est en ce sens qu’une partie notable du mouvement réformiste se trouve rejeté de plus en plus à gauche. En Italie au contraire c’est la décentralisation (réforme des régions) qui l’emporte. En Allemagne l’in­clusion étroite du syndicat dans l’État social-démocrate a accentué la co-gestion. En’ Angleterre tous ces éléments se retrouvent dosés de façon équivalente.
En France l’affrontement très rigide au niveau contrac­tuel s’est toujours joué lors d’échéances institutionnelles (élections) ou de rupture de la continuité de l’État (crise de régime, dont la périodicité est en général de 10 ans). La réforme gaulliste de l’État en 58 a mis déjà l’accent sur la capacité d’anticiper sur l’affrontement de classe grâce à la stabilité. Elle a doté le capital de l’instrument le moins démocratique et parlementaire de la CEE. C’est ce mur que les luttes retrouvent devant elles.
Quelles que soient les modifications, ou les ir.fléchisse­ments apportés par Giscard d’Estaing, c’est la continuité qui reste affirmée. Dans le contexte général de la crise, et de la montée de la gauche, la stratégie giscardienne cherche à accumuler des rigidités irréversibles - c’est en ce sens que leurs sanctions sur le plan juridique est important : 1/ - En isolant un noyau du pouvoir (décision, contrôle) qui doit être préservé des aléas désagréables de "l’alter­nance". C’est en ce sens qu’il faut interpréter la réinté­gration plus étroite et déjà consommée au sein de l’im­périalisme dominant tant sur le plan des décisions mili­taires que sur celles d’ordre économique (secteurs de pointe). Le passage accéléré de l’État Plan à l’État-Crise (pilotage à vue, etc.) permet d’envisager à terme une arrivée des socialistes au pouvoir sans qu’il en résulte les soubresauts qui se seraient produits infailliblement en 1974. 2/ - Loin d’être contradictoire avec les opérations précé­dentes la décentralisation de l’exécution et de la gestion dissimule les ressorts réels de l’État. Le dessein de ces ré­formes de structures (mentalité, avortement) est de ré­cupérer la pression exercée par les luttes pour créer des coupures horizontales dans la majorité et l’opposition et redonner la souplesse aux mécanismes de médiation de participation.

III. - Les effets de la réforme de l’État sur le niveau ins­titutionnel et sur le mouvement révolutionnaire.

L’initiative capitaliste sur le plan de l’État a des- répercussions sur toute l’assiette des partis politiques. L’ob­jectif majeur de cette partition de l’État en deux niveaux est de cantonner la gauche unie (parti communiste inclus puisque sans lui rien ne peut se faire, et qu’avec lui rien non plus ne peut se conclure) à la périphérie de l’État. Le centre de ce dernier, en cas de victoire de la gauche pourrait faire l’objet d’une tractation avec la social- démocratie la plus à droite d’Europe, la social-démocratie allemande ; le rôle dévolu au Parti Communiste dans un tel schéma étant une insertion subalterne dans le premier ni­veau de l’État.
Les solutions traditionnelles d’inclusion du réformisme dans le pouvoir d’État - à la façon du Front Populaire, ou de 45 - 47 ne sont plus viables pour le capital puisqu’il n’y a plus deux protagonistes ; lui-même et le mouvement ou­vrier, mais trois, et qu’il faut compter sur l’autonomie ir­réductible de la classe ouvrière.
La solution expérimentée en ce moment dans l’en­semble de l’Europe repose sur ce partage qui s’opère au sein même de l’État. A la classe ouvrière comme classe autonome répond le noyau dur serti dans la multinationales impérialistes, et sa militarisation ; au mouvement ouvrier répondent les articulations périphériques de l’État qui démultiplient l’affrontement (co-gestion du marché du travail) et semble offrir la possibilité d’une longue marche à travers les institutions (compris historique, Union du peuple de France). L’abandon de la notion de dictature du prolétariat ne fait que sanctionner une ana­lyse de l’État totalement partielle (on oublie le noyau dur de ce dernier) et aventuriste (face à la scission déjà effectuée entre pouvoir central des multinationales, et frontières nationales, on essaye de jouer la carte du « nationalisme » comme si cette manipulation faisant flèche de tout bois suffirait à contrecarrer une simple tendance non encore réalisée).
Quel est maintenant l’effet de cette stratégie de l’État sur le mouvement révolutionnaire ?
L’objectif du capital n’est pas l’écrasement du mouve­ment ouvrier, mais celui de l’autonomie. Les projets de restrictions du droit de grève en sont un exemple ? Ce n’est pas l’ensemble du droit de grève qui est visé, mais les grèves qui sortent de plus en plus de la légalité. C’est la différence fondamentale avec le fascisme. C’est pourquoi on rejettera les termes de nouveau fascisme ou de social- fascisme. L’État laisse le choix entre le syndicat à l’alle­mande inséré de plus en plus dans l’appareil de contrôle in­direct (quitte à concéder des marges de pouvoir substantiel, mais jamais le pouvoir) et le ghetto du terrorisme. Sa cible est devenu en effet le communisme en acte des ouvriers quand celui-ci a atteint une telle maturité qu’il est au bord de la lutte armée.
Une grande partie du mouvement révolutionnaire placé devant cette terrifiante alternative a opté pour le premier terme de l’alternative, en renonçant au fond à construire un autre cadre d’organisation de masse que le syndicat, Rentrent dans cette catégorie tous ceux qui n’ont pas d’autre apparition de masse que celle ses syndicats, même s’ils maintiennent leur structure de groupe "poli­tique" à part.
D’autres camarades du mouvement, infiniment moins nombreux, ont bien vu les insuffisances immédiates de perspectives, leur subordination la plus plate à la gauche traditionnelle. La volonté de porter l’attaque contre les rouages essentiels du pouvoir d’État, le parcours subjec­tif de ceux qui avaient été associés à la frange la plus active des groupes ont amené des initiatives nouvelles qui ouvrent, quelles que soient leur insuffisance, un débat qui deviendra de plus en plus important dans le mouvement : celui de la lutte armée dans les métropoles du capitalisme avancé [4].
Il convient de souligner qu’il s’agit là d’une alternative entièrement déter­minée par l’État. Quand ce dernier a mis toute sa science à creuser l’alter­native : syndicat assagi ou extrémisme terroriste pour frapper la dimension de masse de la violence et de l’auto­nomie ouvrière, le rapport dialectique entre lutte de masse légale et illégale ne peut pas être trouvé non plus par la simple addition des deux : syndicat (ou partis de la gauche) plus bras armé, à moins d’arriver au résultat terrible que l’Allemagne nous offre.

IV. - État du terrorisme, social-démo­crate et multinationales

Que faire alors ?
La transformation de l’État en un monstre bicéphale n’est pas une ten­dance contradictoire que la seule pression de la gauche réformiste sur le plan institutionnel pourrait contrecarrer efficacement. Il s’agit bien d’une mu­tation déjà effectuée en réponse à la réponse à la pression insupportable que la classe ouvrière fait peser sur le rapport de production. Il n’existe pas actuellement au sein de l’appareil d’Etat de contradictions principales irréductibles, ou surdéterminantes qui permettrait de jouer les socio-démo­crates contre les terroristes du contrôle.
En France l’échec de Chaban-Delmas en 74 a marqué le passage à l’État- Crise. Mais si le contenu de la program­mation économique et politique a changé, la forme de l’État gaulliste n’a pas entamée, mais bien au contraire renforcée. L’éviction d’un personnel trop marqué, n’a pas voulu dire la des­truction de l’État UDR, mais sa remise à jour. Aujourd’hui la cour de Sûreté de l’État est directement sous les ordres de celui qui l’avait le plus attaqué comme institution : Lecanuet.
La seule contre-tendance réelle est le degré d’autonomie politique de la classe ouvrière. Cette autonomie ne peut pas se traduire par le syndicat, mais par un effet de l’autonomie sur le syndicat. Plus les ouvriers atta­queront, et bâtiront leurs propres forces, moins le syndicat (CFDT, mais également la CGT et le PC) pourront facilement s’insérer dans la périphérie de l’État social-démocrate, et laisser toute latitude de manœuvrer à l’alle­mande. L’exemple portugais montre qu’après le 25 novembre 75, la social- démocrate n’a pas pu suivre son ho­mologue allemande.
Pour ces raisons toutes les opéra­tions de renforcement de l’aile gauche de l’Union (que ce soit le CERES, le PC ou la CFDT) sont dangereuses et inefficaces. Ce qui est arrivé aux organisations de jeunesse du Parti So­cialiste allemand (les jusos) est ins­tructif.
Nourrir l’illusion qu’on peut renfor­cer l’autonomie politique de masse de la classe ouvrière à partir d’une inser­tion dans la gauche c’est se tromper sur la nature réelle de l’État, sur le type de liens qui existent entre le noyau dur de ce dernier et l’impéria­lisme américain. C’est enfin risquer d’introduire^ directement l’État et son terrorisme dans le mouvement révolu­tionnaire. Il n’y a plus aucune opéra­tion réalisable en termes d’utilisation des structures du mouvement ouvrier traditionnel en tant que telles dans un proche avenir. D’autant que l’on fait bon marché du rôle répressif que joue ces structures à l’égard de l’autonomie.

V. - Ouvrir le débat sur l’organisation et la recomposition du mouvement révolutionaire.

Toute discussion sur les buts que doit se fixer un regroupement du mouvement révolutionnaire doit par­tir des luttes, saisir le mouvement de recomposition qui heurte de plein fouet l’État, évaluer les modifications de l’État et en tirer les leçons sur le plan de l’organisation.
A/ - Dans le contexte actuel de mon­tée de la gauche, la perspective d’approfondissement de la crise ne peut se faire qu’en renforçant l’autono­mie politique de la classe ouvrière. L’inclusion subalterne de la gauche ins­titutionnelle dans un État fort des multinationales exclut la possibilité d’opérer une telle autonomisation à partir des syndicats du PC ou du CERES.
B/ - Il faut également écarter une autre perspective : le projet de consti­tution d’un front des groupes révolu­tionnaires (fusion de l’AMR-PSU avec la Ligue, front électoral à l’italienne) qui aurait des rapports souples avec les différents mouvements d’autonomie pour déborder stratégiquement l’Union de la Gauche lors de la victoire de celle-ci. Cette perspective ne cor­respond en fait à rien si en même temps toute la tactique immédiate, et la lutte de masse reste totalement inféodée à une perspective syndicale. Est alors accepté l’un des deux termes de l’alternative déterminée par l’État ; la conséquence en est au fond l’impos­sibilité de faire mieux que le PC et la gauche syndicale sur le premier terrain, tandis que le rejet commode de la violence « isolée » conduit à désarmer le mouvement et à rater précisément toutes les étapes concrètes de la cons­truction d’une organisation révolution­naire.
On ne peut à la fois participer aux défaites de l’autonomie ouvrière, ne serait-ce qu’en restant prudemment neutre chaque fois que les positions syndicales et celles des avant-gardes de masse deviennent inconciliables et qu’il faut choisir son camp et en même temps espérer recueillir la pointe of­fensive du mouvement et la centrali­ser sous sa direction en78.
C/ - Il devient à notre sens indispen­sable d’ouvrir une discussion nationale parmi tous ceux qui voient dans ces points les conditions de la constitution d’une alternative à l’Union de la Gauche et qui veulent définir le pro­gramme et les modalités d’un regrou­pement des différentes composantes de l’autonomie ouvrière et prolétaire.
La revue « Camarades », devrait ap­porter une contribution à l’organisa­tion d’un tel débat en organisant tri­bune de discussion, des stages, en ai­dant davantage à l’organisation de toute les forces de l’autonomie. Il va de soi qu’elle ne saurait s’y substituer, ni anticiper sur les résultats d’une discussion sur les questions d’évalua­tion des luttes, de l’État et de l’organi­sation.

Paris le 12 juin 76

Notes :

[1Cf. l’effet de la revue Interfé­rence, elle, très sérieuse, sur d’anciens militants. Voir aussi le jeu extrême­ment dangereux de journalistes qui se prennent pour les acteurs d’un com­bat direct avec la CIA.

[2Sur ce point ainsi que sur le sens politique de la crise « économique » voir les numéros précédents de Cama­rades

[3Cf. A. Negri Proletari e Stato, Feltrinelli 1976.

[4L’absence de discussion ouverte sur ce terrain est en train de faire courir un risque très grave au mouvement. L’exemple typique de cette attitude est la réaction des journaux français d’extrême-gauche au procès des Bri­gades Rouges et à l’exécution du Pro­cureur de Gènes, Coco. Et de tous ceux qui dans le mouvement contri­buent par absence d’information à creuser ces deux pôles réformisme le plus plat d’un côté, et extrémisme désespéré de l’autre ; alors que dans le cas de l’affaire de Gènes, il eut été au moins correct de passer intégralement le communiqué qui revendiquait l’exé­cution et qui développait une analyse politique. Le Corriere délia Sera (de droite) l’a bien bien fait lui, en Italie !!!




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