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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Dossier USA
{Camarades}, n°2, Été 1976, p. 8.
Article mis en ligne le 12 décembre 2013

par ArchivesAutonomies
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USA 1976. Derrière la mascarade des échéances électorales, où s’affrontent des candidats aussi interchangeables que les marques de savon qu’ils représentent, après l’effondrement du consensus autour de la capacité de l’exécutif à se faire respecter, tant à l’intérieur - Watergate - qu’à l’extérieur - Vietnam, Angola -, où en est le mouvement de ce qui est sans doute la classe ouvrière la plus forte du monde ?
Ce dossier tente de faire le point sur les dix ans de luttes qui ont contraint le capital américain à la dépression, en partant du point le plus occulté et qui nous semble pourtant le plus fondamental : la lutte des ouvriers américains au cœur des usines militarisées, malgré la collaboration de classe instaurée par les syndicats, pour plus de salaires et moins de travail. C’est dans ces luttes que se sont formées les organisations autonomes du mouvement ouvrier noir, c’est ces luttes qui,par l’absentéisme de masse, les grèves sauvages et le sabotage élevé à la hauteur d’une institution [1] ont empêché la restructuration « à froid » de l’économie américaine.
Sans ce progressif refus du travail des ouvriers noirs, portoricains, des jeunes blancs, on ne peut comprendre le développement des luttes dans le ghetto [2], ni la progressive faillite de toutes les villes américaines étranglées finan­cièrement par la charge des "programmes de lutte contre la pauvreté" et les salaires de plus en plus élevés exigés par les employés municipaux [3] organisés en puissants syndicats.
A cela s’ajoute la militarisation croissante de l’affrontement, cet état de guerre civile quasi permanent que permet la libre circulation de plus de 200 millions d’armes à feu dans le pays et dont les récents affrontements qui ont opposé « la nation indienne » à l’État américain, tant dans les réserves que lors d’occupations d’usines, ne sont que le dernier exemple [4].
La seule arme qui reste alors au capital américain c’est d’exporter les résultats de sa propre lutte de classe : la crise que nous vivons aujourd’hui en Europe occidentale a été directement forgée dans l’embrasement des ghettos de Watts ou de Détroit, commandée par la pugnacité et la volonté de lutte des ouvriers américains.

Notes :

[1voir le lancement de la première petite voiture « compact » américaine par la General Motors, la Vega, com­plètement sabotée après six mois par les ouvriers de Lordstown.

[2scandées par plus de 400 émeutes dans les années soixante et par un "boom" des taux d’inscription au "welfare" - aide aux mères de famil­le sans soutien, coupons alimentai­res, etc. - de plus de 100 % par an.

[3Police, pompiers, instituteurs, as­ sistants sociaux, etc...

[4Voir aussi Patty Hearst ou encore le regain des "Weathermen" dans les villes aussi éloignées de leur centre traditionnel d’opération que Seattle etc..




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