Bandeau
Fragments d’Histoire de la gauche radicale
Slogan du site
Descriptif du site
Éditorial
{Camarades}, n°3, Décembre 1976, p. 1.
Article mis en ligne le 5 janvier 2014

par ArchivesAutonomies
logo imprimer

Article premier, "pour les besoins de l’extradition entre États contrac­tants, aucune des infractions mention­nées ci-après ne sera considérée comme une infraction politique, comme une infraction connexe à une infraction politique, ou comme une infraction inspirée par des mobiles politiques". à savoir : les actes de piraterie aérienne, les infractions graves contre les per­sonnes ayant un statut diplomatique ; les enlèvements, prises d’otages et sé­questrations arbitraires ; les infractions comportant l’utilisation des bombes, grenades, fusées, armes à feu automa­tiques, ou de lettres ou colis piégés. A cette énumération, l’article 2 ajoute . "tout acte grave de violence qui n’est pas visé à l’article premier et qui est dirigé contre la vie, l’intégrité corpo­relle ou la liberté des personnes" et même, "tout acte grave contre les biens (...) lorsqu’il crée un danger col­lectif pour des personnes". (...) "il en sera de même en ce qui concerne la tentative de commettre une des infrac­tions précitées ou la participation en tant que co-auteur ou complice d’une personne qui commet ou tente de com­mettre une telle infraction"

Le 27 janvier 1977, ces alinéas de la Convention Européenne contre le terrorisme seront ratifiés. Qui sont les auteurs de ce projet qui raye d’un trait de plume le vieux droit libéral bourgeois national ? Des dictatures anachroniques ? Non ! Le très social-démocrate gouvernement de R.F.A. et, pour les amendements les plus durs, le gouvernement travailliste anglais et le gouvernement d’Irlande ! La France, elle, n’a hésité à ratifier le projet que parce que le texte prévoit à l’article 10 un arbitrage auprès d’une instance suprationale : la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Les projets de lois et leurs attendus déposés par Poniatowski devant la Chambre (droit de fouille des véhicules, peines renforcées pour port d’armes, etc.) sont tout à fait dans la ligne !
Sur tout cela, la Gauche laisse planer un silence inquiétant (cf. La violence, l’État, le mouvement révolu­tionnaire et l’Union de la gauche). Même silence inquiétant de l’Extrême-gauche "officielle" sur la violence révolutionnaire. Voir l’analyse des articles parus dans les trois principaux quotidiens de l’Extrême-gauche fran­çaise à propos de l’exécution du Procureur de Gènes par les Brigades rouges en Italie. Ce numéro est en grande partie consacré à ce problème.
On trouvera, mêlés, des éléments sur l’Angleterre, le Portugal, le Maroc, l’Italie et la France. C’est que pour nous, tout cet arsenal de terreur dissuasive vise des niveaux de lutte pour le communisme qui ont depuis longtemps effacé les frontières en Europe, ce maillon faible de l’impérialisme mondial :

  • Émeutes du prolétariat multinational à Londres contre le tout-puissant Fonds Monétaire International qui entend mettre en faillite les pays incapables de contenir leur classe ouvrière.
  • Luttes ouvrières au Maroc, au Portugal, une des véritables raisons qui font de l’Europe du Sud le maillon faible de ces démocraties "ingouvernables" aux yeux de l’État du capital mondial US.
  • Lutte armée pour le communisme, tous les problèmes qui se trouvent posés en Italie : le mouvement des prisonniers, les Brigades Rouges et l’Autonomie ouvrière, et qui jettent sur la crise de l’Extrême-gauche (Lotta Continua, P.D.U.P., Manifesto, Avanguardia Opéraia) un jour bien différent. Qu’on ne croie pas que tous ces témoignages parlent d’ailleurs. En France, une enquête militante attentive révèle la même maturité, la même force :
  • L’interview d’un camarade de l’A.L.P. de Nantes : Mouvement de masse, autonomie et violence.
  • Le document politique du Comité de coordination des foyers Sonacotra en grève qui est l’une des contri­butions les plus nettes à une définition politique de l’autonomie ouvrière.
  • Un rapide bilan tiré par les occupants de la Villa Faucheurs à Paris XIXe.

    Enfin des indices : une interview d’un camarade de l’Autonomie, sorti de prison, la naissance de la délin­quance dans un quartier populaire de Paris.
    Bien sûr, il manque dans ce numéro de Camarades d’autres témoignages, la prise en compte d’autres bilans, d’autres nouvelles ; en particulier, d’usines comme Peugeot-Sochaux, General Motors Gennevilliers (qui a connu cet été une grève pour "500 F pour tous, réduction d’horaires", etc.).
    La revue déjà saturée d’articles peut difficilement permettre une circulation rapide et fréquente des informations.
    Après deux numéros, il est temps de faire le point sur ce que nous sommes, sur notre fonctionnement (Bilan). Militant de l’Autonomie, qu’est-ce que cela veut dire ? Une rubrique : Contre-tendance, aborde ce pro­blème. Peut-on définir quelques repères aidant à formuler les bases d’un rassemblement ? Un camarade pro­pose une contribution qui se fait écho de discussions en cours parmi nous.

    Automne 1976




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.53