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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Autonomie ouvrière et Brigades Rouges
{Camarades}, n°3, Décembre 1976, p. 25-27.
Article mis en ligne le 9 janvier 2014

par ArchivesAutonomies
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1. Les B.R. sont avant tout le produit des luttes ouvrières et étudiantes en 1969 à Milan.
Avec les caractéristiques spécifiques, au regard de la situa­tion italienne qu’a présenté Milan ces années-là. Il faut dire que c’est seulement là que l’explosion de masse de l’autonomie ou­vrière s’est manifestée dans l’hégémonie idéologique du "maoisme". Les variantes du maoisme, idéologie dominante du mouve­ment étudiant en Europe, sont connues : il le fut plus encore en Europe qu’en Italie où, en fait, l’extrême accroissement du mouvement s’est appuyé sur une critique continue du mouve­ment ouvrier officiel et de la théorie ouvrière.
A Milan, à la fin des années 60, le maoisme se présente d’un côté comme une ligne bigote et stalinienne qui, comme telle sera prise par le Mouvement Étudiant de Capana [1], et de l’autre avec une forte connotation pratique et tiersmondiste. C’est à Cette dernière tendance qu’il faut s’en tenir : là confluèrent les camarades ouvriers venus des expériences les plus significatives des "comités de base" (Pirelli, IBM, Siemens, etc.), des cama­rades venus de la "Ligne rouge" du Parti M.L., d’autres sortis de l’expérience d’"Université négative" de Trente et de Travail Politique (Lavoro Politico) de Vérone. Ce furent ces camarades qui constituèrent en premier une coordination d’initiative de base à Milan, puis la "Gauche prolétarienne" (Sinistra prolé­tariat, et enfin - au travers d’une série de scissions ayant pour origine la vérification pratique des déclarations théoriques de fidélité à la lutte armée - les B.R.
Dès le départ, les BR vécurent une forte tension entre l’af­firmation théorique maoiste du programme et du parti et leur attachement effectif à l’autonomie ouvrière et prolétaire ; entre la volonté d’être à l’intérieur du mouvement de masse et la né­cessité de se présenter comme avant-garde capable de développer des expériences exemplaires. Les BR sont des "maos" à la fran­çaise ; toutefois, par rapport aux camarades français et allemands, ils ont toujours possédé la capacité de résoudre la tension qu’on retrouve à l’intérieur du maoisme occidental, en se confrontant réellement à la pratique et en assumant l’autonomie ouvrière comme un des termes fondamentaux de la solution des débats théoriques. Cette ligne de parti apparaît comme une constante du comportement des camarades des BR, tout au long de la tra­jectoire de leur expérience de lutte. Le développement de leur organisation s’est fait tout entier au niveau de l’autonomie ou­vrière. Certes, le niveau de l’autonomie est continuellement forcé "à la mao" - théoriquement à travers une analyse et un programme - pratiquement à travers des actions exemplaires, des moments de rupture et d’approfondissement des contradic­tions de l’adversaire de classe : mais le terrain sur lequel ils se sont appuyés a toujours été solidement ouvrier et prolétaire. Une grande partie des BR sont des ouvriers, des prolétaires, leurs références politiques sont toujours celle de l’autonomie ouvrière. On peut signaler des erreurs et des limites dans l’action des BR, mais on ne peut plus nier que la dynamique d’organisa­tion qu’ils poursuivent se soit implantée dans l’aire de l’auto­nomie - pas seulement de façon théorique, mais aussi pratique­ment et matériellement.
Aujourd’hui, malgré les attaques féroces portées par l’État et le pouvoir des patrons contre l’organisation armée des BR, malgré la campagne de diffamation qui les accompagne (et à laquelle n’est étranger aucun "groupuscule"), aujourd’hui donc, il convient de réaffirmer avec force que le "délire" de ces cama­rades est celui d’une large couche ouvrière et prolétaire, que leur "désir de communisme" est tout nourri de la force de l’au­tonomie ouvrière et prolétaire, face au spectacle écœurant de la falsification idéologique et de l’impuissance pratique des partis et des particules réformistes.
Et, nous autres de l’autonomie, pouvons bien en témoigner, nous qui n’avons plus rien à faire avec le maoisme européen.</p<

2. Un peu d’histoire des BR, en partant du moment le plus fort de leur activité, l’occupation armée de la FIAT de Turin, les 29 et 30 mars 73. Ce moment représente une ligne de partage fondamentale, et pas seulement - comme nous le verrons - dans l’histoire des BR ; il montre que l’initiative des avant-gardes peut se mouvoir à l’unisson du mouvement de masse des ou­vriers, peut au contraire le conditionner, le promouvoir et le diriger, mais de l’intérieur d’un processus de lutte. Les contrats de 72-73 devaient représenter, dans le programme des réfor­mistes et des patrons, la sanction d’un virage par rapport à l’explosion de l’autonomie ouvrière dans les années soixante. On présenta une plateforme riche d’un peu d’argent et de beaucoup de mystifications ("grille unique" que l’on fit passer pour le statut "parité") [2], la structure du contrôle des "conseils" d’usine fut perfectionnée par le syndicat, les mécanismes de la provocation fasciste et policière mis en place par les patrons de toute façon - pour faire face au pire. Et pourtant, malgré tout, les contrats de 72-73 ne représentèrent pas l’échec qu’ils- se voulaient être : parce qu’à Turin, dans la citadelle FIAT, il fut possible de rompre la stratégie réformiste, d’activer à nou­veau le processus du pouvoir ouvrier dans l’usine et sur la ville. Pendant que patrons et réformistes négocient, l’initiative des BR toucha les moments les plus faibles de l’organisation capitaliste (fascistes, gardiens, etc.), les attaqua, les humilia et les détruisit.
L’indication se diffusa, les patrons se retrouvèrent à décou­vert. Le syndicat intervint alors pour donner un coup de main : il fallut allonger artificiellement tes négociations pour piéger les ouvriers, pour les obliger à discuter du contenu de merde du contrat, pour les empêcher de reprendre la lutte le lendemain de la signature du contrat. En se mouvant correctement dans l’autonomie ouvrière, les BR surent exploiter l’occasion de faire avancer le front de lutte. En ce jour d’occupation armée, la classe ouvrière italienne fit, par l’intermédiaire des camarades de Mirafiori, sa propédeutique aux luttes nouvelles des années 70. Pour des objectifs qu’on se réapproprie par la force, on ne né­gocie pas ; les armes sont un instrument nécessaire de lutte contre un patron armé ; la force de la classe ouvrière peut empêcher le piège réformiste de se refermer. Si, dans les prochaines années, le compromis historique est battu, si la volonté capita­liste de détruire l’avant-garde de classe prolétaire et ouvrière en Italie est à nouveau détruite, nous le devrons au formidable cycle de luttes nouvelles que mars 73 a ouvert partout. Mars 73 a été au développement de la lutte de classe en Italie dans les années 70 ce que Piazza Statuto [3], en 62, a été pour les années 60 : un formidable épisode de masse dans lequel sont compris les raisons et les comportements qui domineront une période de la composition de classe et les luttes. Nous croyons que les BR, nés de la crise du mouvement en 68, ont fourni une formi­dable contribution à l’autonomie ouvrière et prolétaire en Italie au moment de l’occupation de la FI AT. Nous aimons croire que le long et pénible processus qui amena les BR, des premières actions armées chez Pirelli en 70 à l’intervention à la FIAT de 72-73, représentent un chemin cohérent et une réalisation lucide et calculée.
Et après ? Est-il vrai que les "Foulards rouges" [4] de Mirafiori aient réclamé que l’on s’attaquât tout de suite aux niveaux les plus élevés du pouvoir répressif de l’État ? Est-il vrai que le "Parti de Mirafiori" devait enlever Sossi ? Notre respect pour les camarades des BR nous empêche de penser que fut absente, dans la programmation de l’action contre Sossi, la conscience de la pesanteur du rapport de force et de l’action lancée, après l’oc­cupation de mars, contre l’autonomie ouvrière. De fait, l’enlè­vement de Sossi représente un moment difficile pour l’auto­nomie ouvrière et pour le mouvement révolutionnaire dans son entier. Nous pensons que le prolongement de l’action de mars ne pouvait pas résider dans une abstraction tel le fait de "s’at­taquer aux institutions", mais dans la maturation et la généra­lisation de l’action de masse. Et c’est ce qui est arrivé. Et c’est ce qui arrive. Les camarades des BR eux-mêmes semblent avoir, dans les derniers documents parus, rectifié leur ligne et accepté que la formidable et fructueuse dialectique entre les échéances offensives contre l’État et la croissance du mouvement de masse de l’autonomie s’effectue selon le rythme requis, la maturation et la réflexion collective. L’important n’est donc pas de criti­quer l’articulation spécifique des décisions organisationnelles des BR ; ce n’est pas non plus de répondre à la question de sa­voir si l’enlèvement de Sossi s’est fait au moins en correspon­dance avec les nécessités du mouvement dans son entier ; l’im­portant est de reconnaître que la lutte a continué là où elle devait être, en 73, définitivement châtiée, que le mouvement global s’est énormément élargi, que l’expérience de Mirafiori n’a pas été oubliée, mais qu’elle est devenue au contraire expé­rience de masse, chaque jour répétée. C’est cela la vraie victoire. C’est là le terrain sur lequel le rapport entre les BR et toutes les forces de l’autonomie ouvrière devient vraiment productif.</p<

3. A notre avis, l’organisation des BR a toujours agi de fa­çon substantiellement correcte. La tension entre les hypothèses maoistes et le rattachement à l’autonomie ouvrière s’est presque toujours résolue positivement dans la pratique. Sur le plan de la proposition théorique et du programme, le discours des BR a en effet toujours rencontré certaines limites fondamentales et développé des positions inacceptables pour une grande partie du mouvement et donc pour les forces les plus consistantes de l’autonomie ouvrière. Dans la théorie des BR s’exprime de fa­çon extrémiste (au sens léniniste) ce qui dans la pratique trouve pourtant une médiation satisfaisante dans le rapport de classe. Il arrive ainsi que la ligne d’analyse et de proposition s’inflé­chisse continuellement vers des exaspérations en rapport à l’échéance fixée, et soit de la sorte développée d’une façon plus rhétorique que raisonnablement persuasive ; de sorte qu’à la fin, on a un cadre théorique déformé par rapport à la pratique elle-même. Voyons point par point les moments théoriques dans lesquels se retrouve systématiquement une déformation de la pratique des BR (étant entendu que la ligne des BR doit être évaluée - et évaluée positivement - eu égard à la pratique de son rapport à l’autonomie ouvrière).
a) Il y a dans la ligne des BR une sur-évaluation permanente du danger "golpiste" en Italie. Il est juste d’attaquer les fas­cistes comme une sous-espèce provocatoire/tactique de la ligne patronale (l’autonomie ouvrière a toujours traité cette vermine comme elle le méritait), mais la sur-évaluation systématique du resurgissement du fascisme est privée de tout sens dans une situa­tion de capitalisme avancé. De là la confusion permanente, dans les documents des BR, entre réaction et réformisme, de là, souvent, l’incapacité de hausser le tir, de là certaines opéra­tions aussi confuses qu’ingénues d’alliance avec certains secteurs du mouvement ouvrier officiel. L’obsession du coup d’état - sans qu’on sache s’il s’agit d’origine tiersmondiste ou de la ten­tative stérile d’alliance avec de vieilles couches de la résistance partisane italienne - n’a pas fait beaucoup de bien aux BR, et a permis parfois aux réformistes (et pour finir au juge Caselli [5] lui-même) de ridiculiser la ligne des camarades ; elle a, en outre, introduit la confusion dans le mouvement, et a quelquefois donné l’illusion que le centre fort de l’autonomie ouvrière fondait son analyse sur un thème de chantage typique du mouve­ment ouvrier officiel (ce qui signifie : théorie de l’effondrement face à la force démesurée de réaction de l’adversaire). C’est bien, de dépeindre de façon démoniaque le pouvoir ; mais le pouvoir démoniaque de l’État est tel aujourd’hui que le fascisme fait bien piètre figure à côté ! L’Italie n’est pas le Chili, l’expérience des luttes de masse des prolétaires italiens peut (peut-être mais pas probablement) déboucher sur un cadre nouveau de mystifi­cation et de domination, mais certainement pas sur une récession fasciste.
b) En conséquence, il y a dans la ligne des BR (sauf peut- être des modifications allusives dans les derniers textes) une sous- évaluation permanente de la force du réformisme et de sa capaci­té de diviser la classe. Les camarades des BR ont refusé, pendant cinq ans, de considérer les forces du réformisme comme l’ennemi fondamental et comme "antagonisme au sein du peuple". Sur ce terrain, l’origine ML de la théorie des camarades des BR a ses pires effets. Espérons que la correction de cette ligne, que l’on sèment pas sans importance sur le plan pratique.
c) Sur le plan tactique, une conséquence de cette sur­évaluation du danger golpiste et de cette sous-évaluation du ré­formisme a été la pratique de l’entrisme, du double militantisme, etc., aussi bien dans le mouvement ouvrier officiel que dans les organisations de l’extrême-gauche extra-parlementaire. Cet ex­trémisme tactique ne pouvait, c’est évident - les hypothèses étant fausses -, donner aucun fruit (sinon peut-être sur le plan de la contre-information). Au contraire, l’explosion de la pra­tique correcte avancée par les BR a conduit les forces dans les­quelles elles persistaient à pratiquer l’entrisme, à une délation plus lourde. De ce point de vue, certains moments d’infiltration des BR ne sont pas seulement des incidents, mais également les conséquences d’erreur d’élaboration théorique.
d) La thématique golpiste exaspère les temps du processus organisationnel, et par conséquent le rythme de gestion des échéances. Les observations déjà faites sur l’enlèvement de Sossi l’ont noté. Mais il ne s’agit pas seulement de cela : l’exaspération de la tension pratique, de l’initiative concrète représente une indication formidable pour le mouvement, une critique défini­tive de tout le bla-bla. Mais si tout cela, comme cela finit par arri­ver, consolide la logique de la dynamique d’organisation de front contre la dynamique du mouvement de masse, alors le jeu de­vient perdant, alors la conjonction heureuse de "toutes" les formes de lutte devient utopiste et uniquement volontariste.
e) Insister sur la dynamique de l’organisation propre (même face à la confirmation par les faits de la validité de la ligne sui­vie) peut amener - et a amené à certains moments les camarades des BR - à un manque d’attention dangereux face aux théma­tiques d’organisations issues du mouvement. Ici, la confronta­tion entre camarades des BR et de l’autonomie ouvrière se fait serrée : on touche au point central de la différence : le projet d’organisation. Pour nous, la dialectique entre avant-garde et mouvement de masse doit se déterminer dans le niveau de masse. Ceci est imposé par la composition de classe issue du dévelop­pement capitaliste et du niveau atteint par les luttes. Ceci est imposé par la maturité du communisme dans les masses. Le choix d’un terrain toujours majoritaire est le signe fondamental de la ligne politique de l’autonomie de classe. Et qu’ainsi on n’ar­rive pas à des illusions mystificatrices sur la réalité du mouve­ment, quinze années de luttes l’ont montré.

4. Le bilan de "l’affrontement avec l’État", ouvert avec l’enlèvement de Sossi [6], est très lourd pour les camarades des BR. Le nombre de camarades qui pourrissent en prison, torturés même, en Italie comme dans les prisons allemandes, n’est plus à compter. Les condamnations exemplaires se multiplient, le droit pénal bourgeois est complètement rénové de façon nazie, pour punir ces camarades. Et les carabiniers ne refusent pas de recou­rir à la forme extrême de la justice sommaire : Mara Cagol a été tuée froidement [7]. D’autre part, l’illusion des camarades des BR de créer, par leur action, des contradictions à l’intérieur de l’État, s’est révélée pour ce qu’elle était : une illusion basée sur le fait qu’à l’intérieur de l’État existait une division entre réac­tionnaires et démocrates, sans apercevoir en revanche qu’à l’in­térieur de l’État domine le bloc compact du réformisme.
L’action des camarades des BR serait-elle donc inutile et complèretment contraire à l’effet recherché ? Sans aucun doute, non. Au-delà des intentions expresses, l’action des camarades des BR est en fait un élément cumulatif, et même fortement promotionnel, sur le plan de l’initiative de masse. Une initiative issue directement du terrain de masse, du terrain des luttes ou­vrières et prolétaires, et qui se développe sans cesse vers lé plan de la lutte armée, non sur la base d’extravagantes prévisions golpistes, mais poussée par des besoins réels, par une nécessité de communisme qui parcourt le mouvement. Dans la mesure où le capital et son État sont contraints à réprimer et à mystifier les besoins des masses, dans la mesure où, à travers la crise, les luttes ouvrières pour le salaire et la poussée prolétaire pour la réappropriation de la richesse sociale se voient criminalisées, dans cette mesure même, aujourd’hui, le mouvement avance sur le plan de la lutte armée. L’invention des masses sur ce terrain, comme sur tout autre, ne se laisse réduire à aucune idéologie. C’est par rapport à ce type de poussée que des contradictions nouvelles sont apparues à l’intérieur de la classe politique domi­nante ; c’est sur ce terrain que le réformisme sent la précarité de son propre projet. C’est sur ce terrain que le passage de la crise économique à la crise politique peut être forcé. Les cama­rades des BR - qui reconstituent leur force d’attaque après la phase répressive qui les a frappés - sont une partie fondamentale et entraînante de cette offensive de l’autonomie ouvrière et pro­létaire. Une attaque qui invente, approfondit et développe les nouvelles séquences de la lutte pour le pouvoir en Italie. Parce que la lutte pour le pouvoir se développe comme l’approfondis­sement et le prolongement de masse de la lutte sur les condi­tions matérielles du prolétariat ; et dans la situation actuelle, comme une lutte d’appropriation se transformant en une lutte de pouvoir, comme une série sans fin de recompositions des ni­veaux des salaires attaqués qui se résout en lutte pour le commu­nisme et contre l’État. C’est dans cette continuité que le mouve­ment italien a conquis son caractère irréductible, plus que dans toutes les expériences révolutionnaires accomplies jusqu’à pré­sent, et a montré une voie de lutte que la classe ouvrière peut parcourir dans le capitalisme avancé. Lutte d’appropriation, lutte pour l’organisation, lutte pour le pouvoir ; cette suite est le produit le plus achevé d’une expérience ininterrompue depuis quinze ans, expérience développée par la classe ouvrière italienne dans son ensemble. Les camarades des BR sont de fait, et entiè­rement, à l’intérieur de cette expérience. Ils ont, même dans des périodes plus obscures, tenu hautement, face à tous les cama­rades, le drapeau de ces communards qui voulaient "prendre d’assaut le ciel". Pour cela, il ne sont pas seulement, pour les camarades de l’autonomie, des frères et des camarades, mais aussi des éléments essentiels d’un processus révolutionnaire global ayant pour but, pas trop éloigné, LE COMMUNISME.

1974-1975 (document ronéoté)

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Notes :

[1Le Movimento Studenstesco (MS) dont l’un des leaders est Capana, était connu à Milan pour la violence de son service d’ordre plus que pour la finesse de ses analyses politiques. Il fut un moment courtisé par le PCI soucieux de se reconstituer une base étudiante. Depuis le compromis historique "rampant" il se rapproche de l’autonomie et de la frange radicale de la gauche extra-parlementaire.

[2La "grille unique" (en italien : l’inquadramento unico) de l’ouvrier aux employés fut la reprise par les syndicats des luttes anti-hiérarchiques de 1969. Les ouvriers avaient voulu la parité de statut entre eux, et les employés (du secteur public), la suppression des catégories, et non pas une juste hiérarchie du ma­noeuvre à l’ingénieur !

[3Piazza Statuto : en été 1962, pendant la première grande grève de masse à la FIAT Mirafiori, le siège du syndicat social-démo­crate, équivalent de FO, fut pris d’assaut et détruit par les jeunes ouvriers immigrés du Sud.

[4Les "foulards rouges" de Mirafiori : les cortèges internes vio­lents qui organisèrent la grève et la paralysie de la FIAT à cette époque, notamment aux presses, portaient des foulards rouges sur le visage pour ne pas être reconnus.

[5Le juge Caselli, l’un des juges d’instruction chargés du procès contre les BR.

[6L’enlèvement de Sossi : les BR enlevèrent, du 18 au 23 mai 74 Mario Sossi, procureur substitut de Gènes, fasciste notoire, arti­san du procès de régime monté contre le groupe du 22 octobre. Les syndicats du mouvement ouvrier officiel iront jusqu’à lan­cer un ordre de grève locale contre l’enlèvement. L’autonomie sera la seule à refuser cette journée d’action nationale contre les "provocations".

[7Mara Cagol, membre du Comité exécutif des BR, tuée froide­ment par les carabiniers le 4 juin 75 au cours d’une perquisition opérée pour retrouver l’industriel Gancia (le fabricant d’apéritifs) enlevé par les BR.




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