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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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La question de la violence, l’État, le mouvement révolutionnaire et l’Union de la gauche
{Camarades}, n°3, Décembre 1976, p. 32-34.
Article mis en ligne le 9 janvier 2014

par ArchivesAutonomies
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Dans la plupart des.articles présentés dans ce numéro, un fil conducteur : la question de la violence. Violence de l’État, contre-violence des prolétaires. Un bilan des deux premiers numéros pour savoir où nous en sommes. Problème d’organisation, problèmes de violence. Pourquoi ?
Pour trois choses : pour mieux définir l’adversaire des luttes, cet État du capitalisme avancé en Europe qui met les bouchées dou­bles. Pour clarifier le débat dans le mouvement révolutionnaire qui joue à cache-cache sur des questions qui peuvent bien lui retomber sur les pieds très prochainement. Pour forger enfin une alternative à l’Union de la Gauche, surtout si elle l’emporte dans un peu moins d’un an et demi.

La violence de l’État

Sur le rôle direct de répression des luttes que joue l’État, il n’y a pas à revenir. Certains témoignages de ce numéro suffisent. Il y a plus inquiétant au moment où la gauche s’apprête à accéder au pouvoir. La transition démocratique s’opérant avec les partis com­munistes, pacifiquement, semble reléguer la dictature du prolétariat, la violence au rang des vieilles lubies. L’État, explique inlassablement la gauche, est devenu une énorme machine économique qu’il ne faut surtout pas "gripper" à moins de catastrophes. A côté, son appa­reil politique, idéologique, autoritaire, peut être brisé, ou aménagé par un programme de démocratie "totale". Pourtant, nous n’y croyons pas.
Tous ceux qui ont l’expérience du fonctionnement des rouages de l’État voient bien qu’il est en train de s’accomplir une série d’opé­rations qui ne rentrent pas du tout dans ce schéma idylique. La cri­minalisation de la lutte de classe s’enrichit tous les jours : procédure de droit commun et déplacement des procès et de l’instruction pour les autonomistes corses, diffusion de la voix du "ravisseur de Gre­noble" selon une bonne technique mise au point en RFA ; plus précis encore est le projet de Convention européenne pour la répres­sion du terrorisme [1]. Sur tous ces aspects, le travail du MAJ (Mou­vement d’Action Judiciaire) [2] forme un bon livre de chevet du mili­tant. Les grandes manœuvres monétaires des organes de pouvoir du capitalisme multinational (FMI, banques centrales) ne laissent guère planer d’ambiguité sur le terrorisme de l’État qui construit les moyens concrets de dicter les politiques d’austérité contre les ouvriers, y compris à un gouvernement à participation communiste rampante, comme le montre l’exemple italien [3]. En face de tout cela, il reste encore énormément à comprendre pour démonter le fonctionnement de la violence d’État aujourd’hui.
Il nous semble que l’une des conséquences essentielles de ces transformations de l’État est de chercher à placer ceux qui luttent devant le dilemne : "l’isolement terroriste extrémiste" ou bien le syndicat assagi (quitte à faire sentir lourdement à ce dernier qu’il doit se conformer à la "légalité"). Mais pourquoi tout ce déploie­ment aussi bien en France qu’en Allemagne où pourtant la situation des patrons est nettement moins difficile, qu’en Espagne, en Italie ou en Angleterre ? Nous avions parlé, dans le N° 2 de Camarades, d’une opération d’anticipation répressive de l’État. Qu’est-ce à dire ? Pour la bourgeoisie, anticiper sur le rapport de classe, ce n’est pas empêcher la lutte d’atteindre certains niveaux de violence : car ces niveaux, y compris de lutte armée contre l’État, existent un peu partout en Europe. Anticiper veut dire ici frapper les niveaux d’orga­nisation politique de tout ce qui a mûri au cours des dernières luttes. Bref, se doter des moyens de contrôler le processus, y compris au niveau institutionnel. Et le cas français est particulièrement impor­tant en Europe : en effet, la Vème République avait incarné le mo­dèle de l’État fort. Et par un retour des choses, la crise de l’État qui touche tous les pays capitalistes développés, a de très fortes chances de prendre en France la forme d’une crise de régime [4].
Deux projets s’offrent à la bourgeoisie : détacher les socia­listes des communistes, allier Giscard à Mitterrand, si la majorité se fait battre. Ou bien intégrer la Gauche, telle quelle (c’est-à-dire avec le PCF), tout en ayant les moyens de lui dicter par un mur de l’argent international (stratégie de dévaluation du franc, condi­tions d’obtention de crédits internationaux), une politique d’austé­rité. Quelles que soient les difficultés, les contradictions internes qui se présentent dans la classe dominante (alliances électorales, difficulté de concilier la pression des rapports de classes à l’échelle internationale avec la dynamique nationale), une chose est sûre : les risques d’instabilité sont trop forts pour que l’État n’essaie pas de se battre sur le terrain de la science politique électorale ; d’où le projet Chirac. Après tout, la meilleure façon d’éviter l’ouverture d’une crise révolutionnaire à l’occasion d’un changement de majo­rité, c’est encore de tenter de battre l’Union de la Gauche. Deu­xième conséquence : toutes les solutions de rechange envisagées par les patrons [5] sans joie, ne peuvent passer sans crise grave que si l’autonomie politique de la classe ouvrière et des prolétaires a été battue préalablement dans ses tentatives d’organisation. C’est à ce niveau-là que l’anti-terrorisme devient une partie intégrante de la stratégie de l’État, y compris en France.
Voilà pourquoi, à notre sens, la question de la violence est aus­si celle du problème de l’organisation de l’autonomie politique du mouvement révolutionnaire.

Le mouvement révolutionnaire et la violence

On dit souvent que la violence révolutionnaire et l’organisation sont nécessaires parce que l’État réprime, qu’il transforme les règles d’exercice de son pouvoir. C’est vrai. Mais ce n’est qu’une partie de la réalité. A trop se fixer uniquement sur le pouvoir d’État cen­tral, on mystifie la violence, l’organisation. On tient alors un dis­cours formel, sans aucun rapport avec la pratique. L’autre aspect de la réalité qui explique pourquoi l’État est ce qu’il devient aujour­d’hui, ce sont les luttes, le contre-pouvoir des masses, ce que nous appelons la composition de classe.
Les nouvelles exigences des exploités c’est de lutter pour vivre, pour conquérir tout de suite un contre-pouvoir pour garantir une vie différente. Et là le problème de la violence est non seulement dans la tête de milliers de révolutionnaires, c’est une réalité qu’il faut dé­couvrir et non pas un projet à l’ordre du jour.
Une réalité à découvrir dans toutes ses implications et les pos­sibilités d’organisation qu’elle recèle. Entre la violence communiste des masses aux discussions autour de l’armée, y a-t-il des liens ? et si oui, lesquels ? Là encore, pour ne pas tomber dans des "petits romans policiers" sans intérêt, il faut partir du mouvement de masse qui recèle, contrairement à ce que disent tous les révisionistes, le plus grand potentiel de violence armée.
Premier problème donc : il faut faire l’inventaire de toutes les forces de "révolte", comme l’appelaient les maos, qui vivent. Il faut voir les degrés d’organisation qu’elles comportent. Du refus de descendre dans la mine au sabotage, de l’absentéisme de masse au cortège dans les ateliers, du chèque sans provision, du vol "éco­nomique" aux casses, du casse à l’expropriation politique, de la squattérisation sauvage aux occupations violentes, des grèves des pri­sons pour les réformes aux représailles exercées sur les matons fas­cistes. C’est dans ce cadre que le débat qui s’est ouvert dans le mou­vement prend tout son sens. La question de la violence posée dans les luttes d’usines (Chausson, Griffet, La Rochelle), dans les manifs (Espagne 1975, étudiants au printemps 1976), dans les mouvements autonomistes (Aléria, Montredon, Bretagne) n’est-elle pas en traiq de tracer une ligne de démarcation ?
C’est là le second problème : toutes les luttes, depuis 1968, nous ont appris au moins une chose : ON NE PEUT PAS SÉPARER LES OBJECTIFS (stratégie communiste) DES MOYENS DE LES FAIRE VIVRE ICI ET MAINTENANT. C’est pourquoi le thème de l’appropriation de son espace, de la ville, de sa vie, de son corps, et l’autogestion des luttes (refus de déléguer, de se faire représenter) a pris tant d’importance. Et pour que ces idées nouvelles puissent vivre et se répandre, le mouvement est confronté aux problèmes d’exercice de la violence. C’est une réalité de masse telle que même la Commission nommée par le gouvernement pour enquêter sur la violence est obligée de conclure que l’exercice de la violence est une forme "normale" de lutte politique quand il n’y a plus de consen­sus [6].
D’autre part, violence et question de l’organisation se trouvent étroitement liées. Tout le monde le reconnaît, même les groupes les plus endurcis ; il n’existe pas encore de réponse satisfaisante au problème de l’organisation révolutionnaire des exploités. Des pro­jets, des esquisses, il y en a ; une réalité capable de battre le réfor­misme, on est encore loin du compte. Or, la question de la violence est la pierre de touche où tous les schémas de centralisation ratés du mouvement se voient immédiatement. La réalité diffuse des vio­lences au pluriel est un défi aux projets "classiques" de centralisation, d’accumulation et de... manipulation. On ne peut pas envisa­ger la question de la violence et d’affrontement contre l’État comme la simple addition de ces mille et une pratiques qui sont ce que le terrorisme d’État essaie de frapper. L’autonomie politique des masses, des ouvriers, des prolétaires ne se manœuvre pas comme un corps de troupe. Laissons cette logique "militaire" et "technique" à l’État et eux fascistes qui en sont les valets. Si sur le terrain de l’organisation "pacifique" du mouvement, certains avatars du léni­nisme peuvent encore avoir une place et pour longtemps (la bour­geoisie sait bien se servir de l’institutionalisation d’un mouvement dans les régies de jeu "démocratique"), sur le front de l’organisa­tion offensive des masses, sur le terrain de la pratique, il y a des choses qui sont irrémédiablement révolues. C’est pourquoi toutes les initiatives réelles, si minimes soient-elles sur un terrain offensif, auront une portée très importante : elle permettront de commencer à apporter une réponse à la question : qu’est-ce qu’une organisation révolutionnaire des masses au sein du capitalisme avancé ?

OUVRIR LE DÉBAT plutôt que de l’étouffer ou le... déformer

La question de la violence est une réalité et un enjeu énorme. Pourtant, toutes les forces "politiques organisées" ont refusé d’aborder le problème autrement qu’à l’intérieur des organisations. Rien n’est sorti de clair de ces débats "confidentiels" sur un secret de "polichinelle". Tout au plus pour expliquer le phénomène quand il prend la forme des manifs Espagne, les trotskystes, après de longues hésitation, ont-ils fini par reconnaftre qu’il y avait un problème "sociologique" de violence des jeunes prolétaires. En quoi ils sont un peu en retard sur les criminologues de la bourgeoi­sie. L’idée c’est toujours celle du PCF ou du PS rénové, qu’il man­que à toute cette impatience un guide, une conscience, etc. Quant aux autocritiques dont le BN de Révolution a fait sa spécialité, elles ne convainquent personne.
Ce silence gêné autour de la question de la violence joue le rôle d’une chappe de plomb. Elle permet l’absence d’un débat po­litique qui est pourtant la seule garantie d’éviter manipulation, pro­vocation. En procédant de la sorte on accepte le chantage de l’État : le militaire devient l’affaire du SO ou de la branche armée. Ce re­foulement va de pair avec l’isolement des "spécialistes" qui sont coupés d’un rapport constant avec le mouvement. Pour donner deux choses : ou bien le renoncement de fait à certains niveaux qui me­nacent de par leur autonomie même, la direction "civile". Ou bien ceux qui ont renoncé à se référer à une organisation de masse et à la construire pour se consacrer à la contre-information, aux quartiers généraux de l’espionnage. Or l’expérience a montré que la répression de l’État vise toujours les bases de masse d’un mouvement d’organisation de la violence. Le silence, la peur de mystifier poli­tiquement les problèmes deviennent des auxiliaires objectifs de l’opération répressive de l’État.
Mais à côté du silence qu’il faut briser, il y a pire : le men­songe par omission, la calomnie. Des communiqués qui ne sont pas passés par la presse révolutionnaire, à ceux qui sont tronqués, montés, comme nous en donnons l’exemple dans ce numéro, mais il y en a mille autres [7].
Ce refus d’aborder le problème ici et maintenant, malgré l’énor­me pression de masse qui se manifeste au sein-même des organisa­tions (et qui va devenir cruciale dans le problème de l’attitude vis-à- vis de l’Union de la Gauche), aboutit à des catastrophes telles l’af­faire Bilsky. Qui n’a pas été frappé en lisant l’interview qu’il avait donné à "Libération", de la responsabilité du mouvement dans son ensemble dans la logique qui l’a conduit à son geste ? D’autre part il existe un décalage permanent entre le niveau internationaliste et le front intérieur. Sur les échéances anti-impérialistes (type Chili, Afrique du Sud, Espagne), il y a bien des "manifs dures". Mais dès que l’on aborde l’impérialisme français (Guadeloupe, Djibouti, et même Liban où la France trempe directement), tout cela s’en­vole. Quand il s’agit des luttes sociales des ouvriers, des habitants des quartiers, on ne parle plus de "violence". Dès qu’on aborde le front intérieur, les vieux arguments qu’on traite de réformistes quand il s’agit du Chili, du Portugal, de l’Espagne reviennent au galop. On oppose violence de masse à violence minoritaire. La première étant renvoyée à la veille du grand soir (et alors dans la pratique elle est renvoyée au lendemain du coup d’état fasciste), ce qui est se boucher les yeux sur la "désobéissance civile", sur la guerre civile larvée actuelle. La seconde est condamnée sans appel, quand on a montré ce qu’il est facile de faire, combien elle est stérile !
Il y a aussi la position un peu plus raffinée de tout un courant qui s’exprime dans certains articles de "Libé". On accepte la vio­lence comme besoin de révolte, mais on reproche au mouvement révolutionnaire radicalisé de ne pas voir où est la véritable radica­lisation des masses. D’accord sur la démarche qui veut éviter le piège du minoritarisme, du ghetto. Mais quand Benoft, par exemple, à propos de l’interview du groupe des Brigades Internationales qui avait exécuté l’attaché militaire espagnol en réponse aux exécutions capitales, renvoie à la violence de masse, il cite LIP, le Larzac. Là nous ne sommes plus du tout d’accord. La lutte des LIP, des paysans du Larzac est une petite partie de la lutte, et ce n’est certainement pas elle qui a montré les niveaux les plus hauts de violence de masse. Le degré de violence, le besoin de violence des masses est lié aux attentats racistes, aux expulsions d’État, au commandement fasciste dans l’usine. Mille excuses, Libé, mais la réalité de lutte qu’ont les ouvriers dans ce cas-là, c’est le FLN algérien, l’ETA basque, le lien incessant entre violence de quartier et violence d’usine, bref des choses mille fois plus avancées que LIP, beaucoup plus nettes à l’égard du syndicat. La violence n’est certainement pas le supplément d’âme à l’Union de la Gauche. Ce n’est pas le moyen de rassembler un peu plus dynamiquement, par des actions specta­culaires et symboliques les ouvriers autour des urnes !

L’Union de la Gauche et la violence

Ce thème apparaft aujourd’hui dans les partis de gauche. Le raidissement de la droite, son refus de l’alternance y est pour quel­que chose. Le projet de regroupement des intégristes, du Centre National des Indépendants avec Marcellin, Royer et les fascistes du PFN met à l’ordre du jour des partis de gauche le thème de l’anti-fascisme, ce qui serait un bon moyen de contrôler une extrême- gauche trop remuante.
La position du PC sur la violence est nette. C’est un refus stra­tégique de cette dimension de la lutte de classes. A qui sert la vio­lence ? aux provocateurs ; gauchistes/Ponia, même combat, etc. Mais il y a aussi le mouvement qui porte le PC à se démarquer plus à gauche au fur et à mesure que le PS se rapproche inexorablement du pouvoir. Et dans son attitude vis-à-vis des conflits, on trouve qu’il a assimilé un renouveau gauchiste. Sur l’usine, contre les opé­rations anti-grèves des milices patronales, il apparaît (Câbles de Lyon, Chausson). Dans les expulsions ou occupations de maisons, il bouge quand sa base le demande (soutien, utilisation des pouvoirs municipaux). Tout cela dans une optique défensive, mais c’est nou­veau. Bien sur, à coté, il essaie d’écraser l’autonomie ouvrière orga­nisée dans les foyers Sonacotra. Sur certains conflits, il y a même soutien à des pratiques illégales de masse (lutte du Parisien Libéré). Les limites précises de cela, c’est qu’il s’agit toujours de la violence comme moyen de pression destiné à faire ouvrir une négociation, et non pas de l’organisation d’un pouvoir, de son auto-gestion. Sur le terrain internationaliste, le changement est énorme par rapport à l’extrême-gauche. Sur l’Afrique du Sud, sur le Liban, c’est-à-dire sur des thèmes anti-impérialistes liés à la lutte intérieure française (nucléaire, fascisme d’État, ventes d’armes). Il y a enfin l’étrange affaire Peiper où se ranime toute une tradition anti-nazie et où le PC tente de retrouver la tradition de la Résistance (clin d’œil aux gaullistes historiques).
Tous ces faits montrent une forte pression que le PCF doit enregistrer et l’embarras où il se trouve d’attaquer l’exercice de la contre-violence de classe, au moins tant que la gauche n’est pas au pouvoir.
La stratégie du PS a changé elle aussi. Il y a deux ans, il était plus perméable à certains courants autonomes (voir la lutte des sans- papiers). Aujourd’hui, il est déjà un parti de gouvernement. Il ne veut pas entendre parler d’autonomie ni de violence. Il faut rempla­cer tout cela par des instances unitaires de bases d’un mouvement d’Union Populaire contrôlé, la pression calme devant suffire à appuyer la victoire. Attali définissait ainsi les deux dangers qui menaceraient la gauche en cas de victoire : 1. la droite réaction­naire (la fascisation, et sur ce thème on lâche du lest au CERES) ;
2. l’aventurisme gauchiste qui voudrait déborder sans tenir compte des limites de la situation internationale, et qui exclut que la France sorte du marché mondial (là on laisse la bride sur le cou au fascisme d’État qui tend à détruire scientifiquement toute organisation autonome des ouvriers). Ainsi, Mitterrand a dissout les instances de la jeunesse du PS en lui refusant toute autonomie. Ainsi le mouvement vers les entreprises a reçu un coup de frein, pour faire place aux né­gociations au sommet avec la CFDT qui pratique une lutte serrée contre la gauche. Enfin dans les instances de quartier, le clivage de légalité devient déterminant. On ne fait rien pour les Sonacotra.
Une alternative à l’Union de la gauche ?
Beaucoup la recherchent. Nous comme les autres. Nous n’avons pas de réponses toutes prêtes. Un premier bilan politique de l’expé­rience de la revue le précise dans ce numéro. Le rôle de la revue est de permettre de poser des questions, d’ouvrir le débat. Bon nombre d’entre nous pensent qu’il faut contribuer pratiquement à un regroupement concret, ce dont nous sommes tous sûrs ; c’est ce qui nous a menés à ouvrir le dossier sur la violence, c’est que cette question devient très importante pour la définition d’un pro­gramme de l’autonomie.


Les notes 8 et 9 figurent à la fin de l’article mais elles ne sont pas signalé dans le texte :
8. Cf. la critique adressée par l’ETA à propos de la différence qui existe entre le niveau de lutte armée sur le terrain anti-impérialiste et les initiatives intérieures. Cf. aussi cette critique de l’IRA (Pro­visoire) dans une interview du Sunday Indépendant le 19/9/76 : "Il est intéressant de constater que beaucoup de libéraux en Irlande et en G.B. soutiennent beaucoup de mouvements de libération. Lorsqu’il s’agit de soutenir un mouvement de libération qui se situe à une centaine de kilomètres d’eux, leur libéralisme et leur radicalité deviennent extrêmement précaires".
9. Cf. le texte de certain squatters luttant contre la rénovation à Belleville. Ces camarades racontent leur expérience et pourquoi ils ont rompu avec l’ACDL. Leur texte a été refusé par Libération parce qu’ils étaient trop "anti-tout".

Notes :

[1Cf. aussi Document du Secours Rouge de l’État suisse de Genève, maillon de la réaction politique en Europe. Pour le texte intégral dont nous citerons des extraits : Combattants anti-impérialistes N° 1, Comité de soutien aux prisonniers politiques de la RAF C/° Les Temps Modernes, 26, rue de Condé 75006 Paris, permanence téléphonique : mardi, jeudi, vendredi 17 h 30 - 20 h. 252.49.62. Saluons au passage cette initiative pour briser le mur du silence, des déformations "naïves ou intéressées".

[2Nous renvoyons à la brochure du MAJ disponible très bientôt, et à Actes numéros 2, 10 et 11.

[3Cf. sur les thèmes des dépenses publiques, l’article de Franco Gori, Primo Maggio n° 7 sur le congrès du PCI sur la question, et voir bien sûr l’article sur l’Angleterre dans ce numéro.

[4Cf. l’article de Chalandon dans le Monde, la "Feuille" notant que la constitution était totalement incapable de résoudre le cas d’un conflit Président de la République/Majorité de la Chambre et proposant une forme présidentielle dotant le Président du droit de véto à l’américaine.

[5Voir le peu d’illusions que se font les patrons sur les chances de la majorité actuelle de gagner les élections de 78.

[6Cf. Rapport commandé à Peyrefitte par le gouvernement (Rap­port du Ministère de l’Intérieur sur la grande criminalité). Cf. aussi sur la criminalité de la drogue. Economy, crises and crime N° 16 United Nations Social Defence Research institute, et Investigating Drug Abuse pub. N° 16, du même centre.

[7Nous n’avons procédé qu’à un seul exemple. Le même travail s’imposerait pour toutes les actions militaires accomplies en France et pour le traitement de l’information qui a été fait.




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