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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Femmes et Autonomie
{Camarades}, n°6, Novembre 1977, p. 16-17.
Article mis en ligne le 2 décembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Cette question a déjà suscité et suscitera, non seulement de nombreux débats mais aussi des incidents, voire même des affrontements. Témoins les manifestations de sexisme qui se sont produites lors
des AG, et des actions récentes de l’Assemblée parisienne des groupes Autonomes.
Mais on ne peut prétendre régler son compte à ce sexisme en taxant définitivement les Autonomes de sexistes, ou en prétendant les "éduquer" et leur donner un vernis de féminisme ; en faisant le tri entre les "brebis galeuses" et les "autres" ....
La question des femmes touche l’ensemble de la société, elle a secoué l’extrême-gauche (dont sont sorties de nombreuses femmes), et ne peut que traverser l’Autonomie.
En ce sens il ne s’agit pas, pour les Autonomes d’avoir "leurs groupes femmes", se sentant ainsi quittes du reste, indifférents à toutes celles qui se regroupent au dehors. Il ne s’agit pas pour eux de se décharger de toute réflexion dont s’occuperaient les "femmes Autonomes". On sait ce qu’a donné cette pratique dans les groupes.
Il s’agit donc d’ouvrir un débat réel, qui ne laisserait pas de côté ces trois exigences :

  • questions suscitées par les femmes à l’intérieur de l’Autonomie,
  • rencontre avec les femmes qui se situent uniquement dans le mouvement des femmes,
  • débat et pratique des hommes entre eux.

    Le texte qui suit est la position actuelle de quelques femmes qui se situent à l’intérieur de l’Autonomie et se sont regroupées suite aux problèmes qui avaient surgi pour elles. Ce n’est donc pas un texte de l’autonomie sur les femmes et inversement. Il amorce un débat vital.

    Des femmes de l’autonomie se sont regroupées. Après cette première réunion nous voulons définir clairement certaines positions.
    Il existe des contradictions à l’intérieur de l’autonomie, telles que le sexisme, les rapports de forces entre tous au niveau du discours. par exemple, etc...
    Le sexisme est inhérent au système capitaliste. Développé par le patriarcat, il est utilisé par le pouvoir. Le patriarcat (contre lequel de nombreuses féministes déclarent lutter) n’est plus une réalité historique et économique. Cela ne veut pas dire que le pouvoir masculin n’existe plus. mais qu’il se pose en d’autres termes. La femme est désormais directement exploitée par l’État. L’homme n’est plus le médiateur absolu du pouvoir qui contrôle directement la famille. Le sexisme permet une exploitation de
    la femme "appropriée". Ainsi dans son travail à l’extérieur du foyer, il existe par exemple :

  • des secteurs spécifiquement féminins où la femme possède alors des qualités "uniques" (dévouement, précision, minutie)
  • une féminisation de certains secteurs d’usines, parce qu’elles sont reconnues comme plus aptes à supporter les cadences, la monotonie...

    Il reste évident que l’exploitation ménagère au sein de la famille demeure.
    Une autre forme de sexisme est l’entretien par la pub et les médias de l’image féminine. Émancipée, elle participe directement à la production. Sensuelle elle est objet de consommation sexuelle, etc... Ces stéréotypes passent dans tous les milieux et même (mais oui) dans les milieux militants et sont entretenus par les deux sexes. Ils ont été dénoncés de nombreuses fois : il ne s’agit plus de constater les manifestations sexistes et d’y réagir de manière agressive et individuelle. Nous les refusons, mais pour l’instant un débat sur ce thème nous semble vain.
    Nous ne voulons pas créer "l’autonomie femmes" dans le sens division du mouvement en deux camps hommes/femmes. Nous avons notre place dans le mouvement et nous nous regroupons pour créer des moments de lutte qui nous sont spécifiques, moments qui ne seront pas forcément des terrains tels que la contraception ou l’aménagement de la vie quotidienne que les femmes s’approprient, s’enfermant elles-mêmes dans un ghetto. Nous n‘avons pas l’intention de créer un contre-pouvoir féminin mais de nous donner les moyens d‘aborder les problèmes au niveau politique et de créer un rapport de force permettant une intervention réelle et efficace, en tant que femmes ayant un désir de lutte, une pratique politique, une capacité de violence. Ces regroupements seront des moments non-mixtes ce qui n’exclut pas l’ouverture de certains débats. Cette discrimination qu’est le sexisme est un frein dans notre lutte donc dans le mouvement.




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