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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Anti-impérialisme et immigration
{Camarades}, n°6, Novembre 1977, p. 18.
Article mis en ligne le 2 décembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Il y a en France quatre millions de travailleurs immigrés, produits directs de l’impérialisme, du colonialisme que perpétue l’État français du fascisme qu’il entretient, pour assurer sa "paix civile" intérieure.
C’est tout un peuple que le pouvoir français maintient en camp de concentration, de tortures et de misère. Et là encore que dit, qu‘engage l’extrême-gauche "respectable"" et "reconnue" ?
Hors bien sûr sa traditionnelle dénonciation. Condamnation morale et humaniste, n’allant jamais au-delà des mots.
La Gauche prolétarienne avait proposé un certain nombre d’idées et de schémas d’autonomie. Que ce soient les comités "vérité-justice", les comités de lutte d’ateliers, les tribunaux populaires, etc., même s’ils n’ont jamais vraiment pris corps, c’étaient les premières idées d’autonomie. Mais cela n’a pas fait changer sur le terrain le militantisme impérialiste qu’on dénonce.
Sur la Palestine en dehors d’un vague soutien critique, elle n’a jamais engagé de lutte véritable, il y a eu refus constant d’un combat anti-sioniste. Et face à la lutte des travailleurs immigrés ? La Cause du Peuple ne s’est pas vraiment donné les moyens de mener un combat de révolutionnaires français, capable d’aider l’autonomie immigrée dans son développement et son affirmation. Aucun projet politique n’a tenu compte des enjeux fondamentaux que l’autonomie immigrée développait dans le
processus révolutionnaire français. C’est pour cela que le soutien n’a pas été au-delà d’un appui sporadique aux luttes des sans-papiers.
L’extrême-gauche comme n‘importe quel libéralisme n’est pas sortie du terrain de la défense de l’immigré. "C‘est un homme. ce n’est pas un chien, soyez plus cléments messieurs des ministères."
"Restons entre Français, nous voulons prendre le pouvoir, pour mettre le nôtre à la place, vous ne faites pas partie du projet, travailleurs immigrés, nous pouvons défendre partiellement vos droits, mais ils ne font pas partie de nos intérêts, d’électoralistes et de politiciens. Et le dit "mouvement révolutionnaire" "français", a maintenu les séparations, sous le couvert du respect des différences. Il a creusé le fossé des ségrégations. "Sonacotra vaincra" ! Un slogan ? Non. une lutte, une leçon ! Alors emparons-nous en, généralisons. battons-nous pour qu’en France plus personne ne paie ni loyers, ni gaz. ni électricité, reprenons-le dans notre programme, messieurs les dirigeants d’extrême-gauche, ne le soutenons pas seulement d’un coup de colonne dans nos journaux, comme le fait sympathique de quelques squatters-barjos.
On a dit aux immigrés si vous voulez être autonomes, soyez indépendants, c’est-à-dire on vous exclut du champ de la révolution qui se fait chez nous. Cela s’appelle de l’impérialisme, et cela mène inéluctablement à la disparition ou à la fossilisation.
Il y a des erreurs dont on ne se remet pas, car en elles-mêmes elles traduisent toute l’incompétence révolutionnaire d’un mouvement. Et là, on retrouve toute l’extrême-
gauche qui n’a, hors du larmoiement paternaliste, brillé que par son absence dans tout soutien pratique face aux expulsions, à la surexploitation du prolétariat immigré, aux
assassinats racistes (qui n’étaient pas reconnus pour ce qu‘ils étaient, des crimes d’État ! Cela ne faisait peut-être pas partie du programme d’émancipation).
L’extrême-gauche crève d’avoir soutenu la veuve et l’orphelin, d’avoir gueulé que le fascisme ne passerait pas du haut de ses meetings, d’avoir affirmé qu’elle ne lais-
serait pas faire l’État, bloquée dans le confort de sa légalité réformiste, incapable de dépasser une contestation électoraliste même quand elle s’en défend.
L’extrême-gauche est impérialiste parce qu’elle se contente de dénoncer le pouvoir en se dispensant de tout exercice pour le détruire. Pourquoi ? Parce que son but c’est de le prendre à son compte le pouvoir, placer ses ministres, imposer son espace. Se foutant pas mal de savoir ce que c’est que la révolution, la lutte pour un autre monde, pour une autre existence, un autre espace ; la révolution pour elle c’est placer ses billes et ses schémas et dedans l‘immigration est de trop.




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