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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Appel des prisonniers politiques
{Camarades}, n°6, Novembre 1977, p. 18-19.
Article mis en ligne le 2 décembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Des révolutionnaires sont actuellement emprisonnés parce qu’ils soutiennent des méthodes d’intervention politiques radicales.
La volonté de changements réels se heurte à la domination totalitaire des institutions bourgeoises qui règnent grâce aux lois (entre autres instruments de pouvoir) nous nous battons contre les lois qui oppriment les travailleurs. nous avons choisi la lutte armée.
Si nous combattons l’État et toutes les institutions qui nous oppriment (patrons, police, armée, justice, politiciens...) c’est en refusant de reproduire ce que nous condamnons. Nous recherchons une véritable autonomie populaire, le pouvoir direct et réel de chacun. Par conséquent nous sommes des groupes autonomes ayant chacun ses propres particularités de composition politique, idéologique, sociale, ses propres fronts d’intervention.
Si des révolutionnaires sont en prison c’est que le pouvoir a eu peur d’un mouvement populaire qui commence à prendre lui-même en main ses propres affaires, cela au mépris des lois faites par et pour la bourgeoisie, il s’aperçoit que l’action directe est à l‘ordre du jour, que le peuple perd sa confiance dans les politicards professionnels. dans la délégation de pouvoir.
Le pouvoir cherche donc à nous briser, à nous enterrer en prison. à "criminaliser" nos actions de la même façon qu’étaient traités de voyous les premiers résistants.
Si les autres détenus, nos camarades qualifiés de "droits communs" sont aussi en prison, c’est parce que certains d‘entre eux remettent en cause le pouvoir de la bourgeoisie, basé sur l’exploitation de l’homme par l’homme, la misère de beaucoup pour la richesse de très peu, l’appel à une consommation effrénée, l’aliénation de l’individu par le travail, l‘injustice permanente planifiée et organisée par une parodie de "justice".
Pour l’ensemble des prisonniers,la prison a le même but : nous apprendre à supporter, à subir, à ne pas attaquer la réalité, à ne pas prendre en main notre présent et notre avenir, à ne pas comprendre notre passé. Pour cela la prison doit briser l’individu et sa soif de justice et de liberté. Le moyen utilisé est l’isolement, la privation de toute vie sociale véritable, on veut nous réduire à une vie végétative d’où soir exclue toute réflexion collective.
Nous revendiquons donc la destruction des prisons, symboles de l’oppression capitaliste et étatique. Dans l’immédiat nous exigeons que la prison reconnais se son intégration dans une société dont elle est le produit et la caricature. Par conséquent détenus de "droit commun" et "politiques" nous exigeons la stricte application dans les prisons françaises des résolutions internationales concernant la société en général. Nous exigeons en particulier le respect des droits de l’homme et des accords d’Helsinki sur la libre circulation des idées. Nous exigeons le droit à une vie politique, nous refusons à la bourgeoisie de définir ce qui est et ce qui n’est pas politique.
Nous exigeons le droit de rencontrer qui nous voulons, de recevoir, d’échanger, de faire circuler librement nos idées et opinions quelles qu’elles soient. Nos revendications sont donc les suivantes :

  • Regroupement des détenus révolutionnaires, réunions dans les mêmes cellules en fonction des demandes de chacun,
  • Droit pour tous les détenus d’être réunis suivant leurs affinités.
  • Droit de se réunir collectivement plusieurs heures par jour sans distinction d’appartenance politique et pour tous les détenus
  • Abolition de toute censure sur les publications. Libre entrée du "CAP" ainsi que de tout tract et autre publication. Libre échange de ces publications
  • Droit automatique aux parloirs libres.
  • Abolition des juridictions spécifiques aux prisons (prétoires)
  • Abolition des sanctions disciplinaires (mitard).

    Il est évident que les révolutionnaires emprisonnés ne considèrent pas ces revendications comme limitatives et proclament leur totale solidarité avec les luttes présentes et à venir de l’ensemble des détenus.
    Texte rédigé par : Jean-Paul Gérard, Michel Lapeyre, Frédéric Oriach, avec le soutien des autres détenus politiques.




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