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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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K.H. Roth, R. Otto : le procès
{Camarades}, n°4/5, Juin 1977, p.4-5.
Article mis en ligne le 18 janvier 2014
dernière modification le 17 janvier 2014

par ArchivesAutonomies
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Aujourd’hui le procès est en cours. Il a débuté à Cologne devant la 11e cham­bre criminelle au mois de janvier. La dé­fense est assurée par Mes Hannover, Golzem et Zimmermann. Le diagnostic sur l’état de santé de K-H Roth a donné lieu à des manipulations par l’accusation et par le juge Draber, Roth a tenu a assister à son procès, mais il le fait dans des conditions particulièrement pénibles pour lui. Il est transporté plusieurs fois par semaine du lieu de sa détention (Bochum) au lieu de jugement, il est fati­gue et il souffre de crampes intestinales. En plusieurs occasions, il a dénoncé devant la cour les mauvais traitements qu’il a subis.
Il a d’autre part rendu publique une lettre qu’il a adressée au professeur Tiedje de Hambourg dans laquelle il lui expose très précisément son état de san­té, le retard avec lequel les autorités mé­dicales des différentes prisons ont traité ses blessures au ventre, tes maladies qui en ont suivi, les erreurs de diagnostic des médecins qu’il avait déjà décelées. Ces actes qui représentent des cas fla­grants de non-assistance à personne en danger de mort sont liées à d’autres me­sures qui sont elles en contradiction avec tes droits attribues aux prévenus : com­me celui de pouvoir choisir son méde­cin traitant en la personne du professeur Beck, gastroentérologue réputé, choix qui ne fut pas agrée par les autorités cliniques et pénitentiaires. Il s’est éle­vé lors de la première séance de procès contre les conditions qui lui étaient faites lors de ses déplacements vers le lieu du jugement : balloté. meurtri par les trépidations du car de transport sur les pavés, atteint de crampes violentes, touché dans son équilibre physique, con­tinuellement attaché à sa civière, ne pou­vant pas bouger et recrocqucviilé sur lui-même, il n’était pas en mesure de suivre tous les travaux. Aussi la seconde séance fut-elle reportée dix jours plus lard.
Lors de celte séance, il put lire, ainsi que Roland Otto, son autobiographie.
Karl-Heinz décrivit son itinéraire poli­tique aussi bien que les étapes de sa vie scolaire, puis universitaire, et sa vie af­fective. Il a voulu montrer qu’en toute occasion il y a une possibilité de faire quel­que chose face à l’emprise du système en établissant de nouveaux rapports entre les gens. Ces rapports permettaient en­suite quelques fois de miner les insti­tutions (ainsi de combattre le rapport hiérarchique du médecin-chef avec les employés et les infirmiers).
Otto quant à lui, s’applique à dénon­cer la technique d’assimilation de tout gauchiste à un terroriste, qui tend par là-même à le déclarer coupable a priori. Il déclare ne pas se faire d’illusion sur la possibilité pour les avocats de le défen­dre efficacement. Il dénonce ce procès comme n’étant pas fait selon des métho­des habituelles. Il dénonce la campagne d’accusation peremptoires des enquê­teurs et de la justice, l’utilisation de mé­thodes falsifiant l’information.
Aujourd’hui la justice lui reproche de s’ëtre dérobé à une réintégration obliga­toire à la suite d’une permission de sor­tie obtenue grâce à une disposition judi­ciaire. Il décida son "évasion" en com­pagnie de son amie et s’engage alors dans la clandestinité : "Gertraud (son amie) et moi voyaient l’unique possibilité de maintenir nos liens et de rester des êtres humains dans une légalité illégale com­mune, de vivre et de travailler sous d’autres noms et de nous engager sous d’autres noms en tant que gauchistes."
Le procès durera plus longtemps que prévu. Sa fin était prévue pour la fin mars mais seules quelques auditions ont été réalisée. D’autre part la défense attaque tous les vices de forme, relève les illégalités commises tant par la justice lors de l’instruction que par les autorités pénitentiaires. Lors de la détention, que par la direction de la police pour accor­der les témoignages de policiers. Ainsi dans ce dernier cas, la défense demande que les documents qui attestent cette manœuvre soient portés au dossier, Pen­dant tout le procès, le travail de la dé­fense a été rendu très difficile : elle n’a pas pu disposer de tout le matériel au débul du procès.
Dans ces conditions particulièrement ingrates il n’est pas trop tard pour rendre public ces faits et pour exprimer notre solidarité militante avec les inculpés. Un collectif qui a pris en charge ce travail et a constitué un dossier comprenant certains documents du procès (compte-ren­du d’audiences), les autobiographies de Roth et de Otto et un article paru ré­cemment dans "Libération". Ce dossier est destiné à toucher des personnalités et les organes de presse pour qu’elles in­forment l’opinion publique française de ce qui se passe à Cologne. D’autre part il sert de documentation à une cam­pagne de signatures de l’appel suivant.


Appel

Depuis le mois de janvier 1977 se déroule le procès de Karl-Heinz Roth et de Roland Otto. Accusés de meurtre et de tentative de meurtre sur la personne de policiers Ion d’un contrôle de routine en mai 1975 à Cologne, tant l’attitude de la justice avant que maintenant, que celles des autorités policieres et pénitencières ont été proprement scandaleuses. Les mauvais traitements et la non-assistance à personne en danger pratiqués contre KarHIemz Roth, la tournure que prend le procès aujourd’hui éclairent les tendances récentes de la justice allemande.
Nous pensons que l’opinion française et internationale doivent exprimer leur solidarité avec Roth et Otto. Il est plus que temps pour informer te plus possible pour que Roth et Otto obtiennent justice et que Kari-Heinz soit sauvé. Nous devons ainsi marquer un coup d’arrêt au "mo­dèle Allemagne" déjà tristement célèbre par ses interdic­tions professionnelles, ses conditions de détention et ses lois sur ia censure, afin qu’il ne devienne pas un modèle Europe. Ainsi nous nous élevons contre la convention "anti-terro­riste" de Strasbourg qui nous indique la dimension de l’enjeu.
Nous exigeons l’acquittement de Roland et de Karl-Heinz ainsi que la mise en liberté immédiate de Karl-Heinz pour son état de santé.




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