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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Motion de l’assemblée nationale du mouvement 27/77 à Rome
{Camarades}, n°4/5, Juin 1977, p.
Article mis en ligne le 18 janvier 2014

par ArchivesAutonomies
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Motion approuvée a une grande minorité, quasi à l’unanimi­té, par l’assemblée nationale du mouvement de lutte déve­loppé dans l’université, le 26/27février 1977 (Rome).
Camarades, l’assemblée s’engage à diffuser généralement le débat apparu lors de cas derniers fouis de travail : dans l’université, les écoles, les quartiers, les urines. Elle rappelle dans les points ci-dessous son propre programme immédiat :

1) L’assemblée souligne le caractère prolétaire du mouvement de lutte développé dans l’université ces dernières se­maines. Les protagonistes de ces luttes sont les chômeurs-prolétaires. les sous-salariés, les étudiants, les travailleurs précaires intellectuels, les femmes, les super-exploités du travail précaire et marginal.
2) L’assemblée revendique l’antirascisme militant de Piazza Independenza [1], se mobilise et se bat pour la liber­té des camarades Daddo et Paolo : pour la liberté des cama­rades D’Arcangelo, Panzieri, Loicano ; pour la liberté de tous les militants communistes, de tous les combattants révolutionnaires prisonniers de l’ennemi de classe. Le mou­vement se mobilise et se bat pour la réembauche immédiate à leur propre poste de lutte de toutes les avant-gardes frap­pées par les licenciements politiques.
3) L’assemblée dénonce l’intervention de Lama [2] à l’université, en souligne le caractère corporatif, la tentative de division du mouvement prolétaire, le rapport organique avec l’intervention de la police et les lois spéciales du minis­tre de l’Intérieur Cossiga.
4) L’assemblée se mobilise immédiatement pour que les comités de lutte, les organismes politiques de base, les avant gardes autonomes dans Les usines, dans les quartiers. Les écoles et l’université relancent dans l’immédiat la lutte sur le salaire et le revenu, pour la réduction de l’horaire de travail, contre la restructuration et la chantage à l’em­ploi. contre la politique des sacrifices (un cas exemplaire est le cadeau lait aux patrons de sept jours de fêtes travaillés, qui équivalent à des milliers de postes de travail en moins), contre le travail au noir et l’exploitation dans les usines et les quartiers.
5) Le débat entre prolétaires-ouvriers, étudiants, chô­meurs. femmes-prolétaires, travailleurs en général doit se dérouler dans les assemblées d’usines, d’ateliers, de quar­tiers. Il n’est plus temps aujourd’hui de médiations entre des représentants. Les assemblées sont aujourd’hui l’in­stance centrale du mouvement.
Par rapport à la proposition de participation à l’Assem­blée des délégués de la métallurgie, l’assemblée nationale du mouvement de lutte suggère à la FLM [3] la contre-pro­position d’ouvrir au mouvement, au début entre les situa­tions de lutte, les assemblées d’usine et d’atelier.
"La délégation de masse" à Florence est lié par quel­ques discriminantes :

  • nous disons non à la tentative de discriminer à l’inté­rieur du mouvement une partie "violente et intimidatrice" et une partie qui serait disposée à l’ouverture et au débat ;
  • nous disons non à la tentative de réintroduire dans le mouvement des organisations des jeunes communistes italiens - étrangères ou opposées au développement du mouvement ;
  • le jugement que le mouvement a porté sur les faits de Rome est extrêmement clair : la provocation est partie du service d’ordre du PCI déguisé en service d’ordre du syndi­cat, chose révélée par de nombreux conseils d’usines pré­sents lors de ta manifestation. C’est Lama qui s’est opposé à l’autonomie du mouvement. La juste réponse à cette provocation a été le fait de tout le mouvement et non d’une frange de celui-ci.

    La délégation de masse à Florence est liée par l’obliga­tion d’exprimer le programme immédiat du mouvement :

  • réduction de l’horaire de travail et défense du revenu prolétaire ;
  • contré le décret Stammati [4] ;
  • contre le plan de pré-adaptation au travail ;
  • contre la politique des sacrifices portée en avant par le gouvernement de l’abstention.
  • Le mouvement confirme son rapport privilégié avec les avant-gardes autonomes dans les usines, avec la nouvelle opposition ouvrière.

    L’assemblée s’engage :

  • à organiser dans toutes les universités une journée de lut­te contre la réforme Malfatti et le projet de réforme du PCI ;
  • à soutenir la manifestation urbaine du mouvement flo­rentin prévue pour le 7 mars ;
  • à organiser le 12 mars à Rome une grande manifestation nationale de lutte contre l’attaque au revenu prolétaire et à l’emploi, contre le régime de travail salarié, pour la reprise des luttes ouvrières et l’organisation autonome des ouvriers, des étudiants, des chômeurs et de tous les exploités.
Notes :

[1Piazza Independenza : lors d’une manifestation à Rome, à la suite de l’attaque par l’organisation des jeunes fascistes (FUAN) de la fac de lettres, de violents incidents ont lieu, un flic en civil est tué, plusieurs camarades du mouvement grièvement blessés.

[2Lama : leader de la CGIL (la CCT italienne) chassé de l’université de Rome par les étudiants.

[3FLM : Fédération des travailleurs de la métallurgie, organisatrice d’un débat à Florence pour reprendre contact avec les étudiants après les incidents de Rome.

[4Décret Stammati : décret instaurant une sélection fé­roce dans les fac et qui a mis le feu aux poudres.




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