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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Mouvement nucléaire et autonomie
Article mis en ligne le 16 mai 2014
dernière modification le 18 décembre 2013

par ArchivesAutonomies
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"quoi qu’il en soit, le nucléaire n’est qu’un des aspects le plus apparent de l’exploitation généralisée du capitalisme qui ne peut être mis en échec que par l’auto-organisation des individus et par la prise en mains de tous les aspects de notre vie quotidienne".

Communiqué de C.A.R.L.O.S. 2/3/77

"cinq mois après Malville et deux mois avant les élections le mouvement anti-nucléaire (écologique, etc.) se trouve à un tournant décisif. Alors que les leçons de Malville n’ont pas été totalement été tirées, certains veulent l’entraîner sur le terrain électoral". Pourquoi la lutte contre le nucléaire ?

Pourquoi la lutte contre le nucléaire ?

Tous les pays capitalistes développés de l’ouest comme de l’est ont dû adopter le nucléaire ce qui à priori n’est pas un choix idéologique mais une nécessité économique imposée par le niveau de développement technologique des forces productives. Si la plupart de ces pays ont arrêté le programme des surgénérateurs ce n’est pas pour des raisons morales mais celles purement techniques de sécurité. La France prend un grand risque en étant la seule à le garder, mais ce risque ne concerne que la population et là comme ailleurs le capital ne se soucie peu ou prou des conséquences sur l’écosystème.
Le gouvernement a fait le choix "irréversible" du tout nucléaire en 74, sous prétexte de la "crise du pétrole", mais ce choix découle logiquement de la rentabilisation de l’appareil productif du nucléaire militaire. Pour la petite histoire le programme nucléaire date de 1945 lors de la création de la CEA par un gouvernement composé de communistes, socialistes et gaullistes ! En 1952, le premier plan quinquenal décide la création du centre nucléaire de Marcoule pour la production de plutonium en vue de la fabrication de bombes A. En 56 le gouvernement français participe à la création de l’EURATOM.
Ce sont donc des gouvernements "socialistes" qui ont mis en place le programme nucléaire. Alors comment leur faire confiance aujourd’hui ? Ce programme fut mis en place sous l’égide de l’EDF, soi-disant service public alors qu’elle travaille directement pour le programme nucléaire, ce qui entraine déjà une militarisation de certains secteurs de l’EDF (voir les ordonnances du 7 janvier 59). Le programme des surgénérateurs entraine un accroissement de la production du plutonium, le transu-ranien le plus dangereux (0,7 microgrammes sont mortels). Le développement du programme nucléaire entraine de façon inéluctable des changements politicosociaux importants : renforcement du entralisme, du pouvoir, de la techno-bureaucratie, du pouvoir policier et la militarisation croissante de la société.

Pourquoi produire plus d’électricité ?

Le développement technologique du capital entraine le remplacement de la force de travail humaine par : le machinisme ; l’automatisme ; l’informatique et la cybernétique dont l’énergie principale est l’électricité. Cette technologie n’a pas pour but, dans le cadre du capitalisme de libérer l’homme des travaux pénibles mais d’éliminer de plus en plus la force de travail humaine dont le coût de production est de plus en plus élevé. La recherche de profits nouveaux entraine la production de marchandises nouvelles rapidement renouvellables : gadgets, etc... La conccurence nécessite des investissments énormes dans la publicité, la présentation (emballages perdus etc...).
Les énergies et leurs technologies sont ainsi déterminées par le niveau de développernent des forces productives : l’électricité est née avec le capitalisme au XXème siècle : énergie thermique (bois, charbon), hydraulique, le pétrole et enfin le nucléaire.
Opposer des énergies nouvells comme alternative au nuclaéaire c’est faire abstraction des forces dominantes qui "créent" des technologies nécessaires à leur domination. De nouvelles technologies énergétiques déterminent un nouveau modèle de société qui remet totalement en cause la société et même la civilisation. Le développement du nucléaire entraine une coopération mondiale entre tous les pays développés sur le dos des pays du "tiers-monde" fournisseurs d’uranium à bas prix comme pour le pétrole à l’origine, ainsi la France s’approvisionne principalement au Gabon (prix de revient de l’oxide d’U. à vingt dollars le kg au lieu de cent en France) Elle fait traiter son uranium aussi bien aux USA qu’en URSS, participe à l’eurODIF (France, Belgique, Italie, Espagne, et Iran), le programme nucléaire "français" dépend aussi de l’Allemagne, le Japon, le Canada, la Suède, etc.. L’internationale nucléaire, civile et militaire n’est que l’aspect le plus spectaculaire de la domination mondiale de la techno-bureaucratie.

Pourquoi Lutter ?

Tout le processus du nucléaire représente des dangers, la plupart irréversibles, le plus important étant la radio-activité surtout à long terme :
- des mines d’uranium : destruction de l’environnement ; dégagement de gaz radio-actifs, de radon (cancers du poumon pour les mineurs ) traitements chimiques du minerai donc rejet de gaz nitreux et sulfureux ; pollution des sols et de l’eau...
- raffinage du minerai, traitement chimique avec acide f luorhidrique, pollution, perte par transport etc..
- enrichissement du minerai par acide, risque de fuite d’hexaf lurorée d’uranium, comme à Pierrelatte, etc..
- les centrales sont le danger potentiel le plus important, surtout en ce qui concerne les surgénérateurs : risque d’excursion nucléaire, emballement et explosion, risque d’explosion par le mélange de sodium et eau ; pollution thermique de l’eau et destruction de l’aqua-système (éco-système aquatique), rejet d’eau tritiée (radioactive) etc..
- le transport et le traitement des déchets représentent de nouveaux dangers : la capacité de retraitement des combustibles irradiés étant insuffisante, le stockage s’amplifie dans les centrales où les deux seuls centres de retraitement de La Hague et Marcoule, avec rejet de gaz toxique et radio actif, etc..
- le stockage des déchets entraine le rejet d’effluents radio actif, la pollution de la mer, des nappes phréatiques, etc..
Et pour couronner le tout : la prolifération de l’arme nucléaire et des explosions avec tous les risques de contamination.
A court terme le nucléaire représente un danger impor tant pour tous les travailleurs : du CEA, de l’industrie nucléaire et de l’EDF ; à moyen terme pour tous ceux qui "vivent" prés des centrales, des mines et des usines et pour nous tous à long terme par la destruction des éco système. C’est pourquoi nous devons tous nous considérer en état de légitime défense contre cette nouvelle terreur d’Etat.

Comment lutter ?

A priori il n’y a pas de formule magique, c’est l’expérience collective qui nous montre les meilleurs moyens de lutte. Si les dangers du nucléaire sont parfois irréversibles notre lutte doit être efficace à très court terme pour stopper le programme avant 1980. On nous reprochera de ne pas utiliser les moyens légaux de la démocratie, mais comment y croire quand l’EDF elle-même ne respecte pas sa propre légalité ; quand les élections sont là pour entretenir la passivité et les illusions des masses. Jusqu’ici le Pouvoir a très peu reculé, il retarde certains projets ou réalisations en cours devant l’action directe des masses et des populations concernées, comme au Péllerin, les manifestations internationales comme à Malville et les multiples actes de sabotage. Si les travailleurs sont à priori les plus concernés à court terme, les syndicats ne sont pas très actifs dans la lutte, excepté pour quelques sections de la CFDT (Saclay, Marcoule et la Hague), cela tient à la nature même des syndicats : ne rien remettre radicalement en cause mais aménager la place du prolétariat au sein du capital. L’opposition politique traditionnelle, de la gauche au gauchisme ne s’intéressent que de façon opportuniste à la lutte antinucléaire dans un but souvent électoral. La lutte anti-nucléaire est menée principalement par une large fraction de la jeunesse qui refuse cette poltitique traditionnelle et aspire à un autre mode de vie pour une autre société. Notre action doit s’amplifier en se tournant de plus en plus vers les travailleurs, chose difficile quand on refuse la démagogie, et nous devons nous liei plus directement avec les populations concernées. La lutte anti-nucléaire doit renforcer son caractère antiautoritaire et anti-capitaliste, développer la démocratie directe à la base pour s’orienter vers l’action directe et le désobéissance civile pour devenir une nouvelle force au sein du nouveau mouvement révolutionnaire autonome.




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