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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Denain, Longwy nous montrent le chemin
Supplément à {Front Libertaire des Lutte de classe}, n°107, 24 Mars 1979, p. 1.
Article mis en ligne le 18 décembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Après les émeutes de Denain du 8 mars, la CGT croyait pouvoir redorer son blason en promenant les sidérurgistes dans une manif traine-savate à Paris. Mais à Paris aussi dans la journée du 23 mars la manif à tourné à l’émeute.
Si ce journal porte le titre : "Denain Longwy nous montrent le chemin", c’est parce qu’il fut le cri de ralliement des émeutiers du 23 mars et de leurs nombreux sympathisants.
Nous avons décidés la sortie de ce journal pour contrebalancer la campagne à la fois grotesque et hystérique que mènent main dans la main le pouvoir, la grande presse (à l’exception de Libération), mais aussi tous les syndicats, les partis de gauche et les organisations d’extrême gauche. Tous n’ont voulu voir dans les affrontements du vendredi 23 que le fait de 100 ou 200 casseurs autonomes qui seraient venus là uniquement pour piller les magasins et qui pour l’opposition auraient en plus été manipulés par les flics pour faire le jeu du pouvoir. Soyons sérieux : 116 flics casqués, bottés et armés ont été blessés ; cela ne s’est jamais vu depuis 68 à Paris, de deux choses l’une : soit ces autonomes sont des "supemen" invincibles, soit plus probablement tous ces gens là vous mentent.
Nous avons été tout du long de ces évènements du 23 mars, présents, donc témoins. C’est pourquoi nous voulons donner l’autre version des faits. Il nous semble en effet indispensable de permettre à tout le mouvement en lutte qui se développe actuellement en Frace (de Denain à Marseille, de Longwy à Nantes, mais aussi à Paris, des aciéries aux lycées, des assurances aux chômeurs, des radios libres aux basistes syndicaux) d’être contre informé sur ces évènements du 23. Nous connaissons actuellement dans tout le pays, face à l’offensive patronale, un réveil des luttes qui provoque un niveau de tension sociale rarement atteint. Quand ouvriers tirent sur des flics comme à Denain, quand la colère se manifeste dans des dizaines de villes par des affrontements violents avec les mercenaires du pouvoir, quand les organisations traditionnelles sont débordées un peu partout, il est temps pour les révolutionnaires d’être présents dans ce mouvement, d’aider à la prise de conscience de l’unité réelle, quoique difficile, qui existe entre toutes ces luttes éparpillées. Ils cherchent à monter en épingle ce sur quoi il peut y avoir incompréhension comme le cassage de vitrines. Nous devons parvenir à nous expliquer entre nous, les uns et les autres, sans nous laisser influencer par le bourrage de crâne. Quand les partis ne sont plus crédibles et que les syndicats ne maintiennent leur pouvoir que grâce à la division des luttes, il faut être capable de combattre pour l’expression, la confrontation et l’unification de ces luttes, directement entre elles.
Le vendredi 23, un début d’unité s’est fait sur le terrain, c’est de cela que le pouvoir a peur, c’est pour cela que la gauche bien rangée hurle avec les loups en appelant à la répression, en qualifiant ces trublions de néofascistes (SARRE du PS), en cherchant à masquer la réalité par le vieux truc de la provocation policière. Qu’on se rappelle comment la CGT et le PC qualifiait les barricadiers de 68 d’agents de la CIA, comment Séguy parlait des gauchistes Marcellin. Le 23 nous étions quelques milliers à nous battre mais beaucoup d’autres milliers étaient là en spectateurs, sympathisants mais aussi acteurs, en nous appuyant par la masse. Hésitations, craintes ou manque de moyens de défense, peu importe il étaient là.

OSONS LUTTER, OSONS VAINCRE.
Organisation Communiste Libertaire.
Région Parisienne.




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