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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Autonomie ? Non merci !
{Le Monde Libertaire}, 4 octobre 1979, p. 9.
Article mis en ligne le 18 décembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Sur un mur du 19e arrondissement de Paris, une inscription s’offre en permanence aux regards des passants : "St-Lazare pas seuls".
Oui, rappelez-vous, c’était il y a quelques mois : des "autonomes", dépassant - selon eux ! - le réformisme des partis et des syndicats et la "sclérose" des organisations révolutionnaires, brisaient plusieurs vitrines du quartier St-Lazare à Paris, pour affirmaient-ils alors, "lutter contre la hausse des prix". À la suite de cette opération, quatre membres du "commando" se faisaient prendre et, après un jugement expéditif, se voyaient condamner à des lourdes peines de prison. Depuis, comme d’autres, ils attendent que le temps passé, méditant sans doute sur l’efficacité de leur action...
Il est bien sûr inutile de rappeler ici l’ennui, l’abattement moral et autres choses du même ordre qu’entraîne tout séjour en prison. Seule maigre consolation, on se dit tout de même que dans le domaine politique, le prisonnier échappe à l’oubli grâce à la solidarité que ne manquent jamais de lui témoigner ses camarades d’idées.
L’un des squats de St-Lazare, celui qu’on a présenté, à la suite du procès, comme le plus politisé, Patrick Pennognon, végétait il y a quelques temps encore à la prison de la Santé à Paris. C’est là qu’avant d’être transféré à Rouen, certains des inculpés du 23 mars ont pu le voir et mesurer combien la solidarité n’était pas un vain mot dans ce milieu "autonome" qui, si on l’en croit, est le seul à n’être pas atteint par la pourriture ambiante. Et c’est là que cette inscription s’étalant sur un mur de Paris - "St-Lazare pas seuls" - prend toute sa saveur. Sans doute l’auteur du "bombage" a-t-il voulu signifier par là que les quatre de St-Lazare partageaient leurs cellules avec d’autres prisonniers ! Car on voit mal, en effet, ce que cela peut bien vouloir dire d’autre, sachant que ceux-ci è du moins Pennognon, mais il n’y a pas de raison pour qu’il n’en soit pas de même pour les trois autres - n’ont reçu ni une visite, ni une lettre, ni un centime de leurs "camarades de combat". C’est chouette, vous ne trouvez pas ? Il est vrai que ce sont les syndicats, les partis et autres organisations qui sont "pourris".
"- Alors, les "autonomes", et la solidarité ?
- Bah, encore une invention de la bourgeoisie !"

Floréal




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