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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Italie : L’Autonomie
{Camarades}, n°2, Été 1976, p. 26.
Article mis en ligne le 16 décembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Les références à l’Italie sont nombreuses dans les précédents numéros de "CAMARADES”. La nécessité de les justifier et de les expliquer se fait maintenant sentir. Sans doute la situation italienne est complexe,(luttes d’usine, lutte armée, autoréductions, crise, le PCI et le compromis historique) et nécessite un dossier complet. Il est cependant utile de présenter, dès maintenant, quatre articles du numéro 8 de "ROSSO" qui éclairent puissamment la réflexion de l’autonomie organisée aussi bien que sa définition dans les luttes.
Ainsi l’insubordination ouvrière se prolonge et se développe à l’intérieur même de la crise que l’État gère contre elle.
Alors que le syndicat et les groupes recensent les postes vacants pour les proposer aux chômeurs, ceux-ci affirment la force de leur organisation autonome dans une journée de violence urbaine (il s’agit ici de violence de masse), chef-d’œuvre du genre. Ce n’est pas la violence comme moyen d’obtenir le salaire garanti mais la violence de l’appropriation comme pouvoir de prendre tout de suite, d’obtenir dans la ville la satisfaction de ses besoins.
Alors que le syndicat et les groupes négocient péniblement les contrats, l’autonomie ouvrière suit son propre rythme à partir et à côté de la contractualisation. Lorsque la lutte démarre à la Fiat contre les catégories, le syndicat lance des objectifs visant à améliorer le contrat mais les échéances sont précipitées, sabotées ou dégénèrent en action violente et l’usine flambe...
Aujourd’hui il y a connexion entre les deux pôles que l’État a tenté d’isoler par sa politique de crise : l’usine et le terrain social, l’usine comme lieu d’insubordination ouvrière (absentéisme, sabotage, occupation, gain de salaire) qu’aucune procédure de contrôle n’arrive à réduire, le terrain social comme lieu de recomposition d’une nouvelle figure prolétaire, celle des sans-travail (et des travailleurs précaires) : les jeunes, les femmes, les chômeurs. Autour de l’appropriation, de la violence, de l’exercice des contre-pouvoirs, les comportements s’homogénéisent. Avec l’usine, c’est la société-usine qui se met à flamber. Nous ne prétendons pas dans ce travail de documentation épuiser la "question italienne" ni décrire toute la complexité de la situation. Nous sommes néanmoins convaincus que c’est seulement à partir de l’extrême radicalité des luttes en actes qu’il est possible de démêler le nœud de la crise italienne.
De l’étranger notre fil d’Ariane pour découvrir l’objectivité ne peut-être que le point de vue de "la nouvelle subversion qui mine l’Italie".




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