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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Autres réflexions sur la violence
{Camarades}, n°2, Été 1976, p. 48.
Article mis en ligne le 16 décembre 2013

par ArchivesAutonomies
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L’affrontement entre ceux qu’il est convenu désormais d’appeler les "in­organisés" et le service d’ordre de l’AJS (Alliance des Jeunes pour le So­cialisme) pose évidemment un certain nombre de problèmes. Cette rapide mise au point est destinée à clarifier ce que nous refusons d’être.
1. - La FER, puis l’AJS (OCI) nous ont habitué à une pratique qu’on peut qualifier de fascisante dans un sens nouveau : à savoir la domination d’un groupe militaire bien organisé sur des adhérents passifs sinon inexistants et la suppression, quand ils le peuvent, de tous ceux qui n’adhèrent pas a ce qui a été décidé par l’AJS (OCI)
2. - Le terme de "service d’ordre" est révélateur de leurs fonctions (mais il ne s’agit pas seulement ici de l’OCI) : il ne s’agit pas d’assurer la sécurité des participants à une intervention ou à une manifestation ou à une interven­tion, mais de garantir le bon déroule­ment des "opérations" tout en répri­mant les velléités de violence générale­ment justifiées de ceux qui ne consi­dèrent pas les manifestations comme une procession religieuse. Les services d’ordre cognent ainsi contre tous ceux qui en veulent pour disparaitre quand les flics se manifestent.
3. - Lors de la manifestation qui était arrêtée à la hauteur du Pont Sully près de la Halles aux Vins (Jussieu) l’AJS a cru bon d’agresser des cama­rades ; le même jour les mêmes cama­rades ont jugé que le fascisme "de gauche" n’avait rien à envier à son ho­monyme de droite. Il ne s’agit pas là d’un dévoiement de la violence, d’une confusion entre objectifs réels et cibles de compensation, mais de la consé­quence du constat suivant : nous refu­sons les fascistes de tout poil, surtout lorsqu’ils ont la prétention de faire partie du mouvement révolutionnaire.
4. - C’est uniquement parce que le service de maintenance de l’AJS avait cru bon de nous agresser que nos ca­marades ont décidé de leur appliquer les mêmes méthodes : puisqu’ils nous rentraient dedans ; leur rentrer dedans à notre tour.
5. - Reste posée la question des SO ? Sommes nous contre tous les SO ? Non. Autant il est correct d’assurer à des manifestants démunis une pro­tection contre les agressions tant des flics que des fascistes ou des provoca­teurs éventuels ce qui impliquerait un service de protection avec les réserves politiques qu’il convient d’émettre ; autant il faut dénoncer les services d’ordre de leurs organisations respectives, de bousiller tout ce qui leur échappe et de substituer à la réalité le cassage de gueule.

Un camarade du mouvement




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