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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Automne 75 : Luttes dans 442 bidonvilles de la banlieue de Santiago
{Camarades}, n°1, Avril-Mai 1976, p. 48-49.
Article mis en ligne le 10 janvier 2014
dernière modification le 9 janvier 2014

par ArchivesAutonomies
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Nous insérons à la suite du long texte sur le Chili, la traduction d’un tract qui montre quelle direction la lutte a prise au Chili depuis le cfiup d’État. Nous n’avons pas assez d’élé­ments d’information sur cette lutte pour pouvoir la rapprocher immédia­tement des luttes d’auto-réductions en Europe. La politique économique sau­vage de la Junte, inspirée par les ultra­libéraux de l’école de Chicago, est bien connue : liberté pour les prix, blocage des salaires, taux de chômage énorme.
S’agit-il dans ces luttes d’auto- réduction des dernières limites de la résistance des exploités à une réduc­tion dramatique du niveau de vie ? Ou bien s’agit-il d’un refus massif de ces milliers de sans-emploi de reprendre le chemin de l’usine militarisée ? Nous ouvrons ici le dossier, en espérant pou­voir rassembler des éléments sur ce qu’est la classe ouvrière et le proléta­riat chiliens après 3 ans du nouveau régime.
De toute façon, l’ampleur du mou­vement, l’embarras des militaires chi­liens, montrent assez la réalité maté­rielle de l’autonomie de la classe ouvrière chilienne.

Cent mille habitants de la Commu­ne de Nunoa (Santiago) regroupés en 53 bidonvilles et cités d’urgence, ré­sistent à la politique réactionnaire de la Junte militaire fasciste.
En refusant de payer les notes d’électricité et d’eau potable, ils ont créé un puissant mouvement de résis­tance qui a semé la panique dans l’oligarchie.
Le Mercurio, porte parole officiel de la réaction, a été obligé de recon­naître le fait dans son édition du 24 octobre. Dénonçant la "résistance massive" des habitants, il signale que "les sommes dues dans les 53 bidon­villes se montent déjà à un million de pesos".
Arturo Trincada, sous-chef du Bu­reau des Organisations Communautai­res de cette municipalité dit que "les habitants ont une mentalité marxiste".
Le général Juan Forch, maire de Nunoa, se déclarant incompétent, dé­nonça le fait au Ministère de l’Inté­rieur, pour réclamer "l’adoption de mesures plus efficaces".
Le 28 octobre se réunit au Minis­tère de l’Intérieur le général Raul Benavides avec les maires des 16 com­munes de Santiago. Y assistaient en outre le général Tulio Espinoza, Gou­verneur de la province, le colonel Waldo Brucher, directeur du Bureau National d’Urgence du Ministère de l’Intérieur (ONEMI).
Vue l’action décidée des habitants, les fascistes décidèrent de tolérer mo­mentanément la situation conflictuelle qui est allée en s’étendant aux 442 bi­donvilles existant au total dans la pé­riphérie de Santiago, "tandis qu’était recherchée une solution de rechange".
Il ne faut pas avoir beaucoup d’ima­gination pour déduire qu’une telle. "solution" ne peut être autre chose que briser ce puissant mouvement en le réprimant et en le divisant.
Plein d’appréhension, Benavides a déclaré que derrière ces faits "il existe un activisme politique qui lutte sour­dement dans la clandestinité contre le gouvernement".
D’autre part, le Maire de Nunoa a déclaré que la difficulté pour ceux qui viennent faire régler les quittances dans les bidonvilles est qu’ils doivent "lutter avec chaque famille, pour fi­nir par se faire insulter, et s’ils insis­tent, chassés à coups de pierre".
La décision des habitants est telle que ces employés chargés de faire ré­gler les quittances n’osent plus ren­trer dans les bidonvilles. Les autorités font faire leur travail à des dirigeants des syndicats jaunes, avec pour consé­quence ce qu’on a déjà signalé.
A travers ce fait réel, s’en manifeste un autre qui est la raison du problème. La politique économique brutale du fascisme de la junte avec son cortège de hausses et de licenciements massifs, de gel des salaires et de vol des ouvriers a fait surgir parmi les bidonvilles et cités de transit le fantôme de la faim et de la misère.
Dans des ghettos des centaines de milliers de nos compatriotes luttent pour survivre. Contre la faim et la me­nace de la misère, le peuple chilien affronte ces difficultés et lutte. Il comprend que le remède à ses maux ne réside pas dans des miracles du ciel. La véritable solution c’est la dé­route de la Junte Nationale Fasciste. C’est là la tâche de tout le peuple, et non pas celle de personnes ou de grou­pes à côté. Par la lutte et la résis­tance massive, sous toutes ses formes possibles pour changer l’état de choses actuel.
Les problèmes de Nunoa sont un exemple pour les Chiliens. Son exem­ple indique le chemin à suivre. De nouvelles formes de luttes et d’orga­nisation sont en train de surgir dans la mesure où le peuple se prépare à infliger la déroute à la Junte mili­taire fasciste.

Ce tract est la reproduction exacte du journal El Pueblo édité clandesti­nement au Chili par le Parti Commu­niste Révolutionnaire du Chili. Pour en obtenir des exemplaires, ainsi que du matériel du PCR du Chili, ou cor­respondre, s*adresser à : Cila c/o El Pueblo - 88, rue Rebeval - 75019 Paris - France.




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