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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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La taule ou le zizi ?
{Prison : journal du GIP}, n°2, Février 1973, p. 6.
Article mis en ligne le 30 mars 2014
dernière modification le 26 mars 2014

par ArchivesAutonomies

Il y a bientôt deux mois que nôtre cher pays libéral se distinguait par une nouvel­le forme de répression : "La répression sex­uelle légale". Une fois de plus, les réac­tions furent quasiment nulles ; quelques ar­ticles dans les journaux pendant un ou deux jours, puis plus rien. Pourtant, c’est une "liberté" fondamentale qui est attaquée lorsque l’on réprime le sexe d’un homme.
Le tribunal cantonal d’Argovie a condamné Ernest D. a choisir entre la prison et la castration chimique. La taule ou le zizi ! Ernest D., 25 ans, en traitement depuis trois ans dans diverses cliniques psychia­triques suisses, est atteint de pédophilie, attraction sexuelle maladive qu’ont cer­tains adultes pour les enfants. A trois reprises, il a tenté de violer des petits garçons ou des petites filles.
Les psychiatres déclarent que le prévenu jouit de la pleine possession de ses moyens, que tous leurs traitements ont échoué, que "les pulsions sexuelles de leur client persistent". Le professeur Hodel indique au tribunal qu’il existe certains nouveaux moyens chimiques efficaces pour le traiter, le cyprotéroacétate, par exemple. Ernest D. prendra donc deux fois par jour une pilule de 50 mg de cyprotéroacétate. S’il interrompt son traitement, finie la liberté ! Quelle liberté...
La justice suisse reprend-elle à son comp­te la loi du talion : tu voles, on te cou­pe la main, tu fais un usage "immoral" de ton sexe, on te coupe les couilles !
D’un point de vue strictement médical, faire absorber un tel produit, c’est volontairement détruire la personnalité d’un homme. Il empêche la fabrication par les tes­ticules de l’hormone mâle : la testostérone. A faible dose, son action est réversible.
Si le traitement dure, il provoque l’impuissance. Irrémédiablement.
Bref, la castration !