La Gueule Ouverte (1972-1980)

dimanche 23 avril

Nous mettons en ligne les 50 premiers numéros de La Gueule Ouverte, mensuel puis hebdomadaire écologique, le journal qui annonce la fin du monde ! comme le précise joyeusement son sous-titre.
C’est Pierre Fournier, dessinateur à Hara-Kiri, qui lance l’idée d’un journal écologiste, avec l’appui d’Isabelle Monin, Cabu, Arthur (Henri Montant), Wolinski, Willem et beaucoup d’autres.
Pierre Fournier écrit l’éditorial du premier numéro. Il précise que ce journal est né virtuellement en mai 68 et s’en explique :

Pendant qu’on nous amuse avec des guerres et des révolutions qui s’engendrent les uns les autres en répétant toujours la même chose, l’homme est en train, à force d’exploitation technologique incontrôlée, de rendre la terre inhabitable, non seulement pour lui mais pour toutes les formes de vie supérieures qui s’étaient jusqu’alors accommodées de sa présence. Le paradis concentrationnaire qui s’esquisse et que nous promettent ces cons de technocrates ne verra jamais le jour parce que leur ignorance et leur mépris des contingences biologiques le tueront dans l’œuf. La seule vraie question qui se pose n’est pas de savoir s’il sera supportable une fois né mais si, oui ou non, son avortement provoquera notre mort.

Par la suite La Gueule Ouverte jouera un grand rôle dans la presse écologique, à une époque où se diffusent de nombreux débats d’idées, de pratiques communautaires. C’est dans ces années 60 que naissent les Amis de la terre, Nature et progrès, le Mouvement Contre l’Armement Atomique, War Resister International et plus tard Greenpeace.
N’oublions pas non plus dans cette énumération la revue Survivre qui deviendra quelques 8 numéros plus tard Survivre... et vivre que nous avons mis en ligne depuis plusieurs mois.
Le point commun de toutes ces expériences, à cette époque ? Fournier donne la réponse dans ce même éditorial : les différentes actions enracinent "non pas dans les "populations" vassales de la télé, mais chez les participants à l’action, la volonté, le besoin irrépressible de CHANGER LA VIE ." Ni plus ni moins. Il est toujours temps d’en faire autant !



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