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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Autogestion

Le terme autogestion apparaît dans les années 50 et est directement tiré du mode de gestion des entreprises d’Etat en Yougoslavie [1]. Au cours des années 60 il est de plus en plus mis en avant par différents courants politiques qui se démarquent nettement du stalinisme. Les anarchistes, ceux réunis autour de la revue Noir et Rouge vont s’attacher dans les différents numéros à préciser le contenu que l’on pourrait donner à ce terme en reprenant les expériences dites autogestionnaires en Yougoslavie, en Algérie, après être revenu sur les mouvements de collectivisation en Espagne pendant la période 1936-38. D’autres anarchistes organisés au sein de l’UGAC (Union des Groupes Anarchistes-Communistes, fondée en 1962) se penchent sur la question, la considérant comme un "problème-clé de notre époque" et publie un numéro spécial, avant mai 68 dont nous proposons les textes. Une revue, Autogestion [2], paraît en décembre 1966 et développe cette notion au fil de ses différents numéros, dont le numéro 3 entièrement consacré à l’autogestion en Algérie en 1967. C’est avec les événements de mai 68 et au cours des années qui suivent que ce terme s’impose… et devenir un terme fourre-tout aux sens multiples. Pour Noir et Rouge, "c’est un phénomène de dépassement de la simple occupation d’usine, vers une organisation de la vie économique en partant de la base, c’est l’Autogestion. Les travailleurs montrent ainsi qu’ils sont capables de remplacer le système capitaliste qu’eux seuls font marcher". Pour l’UGAC l’autogestion est synonyme de "société communiste libertaire". Pour d’autres courants politiques comme le PSU et la CFDT - l’un comme l’autre désireux de capter les sympathies d’une opinion anti-stalinienne, de gauche, respectueuse de la société capitaliste dont il ne faudrait réformer que certains aspects qualifiés de "criants" - l’autogestion implique la gestion des moyens de production, capitalistes, par les prolétaires eux-mêmes : auto-exploitation pour parler clair. Mot d’ordre bien utile en tout cas, au début des années 70 pour désamorcer le potentiel révolutionnaire et les tentatives d’organisation autonomes exprimés dans différentes luttes qui ont usé de moyens "illégaux" pour se défendre et renforcer leur lutte. C’est le cas de celle qui s’est développée en 1973 à l’usine LIP [3] (principalement à Besançon, mais pas seulement), ainsi que dans d’autres usines, comme à Pechiney-Noguères où le sacro-saint outil de travail est saboté. [4]

Le choix de bulletins, revues et textes que nous proposons s’inscrit dans cette approche historique et comme fragment d’une histoire à reconstituer dans toute son ampleur :


Par ailleurs nous proposons d’autres textes disponibles sur les sites suivants :

Notes :

[1Voir l’article de la revue Noir et Rouge dans la rubrique "Critique des expériences autogestionnaires".

[2On peut trouver des textes de la revue Autogestion et socialisme - n°18-19, d’avril 1972 dont l’intitulé est : Les anarchistes et l’autogestion - qui lui succéda sur le site du Regroupement révolutionnaire caennais.

[3Voir les différents textes que nous proposons dans la rubrique "LIP (1973-74)", comme contribution pour abattre le mythe Lip.

[4Voir entre autres le texte refus du travail d’Echanges et Mouvement, , dans la rubrique de notre site Contre le travail.