Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Tankonalasanté (1973-1976)

Ce journal a été publié de 1973 à 1977 par le Groupe d’Information sur les Asiles (GIA). Nous savons peu de choses de ce groupe. En attendant que des lecteurs intéressés apportent des éléments pour que nous en sachions plus, voici deux petits textes pour éclairer notre lanterne, le premier est l’éditorial du premier numéro et le second est extrait du numéro 8.

TANT QU’ON A LA SANTÉ ON EN CRÈVE

On peut travailler à s’en rendre malade, on peut supporter les fumées, les bruits, les appartements étriqués aux cloisons sonores, les transports, les retombées radioactives, le massacre vietnamien, la misère phynancière, les gardes-chiourmes, la solitude, le couple raté, l’école, l’usine, le service militaire et les flics, les traites à payer chaque mois, etc., etc.
Nous étions fragiles : tout ça nous a rendu malades et nous allons en parler. Alors nous faisons un journal ; ça n’est pas très original, mais c’est amusant et nous pensons même que ça peut nous être utile
À QUI NOUS NOUS ADRESSONS : pas seulement aux médecins, bien sûr, ni même aux membres de l’équipe sanitaire car il y a belle lurette que le « champ de la médecine » s’est élargi au point qu’il appartient à tout le monde. TANKONALASANTÉ s’adresse à tous ceux qui s’intéressent aux problèmes dont nous parlons c’est-à-dire : LES IMPLICATIONS ÉCONOMIQUES, POLITIQUES, SOCIALES, CULTURELLES, JUDICIAIRES ET PÉDAGOGIQUES DE LA PATHOLOGIE PHYSIQUE ET PSYCHIQUE, DE LA GÉNÈSE ET DE SON PROJET DE LIQUIDATION À PLUS OU MOINS LONG TERME.
COMMENT NOUS PARLONS : une choses est certaine on parle comme on peut, on a le vocabulaire qu’on nous a enseigné ici ou là et il n’est pas le même pour tous. Si vous ne comprenez pas quelque chose, laissez courir ou mieux protestez, mais dites-vous bien qu’il y a une forte chance pour que ce ne soit pas clair dans l’esprit de celui qui a écrit : alors aidez-le (remuez-vous !) et écrivez-lui Tankilalasanté.

JEAN CARPENTIER

RAPPELONS LA LIGNE DE NOTRE JOURNAL

La maladie est un langage, un phénomène à la fois individuel et social, reflet du monde dans lequel elle se situe : la maladie est politique.
On peut vivre avec, et la supporter, ou, si elle est grave et insupportable, on peut envisager de s’en débarrasser. Cela est le problème des malades. En charger les médecins constitue une sorte de délégation de pouvoir, une déresponsabilisation un peu trop commode pour les malades, dans la mesure où ils ne tiennent pas du tout à remettre en cause les éléments de leur existence (système capitaliste, conditions de travail et de vie, crédits, pauvreté sexuelle, télévision...). Ainsi les médecins sont chargés par les malades de les aider à supporter l’insupportable.
Qu’un médecin sorte du rôle qui lui est attribué par la société, mais aussi par les malades,
qu’il dise à un ouvrier que son accident de travail, sa dépression nerveuse, sa gastrite, ne sont peut-être pas autre chose pour lui qu’une façon de dire NON à la vie qu’il mène,
qu’il dise aux parents et aux instituteurs qu’il n’y a a priori rien d’anormal à ce qu’un enfant ait envie de dessiner plutôt que de faire ses devoirs, et qu’il ne donne pas le médicament adéquat qui doit remettre l’enfant dans le rang,
qu’il distribue un papier révélant aux gens leur malaise sexuel,
qu’il dise aux enfants que la masturbation n’est pas une maladie, mais un acte parfaitement normal et agréable... Et il n’est plus médecin.
La médecine est une activité politique, mais actuellement limitée à une stratégie défensive de « réponse à la demande » (je te donne de quoi supporter).
A partir de là l’idée de TK est la suivante, et elle ne débouche pas sur une entreprise facile :
les malades, y compris quand ils sont médecins (et peut-on être médecin sans être malade ?), reprennent le pouvoir sur leur maladie, sur leur corps et leur esprit. Ils remettent en cause tout ce qui les rend malades dans leur vie quotidienne : l’école, l’usine, le pavillon à crédit, le couple, etc.
C’est de tout ça qu’on parle et qu’on parlera dans TK, qui a ainsi l’ambition d’être le journal d’une stratégie offensive dans le domaine de la santé, de briser le cercle vicieux où les malades fabriquent des médecins et les médecins fabriquent des malades.
Cette idée nous paraît parfaitement claire, même si le terrain ainsi délimité et les gens concernés ne s’inscrivent pas dans la cartographie traditionnelle de la politique en France.
CEUX QUI FONT LE JOURNAL

N° 8, mars 1974


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