Parti Communiste International (PCI)

Présentation [1] du Parti Communiste International

Le Parti Communiste International est né en 1952 d’une scission au sein du Partito Comunista Internazionalista. Ce dernier s’était constitué en Italie dans la clandestinité en 1943, pendant la seconde guerre mondiale, sous l’impulsion de militants de la "Gauche Communiste", le courant qui avait été à l’origine du Parti Communiste d’Italie et qui l’avait dirigé de 1921 à 1923 au milieu de désaccords croissants avec la direction de l’Internationale Communiste (IC). L’arrestation par les fascistes d’Amadeo Bordiga et d’autres dirigeants de la Gauche, permit à l’IC de nommer autour d’Antonio Gramsci une direction en ligne avec une orientation de plus en plus en contradiction avec les principes communistes.
Le Partito Comunista Internazionalista, qui publiait le journal Prometeo, n’était présent que dans le nord de l’Italie car il était séparé du reste du pays par la ligne de front ; ce n’est qu’en 1945, à la fin de la guerre, que les contacts purent être renoués avec les militants du centre et du sud qui s’étaient rassemblés dans une Frazione di Sinistra dei Comunisti e Socialisti Italiani. A partir de ce moment le PC Internazionalista publia en Italie le journal Battaglia Comunista et la revue théorique Prometeo (c’était auparavant le titre du journal). En France ses partisans s’organisèrent en une Fraction Française de la Gauche Communiste Internationale publiant L’Etincelle, puis L’Internationaliste (les militants en désaccord avec le PC Internazionalista, la "Gauche Communiste de France", publièrent Internationalisme).
La confusion et les divergences existant au sein du PC Internazionalista aboutirent à la cristallisation de deux tendances ; les divergences portaient sur beaucoup de points : l’analyse de l’impérialisme, la nature de l’URSS, la question syndicale, la participation aux élections, l’attitude par rapport aux luttes de libération nationale, etc.
Fondamentalement la tendance regroupée autour d’Amadeo Bordiga considérait que la situation allait rester contre-révolutionnaire pendant encore de longues années ; la tâche la plus importante dans ces conditions était le travail théorique et programmatique de restauration du marxisme et du programme communiste défigurés non seulement par le stalinisme mais aussi par la plupart des mouvements anti-staliniens (trotskystes et autres) ; l’intervention pratique dans les luttes ouvrières était indispensable, mais c’était tomber dans l’activisme que de croire qu’elle pouvait donner autre chose que des résultats limités. L’autre tendance autour d’Onorato Damen estimait que cela signifiait refuser l’action pratique et les potentialités que cette action pouvait ouvrir.
Après la scission, le Partito Comunista Internazionalista de Damen et ses camarades continua à publier Battaglia Comunista et Prometeo. Il existe toujours aujourd’hui où il est la principale section de la Tendance Communiste Internationaliste (qui a pris la suite du Bureau International pour le Parti Révolutionnaire) ; la TCI a des publications dans différentes langues (voir le site leftcom.org).
Le groupe autour de Bordiga, qui prit par la suite le nom de Parti Communiste International, publia en italien Il Programma Comunista ; les militants français publièrent d’abord le bulletin Travail de Groupe, puis la revue théorique Programme Communiste et le journal Le Prolétaire.

Pendant la période qui suivit, le PCI mena un intense travail de clarification théorico-programmatique pour tirer les "leçons des contre-révolutions" et démontrer que leurs causes ne se trouvaient pas dans des insuffisances du marxisme et du programme communiste ; au contraire seul le marxisme intégral et invariant pouvait expliquer ce qui s’était passé et déchiffrer la nature capitaliste d‘Etat des pays prétendus "socialistes", et seul le programme communiste originel pouvait servir de guide à la révolution future. Aux travaux historiques et théoriques sur la révolution russe, la question chinoise, le cours de l’impérialisme mondial, l’économie marxiste, les luttes de libération nationale (contre l’indifférentisme vis-à-vis de ces révolutions bourgeoises) etc., s’ajoutaient ceux plus politiques sur des questions "tactiques" (abstentionnisme électoral…) ou organisationnels ("centralisme organique" au lieu du "centralisme démocratique", caractère international du parti, etc.).

Au milieu des années soixante une crise interne aboutit à une scission, en France de militants opposés à la parution du Prolétaire parce qu’ils y voyaient une manifestation d’"activisme" (ils se séparèrent peu après, les uns autour de Dangeville publiant Le Fil du Temps et les autres, autour de Camatte, Invariance qui en quelques années en vint à rejeter le marxisme et la révolution sociale) ; et surtout, en Italie, d’un groupe publiant Rivoluzione comunista qui remettait en cause la tactique abstentionniste et la critique du centralisme démocratique.
En réponse à cette crise le PCI adopta les Thèses dites de Naples et de Milan et réaffirma l’importance du centralisme organique : le principe démocratique doit être rejeté dans la vie politique interne du parti de la même façon qu’il doit être dénoncé et combattu dans la lutte sociale. Le parti révolutionnaire de classe ne peut fonctionner comme les parlements bourgeois : il doit rendre à la plus grande homogénéité politique possible, seule façon réelle, non "bureaucratique" ou artificielle, d’arriver à l’unité de pensée et d’action qui lui est indispensable pour devenir l’état-major de la classe ouvrière en guerre contre le capitalisme.

Au début des années soixante-dix de nouvelles divergences débouchèrent sur la scission du groupe dit "florentin" (car centré sur la section de Florence), connu par le nom de son journal Il Partito Comunista (ce groupe existe toujours et il a également des publications en anglais et espagnol : El Partido Comunista, The Communist Party, site : international-communist-party.org). Les divergences tournaient au départ sur la question syndicale, les Florentins soutenant que la CGIL et la CGT étaient de véritables syndicats de classe qu’il fallait défendre contre des projets de fusion avec d’autres syndicats. Mais le cours de la discussion montra que les racines de l’erreur d’analyse se trouvaient dans des déviations idéalistes dans la conception du parti et de son activité.

Pendant les années soixante-dix, tout en restant de taille très réduite, le PCI connut un certain développement et une extension de son réseau international au-delà de l’Italie et de la France. Il eut des publications dans plusieurs langues et plusieurs pays : en anglais (revue Communist Program) ; en Allemagne (revue Internationale Revolution, puis (Kommunistiches Programm, journal Proletarier) ; en Espagne (revue El Programa Comunista, journal El Comunista) ; en Suisse (Le Prolétaire, supplément suisse) ; dans les pays scandinaves (revue Komunistik Program, bulletin Kommunistisk Fackopposition) ; en Amérique Latine (journal El Proletario, bulletins Espartaco au Venezuela, Proletario au Brésil) ; en Algérie (journal El Oumami) ; en Gréce (revue Kommunistiko Programma) ; en turc (bulletin Enternasyonalist Proleter), en arabe, etc.

Mais au début des années 80, le parti entra dans une profonde crise qui fit voler en éclats sa structure internationale ; beaucoup de militants attribuaient à des insuffisances politiques, théoriques ou programmatiques, le piétinement de son développement ou son recul, sans voir qu’il était provoqué par un tournant de la situation mondiale : un moment bousculée par la crise économique générale, la bourgeoisie avait réussi à reprendre solidement le contrôle de la situation, écrasant les agitations ouvrières en Pologne ou en Iran, infligeant aux prolétaires des pays impérialistes désarmés par la collaboration des classes, l’accroissement de leur exploitation.
Les militants qui, aveuglés par leurs illusions sur la proximité de l’ouverture d’une période révolutionnaire, crurent trouver le remède aux difficultés rencontrées par une révision plus ou moins grande du programme du parti, se dispersèrent rapidement ; seul El Oumami se maintint pendant 3 ou 4 ans.

Pour les autres, commença le travail de reconstitution de l’organisation en ligne avec les positions classiques du PCI, mais sur la base d’un bilan des insuffisances et des erreurs commises dans différents domaines qui avaient permis l’éclatement de la crise. Certains militants, estimant qu’il était inutile et même dangereux de faire un tel bilan, refusèrent de s’associer à ce travail. Ils existent encore, continuant à s’appeler Partito Comunista Internazionale, et publiant en italien le journal Il Programma Comunista ainsi qu’un bulletin en anglais : The Internationalist (site : partitocomunistainternazionale.org).
Le Parti Communiste International (Programme Communiste) publie aujourd’hui en France le journal Le Prolétaire et la revue Programme Communiste ; en Italie le journal Il Comunista et le bulletin Il Proletario ; en Espagne le journal El Proletario et la revue El Programa Comunista, ainsi qu’un supplément pour le Venezuela ; en anglais le bulletin Proletarian ; et sur internet le site pcint.org. Son objectif fondamental reste le même : travailler, sur la base du programme communiste invariant, en évitant les déviations attentistes ou activistes, à la constitution du futur parti de classe international qui aura la tâche de centraliser et diriger les forces prolétariennes dans la révolution communiste mondiale.

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Publications du Parti Communiste International (PCI)

En langue française

En langue italienne

En langue espagnole


[1Proposée par des militants du PCI (PC).


Brèves

8 avril - Echanges (1975 - …)

Nous signalons aux lecteurs l’actualisation de la collection de la revue Echanges en mettant en (…)

2 avril - Bilan (1933-1938)

Nous mettons de nouveau en ligne quelques numéros de la revue Bilan, le bulletin théorique (…)

26 février - Il Programma Comunista (1952-1984)

Dopo aver inserito nel Web il giornale Il Programma Comunista, organo del Partito comunista (…)

24 février - Nous mettons de nouveau en ligne quelques…

Nous mettons de nouveau en ligne quelques numéros de la revue Bilan, le bulletin théorique (…)

1er février - Nous mettons de nouveau en ligne quelques…

Nous mettons de nouveau en ligne quelques numéros de la revue Bilan, le bulletin théorique (…)