Le Révolté (1879-1885)

Pour consulter la fiche technique du Révolté, on peut se reporter sur le travail de René Bianco : 100 ans de presse anarchiste qui note dans ses observations l’importance de ce journal dans l’étude du mouvement anarchiste de cette époque.
Rappelons que ce journal fait suite, en quelque sorte, à la publication du Bulletin de la Fédération Jurassienne et s’inscrit dans une période où le mouvement ouvrier se reconstitue, s’organise à travers des groupes aux différentes expressions politiques, aux contours encore incertains ; des congrès (comme celui de Marseille de 1879 - voir le n° 20 du Révolté) et la publication d’une presse, comme les différents titres anarchistes publiés à Lyon à partir de 1882, que nous avons mis en ligne.

Présentation du journal Le Révolté

Le texte qui suit a été publié en deux parties dans le journal Les Temps Nouveaux, n°43 et 44, 9ème année, février 1904. Il fut écrit par Pierre Kropotkine, un des fondateurs du Révolté.

COMMENT FUT FONDÉ LE RÉVOLTÉ

C’était en 1877. La réaction triomphait sur toute la ligne. En France, Mac-Mahon se cramponnait à la présidence et préparait toujours, malgré un premier échec, le retour de la royauté. En Espagne, en Italie, on était en pleine réaction. L’Allemagne triomphait en Europe, et à chaque instant on pouvait s’attendre à une nouvelle guerre franco-allemande qui aurait eu pour résultat de réduire la France à l’état d’une nation de second ordre, forcée de donner toutes ses forces intellectuelles au maintien de son indépendance. En même temps, l’esprit allemand fortement teint de morgue bismarckienne dans la science, la politique et même chez les social-démocrates, dominait en Europe.
On ne saurait, sans l’avoir vécu, se représenter l’esprit réactionnaire qui régnait alors en Europe. La réaction allait jusqu’à la racine même des idées avancées du siècle.
Le fédéralisme était représenté comme une vieillerie. Bismarck n’avait-il pas prouvé les avantages d’un Etat fort ? La liberté — un jouet dangereux, le communisme — bon pour les fous français.
Les social-démocrates allemands, mettant la tactique politique, parlementaire, au-dessus de tout le reste, s’efforçaient à diriger le socialisme français et anglais, pour proclamer un nouveau socialisme qu’ils appelaient scientifique. Profitant du livre de Schaëffle qui n’avait rien fait que voler à Pecqueur et à Vidal l’idée du collectivisme étatiste, centralisateur et bourgeois, ces ex-communistes dénigraient aujourd’hui le communisme. Ils déclaraient seuls scientifiques, dont ils avaient fait un socialisme d’Etat, leur socialisme et les théories fatalistes des parlementaires allemands, d’après lesquelles il serait stupide de vouloir forcer le pas aux événements, Il fallait attendre que la destruction du capitalisme par le capitalisme lui-même amenât la chute de la société actuelle et entre temps s’amuser au parlement à faire de la "législation ouvrière", si les bourgeois le permettent.

* * * * *

On étouffait dans cette atmosphère de réactions générales, comme on le verra par ces lignes du Révolté.
On sent la nécessité d’une révolution, immense, implacable qui vienne, non seulement bouleverser le régime économique basé sur la froide exploitation, la spéculation et la fraude, non seulement renverser l’échelle politique basée sur la domination de quelques-uns par la ruse, l’intrigue et le mensonge, mais aussi remuer la société dans sa vie intellectuelle et morale, secouer la torpeur, refaire les mœurs, apporter au milieu des passions viles et mesquines du moment, le souffle vivifiant des passions nobles, des grands élans, des généreux dévouements ?

* * * * *

D’une façon ou d’une autre, il fallait secouer cette torpeur, et c’est pour cela que les anarchistes italiens se décidèrent à faire l’émeute armée de Bénévent, tandis qu’en Suisse, les internationalistes jurassiens se décidèrent à sortir, le 18 mars, le drapeau rouge à Berne, alors que nous savions que cela aurait pour résultat une bagarre assez sérieuse avec la police.
La bagarre eut lieu et fut suivie d’un procès qui eut pour résultat que la plupart de nos camarades des Montagnes eurent à faire de la prison, et perdirent leur travail au milieu d’une crise industrielle affreuse. Le Bulletin de la Fédération jurassienne, fondé par James Guillaume, en 1872, fut forcé de suspendre sa publication, le 25 mars de l’année suivante (1878).
Après avoir vaillamment combattu pendant six ans contre les autoritaires marxistes dans l’Internationale, si bien qu’aucune organisation internationale ouvrière n’était désormais possible que sur les bases de l’autonomie des groupes fédérés, le (Bulletin disparaissait.
Cependant, dès le 2 juin 1877, Brousse avait fondé dans le Jura, un autre petit journal français, l’Avant-Garde. Il paraissait comme organe de la fédération française de l’Internationale, dont nous venions de jeter les fondements. L’Avant-Garde était un journal d’attaque, plus animé que le Bulletin. Brousse s’y était aussi appliqué à développer l’idée anarchiste et, prenant pour devise les mots Anarchie et Collectivisme, sur lesquels le Bulletin prenant adieu de ses lecteurs, nous donnâmes à la nouvelle série de l’Avant- Garde, agrandie maintenant, le sous titre d’organe collectiviste et anarchiste.
Sous l’impulsion de la lutte héroïque qui se poursuivait en Russie, on voyait maintenant une espèce de réveil se produire dans les masses ouvrières de l’Europe occidentale. Des hommes séparés des travailleurs se déclaraient las du marasme dans lequel était tombé tout le mouvement socialiste.
L’ouvrier Hœdel tira sur l’empereur d’Allemagne et fut suivi, à quinze jours de distance, par le Dr Nobiling, qui fit la même chose. Le jeune tonnelier espagnol, Juan Oliva Moncasi, tira sur le roi d’Espagne, et le cuisinier Passanante se jeta avec son couteau sur le roi d’Italie.
L’Avant-Garde salua ces faits comme des actes de propagande par le fait — propagande républicaine et républicaine-socialiste : Moncasi, Passanante, Hœdel étaient, en effet, socialistes et Passanante s’était déclaré républicain socialiste. Ces attentats pouvaient accélérer une révolution politique, qui bientôt prendrait un caractère socialiste.

Il est donc certain, écrivait notre correspondant d’ne que dans ces conditions, si le coup de pistolet d’Oliva eut atteint son but, il aurait rendu un grand service à la révolution, en précipitant un mouvement qui gagnerait à ne point se retarder. Plaignons donc le brave Oliva, mais plaignons-le aussi de n’avoir point mieux visé."

Quant à Passanante. après avoir fait remarquer que Moncasi, Hœdel, Nobiling, Passanante avaient manqué leur but, faute d’avoir pu s’ouvrir un chemin dans l’entourage du roi, l’Avant-Garde imprimait ces lignes que les gouvernements ne lui pardonnèrent pas :

"Nous ignorons quels procédés plus certains l’avenir tient en réserve. Mais il pourrait bien se faire que ceux qui croient fermement qu’on peut, dans une poitrine royale, ouvrir une route à la Révolution, fissent bon marché désormais du salut de l’entourage ! Que pour se trouver enfin, seuls, face à face avec un porte couronne, ils marchassent à lui, au travers de la tourbe des courtisans, secouée, dispersée, rompue au bruit et à la lueur des bombes."

C’en était fait de l’Avant-Garde. Ce fut son dernier numéro (12 décembre 1878). Sur la demande de l’Italie, Brousse était poursuivi et le gouvernement suisse avait défendu — défendu sans plus de façons — à toutes les imprimeries suisses, de publier aucun journal semblable à l’Avant-Garde.
Le Travailleur, petite revue mensuelle, qu’Elisée Reclus, Joukovsky, et Lefrançais avaient fondée en 1877, avait suspendu sa publication presque en même temps que le Bulletin (avril 1878), et l’Internationale anarchiste restait ainsi sans aucun organe en langue française.
La section de Genève, qui avait été la moins désorganisée à la suite des événements de 1878, était alors le centre du mouvement en Suisse. Et c’est au sein de cette section que Dumartheray, Herzig et moi, nous décidâmes à faire paraître un nouveau journal.

Mais qui écrirait pour ce journal ? - Brousse allait être condamné et puis expulsé de la Suisse, James Guillaume, qui pendant six ans, malgré tous les obstacles, avait fait paraître le Bulletin, depuis l’affaire de Berne, ne trouvait plus du tout de travail et avait été obligé de quitter la Suisse et d’aller chercher du travail en France. Schwitzguébel, dont les travailleurs aimaient tant lire les articles simples et lucides, boycotté comme graveur horloger et chargé d’une nombreuse famille, dut finalement se retirer de la lutte. C’était moi qui devais ainsi me charger de la rédaction du journal et, pas sûr du tout de pouvoir bien l’écrire, j’hésitai naturellement.
Je fis le tour des sections et j’y trouvai une apathie complète. Brousse seul approuvait l’idée du journal. Tous les autres camarades nous prédisaient une chute certaine. Enfin, avec Brousse, nous trouvâmes le titre, Le Révolté et Brousse se chargea d’écrire le premier petit article du journal : "Nous sommes des révoltés."
Jusqu’alors je n’avais écrit que pour le Mouvement Social du Bulletin et de l’Avant-Garde, et je ne me croyais pas capable d’écrire des articles de fond assez intéressants. J’allai donc vers Schwitzguébel, le suppliant de me donner des articles de fond. Mais sa décision était prise : la crise horlogère l’avait mis absolument hors de combat, il devait se retirer pour le moment. Il consentit cependant à me donner un article pour le premier numéro- l’article République et Monarchie. Le reste du numéro, je le fis moi-même, c’est-à-dire notre fidèle correspondant espagnol envoya sa correspondance, et quant aux autres pays, je fis moi-même le Mouvement Social d’après les journaux socialistes locaux.
Et c’est ce que je continuai de faire jusqu’en 1881.
Mais l’argent ? L’Avant-Garde nous avait remis sa caisse, 13 francs, et la liste de ses 225 abonnés. Quelqu’un avait donné 10 francs. Alors total 23 francs. Nous nous mîmes à mendier.
Nous allions partout, priant des amis de prendre, pour un franc, un abonnement de trois mois.
— Mais le journal ne vivra pas, il va être supprimé, nous disait-on de tous cotés. — Peut-être bien, disions-nous, mais un franc c’est si peu de chose ! Et nous parvînmes à réunir 65 francs, juste de quoi payer d’avance (c’était convenu) l’imprimeur.
Mais à combien fallait-il tirer le journal ?
L’Avant-Garde n’avait jamais été tirée à plus de 600. "Mille ?" demandai-je à Dumartheray. "Vous êtes fou ! Trois mille au moins", me répondit-il. C’est moi qui le pris pour fou maintenant. Enfin, nous convînmes sur deux mille. Et bien, c’était trop peu ! Le tout fut vendu en quelques semaines.
Enfin, le 22 février 1879, notre premier numéro était paru, et dans un petit café, la section de Genève se réunissait le soir pour plier le journal. Tcherkesoff, Malatesta, nous donnaient un coup de main, et ce fut Tcherkesoff qui nous enseigna l’art de plier un journal.
On sait que le journal fit son chemin et qu’il a vécu depuis. Nous voici à son vingt-cinquième anniversaire.
J’ai raconté dans mes Mémoires [1] comment le journal s’est développé peu à peu ; comment Dumartheray, Herzig et moi, faisions le journal jusqu’en 1881, et gagnions peu à peu de nouvelles sympathies en Suisse d’abord, puis en France. J’ai dit comment après le procès de l’Avant-Garde, qui eut lieu alors que Le Révolté n’était qu’à son cinquième numéro, nous nous vîmes refuser les portes de toutes les imprimeries en Suisse, et comment fut fondée notre Imprimerie jurassienne. Je renvoie à ces pages ceux qui s’y intéressent, et ici je me permettrai de reproduire seulement ce qui suit, parce que cela précise le caractère qui fut donné, par les demandes mêmes, de l’époque, au Révolté (22 février 1879 jusqu’au 10 septembre 1887), et qui fut conservé depuis dans La Révolte (du 17 septembre 1887 au 10 mars 1894), et est maintenu encore dans les Temps Nouveaux (fondé le 4 mai 1895) :

Les journaux, socialistes ont souvent une tendance à devenir de simples recueils de plaintes sur les conditions existantes. On y relate l’oppression des ouvriers qui travaillent dans les mines, dans les fabriques, dans l’es campagnes ; on y dépeint, .sous de vives couleurs, la misère et la souffrance des ouvriers pendant les grèves ; on insiste sur leur impuissance a lui ter contre les patrons ; et cette succession d’efforts inutiles et sans espoirs, décrite dans chaque numéro, finit par exercer sur le lecteur l’influence la plus déprimante.
Alors, pour contrebalancer l’effet produit, Je journaliste doit compter sur la magie des mots, au moyen desquels il essaie de relever le courage de ses lecteurs et de leur inspirer confiance.
Je pensais, au contraire, qu’un journal révolutionnaire doit s’appliquer avant tout, à recueillir les symptômes qui, de toute part, présagent l’avènement d’une ère nouvelle, la germination de nouvelles formes sociales, la révolte grandissante contre des institutions vieillies.
Il faut rechercher ces symptômes, en découvrir le lien intime et les grouper de façon à montrer aux esprits hésitants, l’appui invisible et souvent inconscient que rencontrent partout les idées de progrès, lorsqu’une renaissance intellectuelle se produit dans une société.
Faire sentir à l’ouvrier que son cœur bat avec le cœur de l’humanité entière ; qu’il participe à sa révolte, à ses tentatives, voilà quelle devrait être la lâche principale d’un journal révolutionnaire.
C’est l’espérance, et non le désespoir, qui fait le succès des révolutions.

Et, d’autre part, j’ai fait de mon mieux pour qu’il n’y ait pas de question politique ou sociale, que le lecteur ouvrier abandonne aux bourgeois éduqués, qu’il ne se sente pas la capacité de discuter, s’il y donne l’attention nécessaire.
J’ai cherché à faire en sorte, que le plus modeste ouvrier puisse juger par lui-même, du but vers lequel tend la société et corriger lui môme le penseur, si ce dernier aboutit à de fausses conclusions, contraires à l’intérêt des masses.
C’est le double caractère qu’a toujours cherché à maintenir la succession de nos trois journaux.

II° Partie de l’article.

Brousse nous envoya bien quelques articles : "La preuve est faite !", "L’histoire d’un fou" ; et plus tard, lorsqu’il quitta la Suisse, il nous envoya des articles d’économie politique, sur le libre-échange et la crise — celui-ci très ennuyeux, à vrai dire et trop long ; d’autre part, Elisée Reclus nous donna un article admirable sur la peine de mort, dont on parlait beaucoup en ce moment en Suisse, et que nous nous empressâmes de reproduire en brochure. Mais pour le reste, nous en étions réduits, avec Dumartheray et Herzig, entièrement à nos forces. Je commençai une série d’articles de fond que Reclus publia plus tard, lors de mon emprisonnement, sous ce titre, trouvé par lui "Paroles d’un Révolté", et nous continuions à faire à nous trois le "Mouvement social "— Dumartheray et Herzig étant toujours de sévères critiques de tout ce que j’écrivais.
Voici comment j’ai raconté la suite dans mes Mémoires :

"A peine avions-nous publié cinq numéros du Révolté, que l’imprimeur nous prévint d’avoir à chercher une imprimerie. Pour les ouvriers et leurs publications, la liberté de la presse inscrite dans les constitutions est soumise à de nombreuses restrictions, en dehors des paragraphes de la loi. L’imprimeur n’avait rien à reprocher à notre journal — il lui plaisait même ; mais en Suisse, toutes les imprimeries dépendent du gouvernement, qui les emploie plus ou moins pour la publication des rapports de statistiques et autres travaux analogues ; et notre imprimeur avait été carrément informé, que s’il continuait à imprimer notre feuille, il n’avait pas besoin de s’attendre à recevoir la moindre commande du gouvernement génevois. Je parcourus toute la Suisse française et je m’adressai à tous les imprimeurs, mais partout, même de la part de ceux qui n’avaient rien à objecter à la tendance de notre journal, je reçus la même réponse : "Nous ne pouvons pas vivre sans les commandes du gouvernement, et nous n’en aurions aucune si nous acceptions d’imprimer Le Révolté.
"Je retournai à Genève profondément découragé, mais Dumartheray n’en était que plus ardent et plus rempli d’espoir. — "C’est bien, disait-il. Nous allons nous acheter une imprimerie avec trois mois de crédit, et dans trois mois nous l’aurons payée." "Mais nous n’avons pas d’argent, nous n’avons que quelques centaines de francs," objectai-je. "De l’argent ? Quelle sottise ! Nous en aurons ! Commandons seulement les caractères de suite, et publions immédiatement notre prochain numéro — et l’argent viendra !" Encore une fois il avait jugé juste.
Lorsque notre premier numéro sortit des presses de notre propre Imprimerie Jurassienne, quand nous eûmes expliqué les difficultés où nous nous trouvions et que nous eûmes publié en outre deux ou trois petites brochures, — nous aidions tous à l’impression — l’argent vint, le plus souvent, en monnaie de cuivre et d’argent, mais il vint. Toute ma vie, je n’ai cessé d’entendre les partis avancés se plaindre du manque d’argent, mais plus je vis et plus je me persuade que notre principale difficulté ne réside pas tant dans le besoin d’argent que dans l’absence d’hommes, marchant avec fermeté et constance dans le droit chemin vers un but déterminé et inspirant les autres. Pendant vingt et un ans, notre journal n’a cessé de vivre au jour le jour, et, dans chaque numéro, nous faisions des appels de fond, à la première page ; mais tant qu’il y a des hommes qui persévèrent, l’argent vient.
"Nous établîmes notre imprimerie dans une étroite pièce, et notre compositeur fut un petit Russien qui se chargea de composer notre journal pour la modique somme de soixante francs par mois. Du moment qu’il avait de quoi faire un dîner frugal et de quoi aller entendre de temps en temps un opéra, il n’en demandait pas davantage. "Est-ce que vous allez aux bains, Jean ?" lui demandai-je un jour que je le rencontrai à Genève, dans la rue, portant sous son bras un paquet enveloppé de papier brun. "Non, je déménage," me répondit-il de sa voix mélodieuse, avec son sourire habituel. Malheureusement, il ne savait pas le français.
Tout de même notre Imprimerie Jurassienne fut bientôt très connue, surtout pour ses brochures à un sou, qui se vendaient énormément.
"La France était toujours notre principal objectif, mais Le Révolté était sévèrement prohibé en France, et les contrebandiers ont tant de bonnes choses à importer de Suisse en France, qu’ils ne se souciaient pas de compromettre leur situation en s’occupant de nos journaux. Je me joignis une fois à eux et passai la frontière de France en leur compagnie : je trouvai en eux des hommes courageux et sûrs, mais je ne pus les décider à se charger de passer notre journal en contrebande. Tout ce que nous pûmes faire, fut de l’envoyer sous plis cachetés à une centaine de personnes en France. Nous ne réclamions rien pour le port, nous en remettant à la bonne volonté de nos souscripteurs pour nous couvrir de nos dépenses, — ce qu’ils faisaient toujours — mais il nous vint souvent à l’esprit que la police française laissait échapper là une belle occasion de ruiner Le Révolté, car elle n’aurait eu qu’à souscrire à une centaine d’exemplaires, sans envoyer de cotisations volontaires.

PIERRE KROPOTKINE, 15 février 1904.

* * * * *


[1Autour d’une vie, pages 431-439, Editions Stock.


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