La vie de l’organisation
Communisme n°6 - Août 1945
Article mis en ligne le 6 juin 2014
dernière modification le 15 mai 2018

par ArchivesAutonomies

REGION F

RESOLUTION SUR LA QUESTION G.

1/ Le groupe G. était dès la formation de l’OCRF sur des positions centristes incompatibles avec notre plate-forme notamment sur deux points essentiels : La question de l’URSS et du capitalisme d’Etat (thèses d’A. ; "Pour une politique conséquente dans la question de l’URSS"), la question du parti (politique organisationnelle préconisée par G.). Ces erreurs ont persisté par la suite.
Prétendre qu’il n’y a pas de différences fondamentales entre les deux lignes politiques est inadmissible.
2/ Ce n’est pas en tant qu’adversaire politique que G. a été l’objet de "violences sanglantes" (cette expression est d’ailleurs excessive) contre lesquelles s’élève une résolution de la cellule B. Les CR n’emploient pas la violence comme argument politique.
3/ Lorsqu’ils eurent perdu l’espoir de prendre la direction de l’OCRF, les leaders du groupe G., après plusieurs semaines de manœuvres hypocrites que nous avons par la suite publiquement dévoilées ont volé le principal du matériel de l’OCRF. Ils voulaient ainsi du même coup briser notre organisation dans l’œuf et pouvoir en fonder une à eux.
Les CR ne devaient donc pas se contenter de récupérer le matériel volé. Ils devaient aussi user de représailles pour prévenir de nouveaux actes de gangstérisme. Nous nous solidarisons donc entièrement là-dessus avec le CE de l’OCRF.
4/ Nous demandons une critique d’ensemble des positions du groupe G. Cette critique offre un intérêt politique réel et éclairera les camarades (surtout en province) qui ignorent à peu près tout de cela.

RESOLUTION SUR LE CONTENU DE COMMUNISME

1/ La critique politique des organisations adverses est une tâche permanente et essentielle pour tous les révolutionnaires et particulièrement pour le BP de l’OCRF. Toute l’histoire du communisme de Marx et du bolchevisme de Lénine atteste que l’élaboration politique à l’intérieur des organisations révolutionnaires est inséparable de polémiques contre les organisations adverses.
Pour choisir les idéologies importantes à critiquer, le nombre des individus qu’elles peuvent rallier à un moment donné n’est pas l’unique critère . Ce n’est donc pas en soi "une perte de temps et une dépense considérable de papier" comme semblent le penser certains camarades que de consacrer 45 pages de "Communisme" à la critique d’un groupe étranger à l’organisation" (UCI).
2/ Mais même dans la critique politique, il y a des rapports de priorité à observer. Il est certain par exemple que des textes relatifs à une conférence où doivent être définitivement fixés nos principes de critique politique sont plus urgents à publier qu’une critique de telle ou telle organisation.
Si en juin dernier, le BP avait reçu des contre-thèses rédigées par des cellules, ces textes devaient paraître avant la critique de l’UCI.

RESOLUTION SUR LA CRITIQUE DES ORGANISATIONS TRAITRES

1/ Tant dans l’agitation que dans la propagande, notre critique des organisations traîtres est insuffisante. Non seulement nous assimilons la politique des staliniens, des réformistes et des bonzes syndicaux sous prétexte qu’elles constituent toutes des trahisons, mais nous avons tendance à confondre la politique des organisations traîtres avec celle de toutes les autres organisations bourgeoises.
Cette présentation est fausse dans la mesure où elle ne tient aucun compte des divergences violentes entre ces diverses organisations. Tous les partis bourgeois cherchent à éviter la révolution prolétarienne, mais chacun vise en même temps ses propres objectifs.
2/ Le confusionnisme est particulièrement grave dans le cas du PCF. Nous n’avons jamais donné jusqu’ici une analyse réelle de sa tactique ni même de sa stratégie politique depuis la libération. En particulier nous n’avons donné jusqu’ici aucune interprétation des "Etats généraux de la Renaissance française", de la transformation des JC en JRF, du projet de fusion du PCF et de la SFIO dans le "Parti Ouvrier Français".
Cette carence réduit considérablement la portée des critiques justes du stalinisme que nous pouvons faire par ailleurs.
3/ Les sources de ce confusionnisme résident dans une insuffisance de notre élaboration théorique. L’assimilation des organisations bourgeoises de "droite" et "de gauche" est la conséquence de la théorie selon laquelle toute bourgeoisie y compris les représentants du capital financier désirerait l’étatisation totale de l’économie, ce qui est inexact (cf. nos projets d’amendements aux thèses programmatiques). Notre incertitude concernant les buts de la politique stalinienne en France est la conséquence de nos incertitudes sur la forme originale de l’impérialisme russe.

AMENDEMENTS A LA "DECLARATION DE PRINCIPES"

P. 73 : "Le capitalisme d’Etat est une phase accentuée de l’impérialisme". Substituer : "Le capitalisme d’Etat est la phase la plus accentuée de l’impérialisme" (cf. nos amendements aux thèses programmatiques).
P. 74 (le parti du prolétariat) : "son idéologie est le marxisme et le léninisme". Substituer : "son idéologie prend la suite dans l’époque dans l’époque contemporaine du communisme de Marx et du bolchevisme de Lénine".
P. 74 : "Les sections ne sont délimitées", corriger : "les sections nationales sont délimitées ...".
P. 74 : "nous préconisons l’unité d’action ... pour leurs objectifs immédiats dans la lutte de classe". Que signifie cette phrase ? Une ratification du Front Ouvrier ? Une approbation de la lutte revendicative immédiate (dans ce cas cette phrase devrait se placer dans le chapitre "la lutte pour les revendications immédiates") ?
P. 74 et 75 : "d’autre part des actions communes ... la lutte politique contre ces organisations adverses ne cesse à aucun moment". Ajouter : "des propositions d’actions communes peuvent être adressées à des organisations centristes ou même à des organisations traîtres dans la mesure seulement où cela permet par une mise au pied du mur de démasquer leur phraséologie révolutionnaire devant une partie au moins de leurs militants ouvriers".
Ajouter enfin : "la destruction progressive de l’Etat ouvrier en Russie en 1918 - 1923 (restriction croissante de la démocratie ouvrière, dictature effective du parti bolchevik,
D’autre part des actions communes sont-elles vraiment possibles sans déclarations, publications, organismes communs ? si l’on nous donne des exemples probants nous votons cet alinéa.
P. 74 (la lutte pour les revendications immédiates) : "là où existent de véritables syndicats ... les révolutionnaires les dénoncent". Substituer : "Les révolutionnaires critiquent l’illusion selon laquelle l’action syndicale pourrait supprimer la condition prolétarienne. Ils préconisent en même temps l’utilisation par les prolétaires de toutes les possibilités d’action revendicative dans les syndicats ; ceci permet de démasquer et de combattre la bureaucratie traître, et finalement de faire dépasser à la lutte de classes le stade syndical".
P. 75 (la question nationale) "tout mot d’ordre et toute idéologie de "libération nationale" ou "d’indépendance nationale", ajouter "ou de séparatisme national".
P. 75 (la question nationale) : "dans les pays impérialistes oppresseurs ... en uniforme ou non du pays oppresseur" substituer : "nous rejetons toute utilisations directe ou indirecte des principes bourgeois relatifs aux nationalités ("droit des peuples à disposer d’eux-mêmes")"
"Dans les pays impérialistes oppresseurs, les révolutionnaires luttent pour l’affranchissement des minorités opprimées, par la révolution prolétarienne, ils coordonnent leur action avec tous les actes révolutionnaires qui viennent a se produire dans ces pays opprimés. Dans les pays opprimés les révolutionnaires luttent contre tous les bourgeois indigènes ou non qui les oppressent et les exploitent. Partout où les révolutionnaires du pays oppresseurs et du pays opprimé entrent en contact, la fraternisation prolétarienne se réalise dans la lutte commune contre tous les oppresseurs et tous les exploiteurs du prolétariat".
P. 78 (la DDP) : Remaniement complet : supprimer la première phrase ("l’Etat ouvrier ... ses conseils et ses milices") qui est répétée plus bas. Placer en tête la phrase : "L’Etat ouvrier, c’est le prolétariat ...par les électeurs. Placer ensuite "L’Etat ouvrier commence à dépérir ... sont toujours valables". Placer ensuite "Le Parti Communiste Révolutionnaire ... la confiance de tous les exploités". Remplacer exploités par ouvriers. Ensuite placer l’alinéa suivant : "Il s’ensuit que, dans l’Etat ouvrier toute dictature exercée sur la majorité du prolétariat est impossible. Il se peut pourtant dans certaines phases de la guerre civile que les décisions du gouvernement des Conseils ne soient plus appuyées que par une minorité de prolétaires. Mais en tant que la majorité du prolétariat n’est pas résolument hostile à la politique du gouvernement on peut encore parler d’Etat ouvrier. Il ne peut s’agir cependant que d’une phase transitoire, qui si une contre-révolution ne se produit pas doit être rapidement liquidée par le retour à la démocratie ouvrière active". Placer ensuite l’alinéa suivant : "La masse des ouvriers ne pourra dès le début de la dictature du Prolétariat diriger personnellement toute l’économie et la politique. Avec un large renouvellement des administrateurs et des délégués politiques, il faudra pendant un certain temps que les conseils conservent aux mêmes postes administratifs ou politiques certains individus parce qu’on ne pourra les remplacer sans dommages graves. Ces individus pourront être des membres du Parti ou même d’anciens spécialistes bourgeois. Ces spécialistes sont évidemment élus et révocables par les Conseils, et leur salaire est un salaire ouvrier. Ces restes du fonctionnarisme bourgeois doivent être les plus limités possible, et les plus rapidement possible liquidés : ils ne représentent pas au cours du processus de contre-révolution une bureaucratie mais un danger de bureaucratisation".
formation d’une bureaucratie et d’une armée permanente) est un recul dû à la faiblesse du pouvoir ouvrier isolé".